Dalibo SCOP
| Formation | Module K4 |
| Titre | Supervision et Troubleshooting |
| Révision | 26.09 |
| https://dali.bo/k4_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/k4_epub |
| HTML | https://dali.bo/k4_html |
| Slides | https://dali.bo/k4_slides |
| TP | https://dali.bo/k4_tp |
| TP (solutions) | https://dali.bo/k4_solutions |
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Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
Superviser une instance PostgreSQL consiste à superviser l’instance elle-même, mais aussi le système d’exploitation et le matériel. Ces deux derniers sont importants pour connaître la charge système, l’utilisation des disques ou du réseau, qui pourraient expliquer des lenteurs au niveau des bases.
PostgreSQL propose lui aussi des informations qu’il est important de surveiller pour détecter des problèmes au niveau de son utilisation. L’opérateur CloudNativePG met à disposition un certain nombre de métriques et d’outils pour les exploiter (Exporter Prometheus, _dashboard). D’autres outils complémentaires peuvent vous aider.
La supervision occasionnelle permet de répondre à un problème ponctuel là ou la surveillance automatique vous permet de suivre l’évolution de votre instance et d’être alertés, selon les outils que vous utilisez.
Ce module a pour but de montrer les outils existant dans l’éco-système PostgreSQL et CloudNativePG. Certains points d’attention seront détaillés. La supervision d’éléments système, comme la RAM ou le CPU seront également évoqués.
La supervision, et notamment le suivi des traces, nous aide en cas de problème et de recherche de solution (troubleshooting). C’est le dernier thème qui sera abordé dans ce module.
PostgreSQL embarque de nombreuses tables systèmes contenant des métriques intéressantes à surveiller. PostgreSQL fournit également des vues combinant des informations puisées dans différentes tables systèmes, ce qui simplifie le suivi de l’activité de l’instance. C’est ce que l’on peut regrouper sous le terme de “statistiques d’activité”.
Ces statistiques peuvent être récupérées avec de simples requêtes SQL. Par exemple, la requête suivante permet de récupérer le nombre de connexions par base :
SELECT datname, count(*)
FROM pg_stat_activity
WHERE datname IS NOT NULL
GROUP BY datname;Ou encore celle-ci qui permet de savoir la taille des bases.
SELECT datname, pg_size_pretty(pg_database_size(oid))
FROM pg_database;Ces vues sont là et ces informations sont facilement récupérables. Conserver ces informations pour voir leur évolution dans le temps est essentiel. Rien n’existe dans PostgreSQL pour les historiser. Un outil supplémentaire est nécessaire.
CloudNativePG rend ces informations là facilement accessibles dans un contexte Kubernetes, avec notamment un Exporter Prometheus, nous allons le voir. Malheureusement, l’opérateur ne propose, lui non plus, aucun mécanisme de conservation. C’est à vous et à vos équipes DevOps de déployer et maintenir cette autre solution.
Parcourons ensemble quelques vues importantes de PostgreSQL.
pg_stat_activity est une des vues les plus utilisées et
est souvent le point de départ d’une recherche. Elle donne la liste des
processus en cours sur l’instance, en incluant entre autres :
pid) ;application_name ;SELECT datname, pid, usename, application_name,
backend_start, state, backend_type, query
FROM pg_stat_activity \gx-[ RECORD 1 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | ¤
pid | 26378
usename | ¤
application_name |
backend_start | 2019-10-24 18:25:28.236776+02
state | ¤
backend_type | autovacuum launcher
query |
-[ RECORD 2 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | ¤
pid | 26380
usename | postgres
application_name |
backend_start | 2019-10-24 18:25:28.238157+02
state | ¤
backend_type | logical replication launcher
query |
-[ RECORD 3 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench
pid | 22324
usename | test_performance
application_name | pgbench
backend_start | 2019-10-28 10:26:51.167611+01
state | active
backend_type | client backend
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + -3810 WHERE…
-[ RECORD 4 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | postgres
pid | 22429
usename | postgres
application_name | psql
backend_start | 2019-10-28 10:27:09.599426+01
state | active
backend_type | client backend
query | select datname, pid, usename, application_name, backend_start…
-[ RECORD 5 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench
pid | 22325
usename | test_performance
application_name | pgbench
backend_start | 2019-10-28 10:26:51.172585+01
state | active
backend_type | client backend
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 4360 WHERE…
-[ RECORD 6 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench
pid | 22326
usename | test_performance
application_name | pgbench
backend_start | 2019-10-28 10:26:51.178514+01
state | active
backend_type | client backend
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 2865 WHERE…
-[ RECORD 7 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | ¤
pid | 26376
usename | ¤
application_name |
backend_start | 2019-10-24 18:25:28.235574+02
state | ¤
backend_type | background writer
query |
-[ RECORD 8 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | ¤
pid | 26375
usename | ¤
application_name |
backend_start | 2019-10-24 18:25:28.235064+02
state | ¤
backend_type | checkpointer
query |
-[ RECORD 9 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | ¤
pid | 26377
usename | ¤
application_name |
backend_start | 2019-10-24 18:25:28.236239+02
state | ¤
backend_type | walwriter
query |Les textes des requêtes sont tronqués à 1024 caractères : c’est un
problème courant. Il est conseillé de monter le paramètre
track_activity_query_size à plusieurs kilooctets.
Cette vue fournit aussi les wait events, qui indiquent ce
qu’une session est en train d’attendre. Cela peut être très divers et
inclut la levée d’un verrou sur un objet, celle d’un verrou interne, la
fin d’une entrée-sortie… L’absence de wait event indique que la
requête s’exécute. À noter qu’une session avec un wait event
peut rester en statut active.
Les détails sur les champs wait_event_type (type
d’événement en attente) et wait_event (nom de l’événement
en attente) sont disponibles dans le tableau des événements
d’attente. de la documentation.
À partir de PostgreSQL 17, la vue pg_wait_events peut
être directement jointe à pg_stat_activity, et son champ
description évite d’aller voir la documentation :
SELECT datname, application_name, pid,
wait_event_type, wait_event, query, w.description
FROM pg_stat_activity a
LEFT OUTER JOIN pg_wait_events w
ON (a.wait_event_type = w.type AND a.wait_event = w.name)
WHERE backend_type='client backend'
AND wait_event IS NOT NULL
ORDER BY wait_event DESC LIMIT 4 \gx-[ RECORD 1 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench_20000_hdd
application_name | pgbench
pid | 786146
wait_event_type | LWLock
wait_event | WALWrite
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 4055 WHERE…
description | Waiting for WAL buffers to be written to disk
-[ RECORD 2 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench_20000_hdd
application_name | pgbench
pid | 786190
wait_event_type | IO
wait_event | WalSync
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + -1859 WHERE…
description | Waiting for a WAL file to reach durable storage
-[ RECORD 3 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench_20000_hdd
application_name | pgbench
pid | 786145
wait_event_type | IO
wait_event | DataFileRead
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 3553 WHERE…
description | Waiting for a read from a relation data file
-[ RECORD 4 ]----+-------------------------------------------------------------
datname | pgbench_20000_hdd
application_name | pgbench
pid | 786143
wait_event_type | IO
wait_event | DataFileRead
query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 1929 WHERE…
description | Waiting for a read from a relation data fileLe processus de la ligne 2 attend une synchronisation sur disque du journal de transaction (WAL), et les deux suivants une lecture d’un fichier de données.
Pour entrer dans le détail des champs liés aux connexions :
backend_type est le type de processus : on filtrera
généralement sur client backend, mais on y trouvera aussi
des processus de tâche de fond comme checkpointer,
walwriter, autovacuum launcher et autres
processus de PostgreSQL, ou encore des workers lancés par des
extensions ;datname est le nom de la base à laquelle la session est
connectée, et datid est son identifiant (OID) ;pid est le processus du backend, c’est-à-dire
du processus PostgreSQL chargé de discuter avec le client, qui durera le
temps de la session (sauf parallélisation) ;usename est le nom de l’utilisateur connecté, et
usesysid est son OID dans pg_roles ;application_name est un nom facultatif, et il est
recommandé que l’application cliente le renseigne autant que possible
avec SET application_name TO 'nom_outil_client' ;client_addr est l’adresse IP du client connecté
(NULL si connexion sur socket Unix), et
client_hostname est le nom associé à cette IP, renseigné
uniquement si log_hostname a été passé à on
(cela peut ralentir les connexions à cause de la résolution DNS) ;client_port est le numéro de port sur lequel le client
est connecté, toujours s’il s’agit d’une connexion IP.Une requête parallélisée occupe plusieurs processus, et apparaîtra
sur plusieurs lignes de pid différents. Le champ
leader_pid indique le processus principal. Les autres
processus disparaîtront dès la requête terminée.
Pour les champs liés aux durées de session, transactions et requêtes :
backend_start est le timestamp de l’établissement de la
session ;xact_start est le timestamp de début de la
transaction ;query_start est le timestamp de début de la requête en
cours, ou de la dernière requête exécutée ;status vaut soit active, soit
idle (la session ne fait rien) soit
idle in transaction (en attente pendant une transaction) ;
backend_xid est l’identifiant de la transaction en
cours, s’il y en a une ;backend_xmin est l’horizon des transactions visibles,
et dépend aussi des autres transactions en cours. Rappelons qu’une session durablement en statut
idle in transaction bloque le fonctionnement de
l’autovacuum car backend_xmin est bloqué. Cela peut mener à
des tables fragmentées et du gaspillage de place disque.
pg_stat_activity contient un champ
query_id, c’est-à-dire un identifiant de requête normalisée
(dépouillée des valeurs de paramètres). Il faut que le paramètre
compute_query_id soit à on ou
auto (le défaut, et alors une extension peut l’activer). Ce
champ est utile pour retrouver une requête dans la vue de l’extension
pg_stat_statements, par exemple.
Certains champs de cette vue ne sont renseignés que si le paramètre
track_activities est à on (valeur par défaut,
qu’il est conseillé de laisser ainsi).
À noter qu’il ne faut pas interroger pg_stat_activity au
sein d’une transaction, son contenu pourrait sembler figé.
Il est essentiel de vérifier que le processus d’archivage fonctionne correctement. Dans un contexte de déploiement avec CloudNativePG, un problème peut survenir à plusieurs niveaux :
archiver lui-même ;La vue pg_stat_archiver permet de connaître le nombre de
journaux de transactions correctement archivés
(archived_count), ou ayant eu un problème lors de leur
archivage (failed_count).
Les informations horodatage last_archived_time et
last_archived_time sont très pratiques, notamment pour
trouver la cause d’une saturation d’espace par exemple.
select * from pg_stat_archiver \gx
-[ RECORD 1 ]------+------------------------------
archived_count | 7
last_archived_wal | 000000010000000000000007
last_archived_time | 2026-03-20 13:15:02.288457+00
failed_count | 0
last_failed_wal |
last_failed_time |
stats_reset | 2026-03-12 08:46:22.391185+00
Les données de cette vue sont essentielles à suivre.
PostgreSQL intègre une vue permettant de suivre l’utilisation des
tables, notamment avec les compteurs d’utilisation seq_scan
et idx_scan qui indiquent, respectivement, combien de fois
la table a été parcourue avec une lecture séquentielle ou via
l’utilisation d’un index.
Des statistiques sur le contenu sont également présentes avec par
exemple des informations sur le nombre de lignes vivantes
(n_live_tup) et le nombre de lignes mortes
(n_dead_tup). Ces informations sont notamment utilisées par
le processus autovacuum launcher pour déclencher ou non un
nettoyage des lignes (VACUUM) ainsi que le calcul des
statistiques (ANALYZE).
Ces dernières opérations sont d’ailleurs tracées dans d’autres
colonnes : last_vacuum, last_autovacuum,
last_analyze, last_autoanalyze. Elles
contiennent l’horodatage du dernier passe de l’opération, qu’elle soit
manuelle ou automatique.
Le suivi des indicateurs peut vous aider à identifier des tables qui n’auraient pas leurs statistiques à jour ou les raisons d’une fragmentation trop importante.
Les statistiques sont collectées dans la table
pg_statistic. La vue pg_stats affiche le
contenu de cette table système de façon plus accessible.
Les statistiques sont collectées sur :
Le recueil des statistiques s’effectue quand on lance un ordre
ANALYZE sur une table, ou que l’autovacuum le
lance de son propre chef.
Les statistiques sont calculées sur un échantillon égal à 300 fois le
paramètre STATISTICS de la colonne (ou, s’il n’est pas
précisé, du paramètre default_statistics_target, 100 par
défaut).
La vue pg_stats affiche les statistiques
collectées :
\d pg_stats
View "pg_catalog.pg_stats"
Column | Type | Collation | Nullable | Default
------------------------+----------+-----------+----------+---------
schemaname | name | | |
tablename | name | | |
attname | name | | |
inherited | boolean | | |
null_frac | real | | |
avg_width | integer | | |
n_distinct | real | | |
most_common_vals | anyarray | | |
most_common_freqs | real[] | | |
histogram_bounds | anyarray | | |
correlation | real | | |
most_common_elems | anyarray | | |
most_common_elem_freqs | real[] | | |
elem_count_histogram | real[] | | |inherited : la statistique concerne-t-elle un objet
utilisant l’héritage (table parente, dont héritent plusieurs tables)
;null_frac : fraction d’enregistrements dont la colonne
vaut NULL ;avg_width : taille moyenne de cet attribut dans
l’échantillon collecté ;n_distinct : si positif, c’est le nombre de valeurs
distinctes ; si négatif, c’est la fraction de valeurs distinctes pour
cette colonne dans la table. Il est possible de forcer la valeur de ce
champ s’il est constaté que la collecte des statistiques le calcule mal.
Par exemple, pour indiquer à l’optimiseur que chaque valeur apparaît
statistiquement deux fois :ALTER TABLE matable ALTER COLUMN yyy SET (n_distinct = -0.5) ;
ANALYZE matable ;most_common_vals et most_common_freqs :
les valeurs les plus fréquentes de la table, et leur fréquence. Le
nombre de valeurs collectées est au maximum celui indiqué par le
paramètre STATISTICS de la colonne, ou à défaut par
default_statistics_target. Le défaut de 100 échantillons
sur 30 000 lignes peut être modifié comme ci-après (sachant que le temps
de planification augmente exponentiellement avec ce paramètre, et qu’il
vaut mieux ne pas dépasser la valeur 1000) :ALTER TABLE matable ALTER COLUMN macolonne SET statistics 300 ;histogram_bounds : les limites d’histogramme sur la
colonne. Les histogrammes permettent d’évaluer la sélectivité d’un
filtre par rapport à sa valeur précise. Ils permettent par exemple à
l’optimiseur de déterminer que 4,3 % des enregistrements d’une colonne
noms commencent par un A, ou 0,2 % par AL. Le principe est
de regrouper les enregistrements triés dans des groupes de tailles
approximativement identiques, et de stocker les limites de ces groupes
(on ignore les most_common_vals, pour lesquelles il y a
déjà une mesure plus précise). Le nombre d’histogram_bounds
est calculé de la même façon que les most_common_vals
;correlation : le facteur de corrélation statistique
entre l’ordre physique et l’ordre logique des enregistrements de la
colonne. Il vaudra par exemple 1 si les enregistrements
sont physiquement stockés dans l’ordre croissant, -1 si ils
sont dans l’ordre décroissant, ou 0 si ils sont totalement
aléatoirement répartis. Ceci sert à affiner le coût d’accès aux
enregistrements ;most_common_elems et
most_common_elems_freqs : les valeurs les plus fréquentes
si la colonne est un tableau (NULL dans les autres cas), et leur
fréquence. Le nombre de valeurs collectées est au maximum celui indiqué
par le paramètre STATISTICS de la colonne, ou à défaut par
default_statistics_target ;elem_count_histogram : les limites d’histogramme sur la
colonne si elle est de type tableau.Parfois, il est intéressant de calculer des statistiques sur un
ensemble de colonnes ou d’expressions. Dans ce cas, il faut créer un
objet statistique en indiquant les colonnes et/ou expressions à traiter
et le type de statistiques à calculer (voir la documentation de
CREATE STATISTICS).
Il existe de très nombreuses vues qui permettent de retrouver des
informations sur à peut-prêt tous les composants de PostgreSQL, que ce
soit des conflits de réplication entre une instance primaire et un
secondaire avec pg_stat_database_conflicts, sur la
réception des journaux de transactions avec
pg_stat_wal_receiver, et bien d’autres encore.
Ayez en tête que l’informations que vous cherchez est très probablement présentes au sein de PostgreSQL.
Les traces d’une instance PostgreSQL sont par défaut peu fournies mais peuvent devenir, lorsque bien configurées, une vrai mine d’or. Bien suivies et bien exploitées elles vous permettront de trouver différents éléments, comme :
Voyons quels sont les paramètres de configuration qui sont essentiels à connaître et à configurer !
Nous l’avons vu dans le module K1 de cette formation, la gestion des traces est déléguée à l’opérateur. Les paramètres qui gèrent les traces (emplacement, format JSON, etc) sont fixés par l’opérateur. Cependant aucun paramètre PostgreSQL modifiant le contenu des traces n’est modifié. C’est bien à nous, à vous, de le faire.
log_min_messages est le paramètre à configurer pour
avoir plus ou moins de traces. Par défaut, PostgreSQL enregistre tous
les messages de niveau panic, fatal,
log, error et warning. Cela peut
sembler beaucoup mais, dans les faits, c’est assez discret. Cependant,
il est possible de descendre le niveau ou de l’augmenter.
log_min_error_statement indique à partir de quel niveau
la requête est elle-aussi tracée. Par défaut, la requête n’est tracée
que si une erreur est détectée. Généralement, ce paramètre n’est pas
modifié, sauf dans un cas précis. Les messages d’avertissement (niveau
warning) n’indiquent pas la requête qui a généré
l’affichage du message. Cela est assez important, notamment dans le
cadre de l’utilisation d’antislash dans les chaînes de caractères. On
verra donc parfois un abaissement au niveau warning pour
cette raison.
Pour repérer les problèmes de performances, il est intéressant de pouvoir tracer les requêtes et leur durée d’exécution. PostgreSQL propose deux solutions à cela.
log_statement & log_duration :
La première solution disponible concerne les paramètres
log_statement et log_duration. Le premier
permet de tracer toute requête exécutée si la requête correspond au
filtre indiqué par le paramètre :
none : aucune requête n’est tracée ;ddl : seules les requêtes DDL (autrement dit de
changement de structure) sont tracées ;mod : seules les requêtes de changement de structure et
de données sont tracées ;all : toutes les requêtes sont tracées.Le paramètre log_duration est un simple booléen. S’il
vaut true ou on, chaque requête exécutée
envoie en plus un message dans les traces indiquant la durée d’exécution
de la requête. Évidemment, il vaut mieux alors configurer
log_statement à all, ou il sera impossible de
dire à quelles requêtes les temps correspondent.
Donc pour tracer toutes les requêtes et leur durée d’exécution, une solution serait de réaliser la configuration suivante :
postgresql:
parameters:
log_statement: 'all'
log_duration: 'on'Une requête générera deux entrées dans les traces. Par exemple, pour
la simple requête SELECT 1 ;, nous obtenons ces deux
records JSON. Au passage, notons le réel surcoût en terme de
lignes entre une trace PostgreSQL pure et une trace PostgreSQL gérée par
CloudNativePG.
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:17:48.181909992Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:17:48.181 UTC",
"user_name": "postgres",
"database_name": "postgres",
"process_id": "2875",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a18081e.b3b",
"session_line_num": "1",
"command_tag": "idle",
"session_start_time": "2026-05-28 09:17:18 UTC",
"virtual_transaction_id": "43/17",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "statement: select 1;",
"application_name": "psql",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:17:48.182290205Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:17:48.182 UTC",
"user_name": "postgres",
"database_name": "postgres",
"process_id": "2875",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a18081e.b3b",
"session_line_num": "2",
"command_tag": "SELECT",
"session_start_time": "2026-05-28 09:17:18 UTC",
"virtual_transaction_id": "43/0",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "duration: 0.869 ms",
"application_name": "psql",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}Cette méthode n’est pas recommandée car elle va générer des lignes
pour toutes les requêtes. Or, le système de Readiness Probe
utilise l’utilitaire pg_isready qui va se connecter très
fréquemment pour s’assurer que le Pod est toujours en
vie.
log_min_duration_statement :
Il est préférable de désactiver ces deux paramètres et de configurer
log_min_duration_statement. Son but est d’abord de cibler
les requêtes lentes, par exemple celles qui prennent plus de deux
secondes à s’exécuter :
postgresql:
parameters:
log_min_duration_statement: '2s'La requête et la durée d’exécution seront alors tracées dans le champ
message :
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:25:01.497261444Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:25:01.496 UTC",
"user_name": "postgres",
"database_name": "postgres",
"process_id": "2875",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a18081e.b3b",
"session_line_num": "3",
"command_tag": "SELECT",
"session_start_time": "2026-05-28 09:17:18 UTC",
"virtual_transaction_id": "43/0",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "duration: 3003.653 ms statement: SELECT pg_sleep(3) ;",
"application_name": "psql",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}En plus de la trace par log_min_duration_statement, rien
n’interdit de tracer des requêtes sensibles, notamment le DDL :
log_statement = 'ddl'Échantillonnage :
Quelle que soit la méthode, tracer toutes les requêtes peut poser problème pour de simples raisons de volumétrie du fichier de traces. Même s’il est possible de configurer finement la durée à partir de laquelle une requête est tracée, il faut bien comprendre que plus la durée minimale est importante, plus la vision des performances est partielle. Passeront ainsi « sous le radar » des requêtes relativement rapides mais très nombreuses qui, ensemble, peuvent représenter l’essentiel de la charge.
Cela étant dit, laisser 0 en permanence n’est pas recommandé. Il est préférable de configurer ce paramètre à une valeur plus importante en temps normal pour détecter seulement les requêtes longues et, lorsqu’un audit de la plateforme est nécessaire, passer temporairement ce paramètre à une valeur très basse (0 étant le mieux).
Une nouvelle fonctionnalité a donc été ajoutée : tracer une certaine proportion des requêtes ou des transactions.
log_transaction_sample_rate indique une proportion de
transactions à tracer. Par exemple, en le configurant à
0.01, toutes les requêtes d’un centième des transactions,
choisies au hasard, seront tracées.
De manière similaire, log_statement_sample_rate indique
la proportion de requêtes à tracer, parmi celles durant
plus d’une certaine durée, à indiquer dans
log_min_duration_sample :
postgresql:
parameters:
log_min_duration_sample: '10ms'
log_statement_sample_rate: '0.01'Évidemment, une requête dépassant la durée de
log_min_duration_statement sera toujours tracée.
En dehors des erreurs et des durées des requêtes, il est aussi
possible de tracer certaines activités ou comportements. Le paramétrage
par défaut est peu bavard, et beaucoup de paramètres sont à
off. Il est généralement conseillé d’activer tous ceux qui
suivent.
Dates de (dé)connexion :
log_connections et son pendant
log_disconnections, avec la valeur on,
permettent de suivre qui se (dé)connecte, depuis où, et durant combien
de temps.
Exemple de traces d’une connexion sur une instance en version 18. Les
quatre étapes de connexions sont visibles
(connection received,
connection authenticated,
connection authorized, connection received)
:
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:37:53.554333667Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:37:53.554 UTC",
"process_id": "3346",
"connection_from": "10.244.0.8:57010",
"session_id": "6a180cf1.d12",
"session_line_num": "1",
"session_start_time": "2026-05-28 09:37:53 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "connection received: host=10.244.0.8 port=57010",
"backend_type": "not initialized",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:37:53.576991821Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:37:53.576 UTC",
"user_name": "admin",
"database_name": "postgres",
"process_id": "3346",
"connection_from": "10.244.0.8:57010",
"session_id": "6a180cf1.d12",
"session_line_num": "2",
"command_tag": "authentication",
"session_start_time": "2026-05-28 09:37:53 UTC",
"virtual_transaction_id": "86/27",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "connection authenticated: identity=\"admin\" method=scram-sha-256 (/var/lib/postgresql/data/pgdata/pg_hba.conf:26)",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:37:53.577086783Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:37:53.576 UTC",
"user_name": "admin",
"database_name": "postgres",
"process_id": "3346",
"connection_from": "10.244.0.8:57010",
"session_id": "6a180cf1.d12",
"session_line_num": "3",
"command_tag": "authentication",
"session_start_time": "2026-05-28 09:37:53 UTC",
"virtual_transaction_id": "86/27",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "connection authorized: user=admin database=postgres application_name=psql SSL enabled (protocol=TLSv1.3, cipher=TLS_AES_256_GCM_SHA384, bits=256)",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:37:54.315218272Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:37:54.314 UTC",
"process_id": "3348",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a180cf2.d14",
"session_line_num": "1",
"session_start_time": "2026-05-28 09:37:54 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "connection received: host=[local]",
"backend_type": "not initialized",
"query_id": "0"
}
}Et la trace de déconnexion de cette même session :
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:37:55.493956778Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:37:55.493 UTC",
"user_name": "admin",
"database_name": "postgres",
"process_id": "3346",
"connection_from": "10.244.0.8:57010",
"session_id": "6a180cf1.d12",
"session_line_num": "4",
"command_tag": "idle",
"session_start_time": "2026-05-28 09:37:53 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "disconnection: session time: 0:00:01.940 user=admin database=postgres host=10.244.0.8 port=57010",
"application_name": "psql",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}Depuis PostgreSQL 18, log_connections connaît d’autres
valeurs que on suivant les phases de la connexion à tracer
:
receipt pour noter la réception de la demande de
connexion ;authentication pour l’authentification (utilisateur
original et non l’utilisateur connu de PostgreSQL qui peut
différer) ;authorization pour l’autorisation (avant finalisation
du_backend_) ;setup_durations (nouveauté PostgreSQL 18) pour la durée
de tout le processus.Pour la compatibilité, la valeur on est équivalente aux
trois premiers paramètres ensemble. Il est conseillé de tout
tracer :
postgresql:
parameters:
log_connections: 'on'
log_disconnections: 'on'mais pour réduire le volume de traces, on peut se limiter à certaines valeurs :
log_connections = 'receipt,authorization'Durée des autovacuums :
log_autovacuum_min_duration équivaut à
log_min_duration_statement, mais pour le démon
autovacuum. Le but est de tracer son activité, au-delà d’une
certaine durée, pour vérifier qu’il passe suffisamment fréquemment et
rapidement, et sur quelles tables.
Checkpoints :
Un checkpoint est l’opération périodique qui nettoie le cache de
PostgreSQL, synchronise sur disque les fichiers de la base, invalide les
slots de réplication inutilisés et recycle les journaux de transaction.
log_checkpoints = on trace son début, sa fin, et quelques
statistiques :
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:53:42.858079202Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:53:42.857 UTC",
"process_id": "50",
"session_id": "6a17e96c.32",
"session_line_num": "19",
"session_start_time": "2026-05-28 07:06:20 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "checkpoint starting: immediate force wait",
"backend_type": "checkpointer",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:53:42.873303902Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:53:42.872 UTC",
"process_id": "50",
"session_id": "6a17e96c.32",
"session_line_num": "20",
"session_start_time": "2026-05-28 07:06:20 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "checkpoint complete: wrote 22 buffers (0.1%), wrote 1 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 1 recycled; write=0.004 s, sync=0.004 s, total=0.016 s; sync files=17, longest=0.002 s, average=0.001 s; distance=16402 kB, estimate=67968 kB; lsn=0/3501CE78, redo lsn=0/3501CE20",
"backend_type": "checkpointer",
"query_id": "0"
}
}Le message indique aussi le nombre de blocs écrits sur disque, le nombre de journaux de transactions ajoutés, supprimés et recyclés. Il est rare que des journaux soient ajoutés, ils sont plutôt recyclés. Des journaux sont supprimés quand il y a eu une très grosse activité qui a généré plus de journaux que d’habitude. Les statistiques incluent aussi la durée des écritures, de la synchronisation sur disque, la durée totale, etc…
Le plus important est de pouvoir vérifier que l’écriture des
checkpoints est généralement régulière (par défaut toutes les 5
minutes), comme l’indique ici checkpoint starting: time.
Une mention de checkpoint starting: wal indique un
déclenchement forcé par l’écriture de nombreux journaux lors d’une
grosse activité.
Repérer les attentes sur verrous :
log_lock_waits à on permet de tracer les
attentes de verrous (par exemple, un UPDATE bloqué par un
autre UPDATE, un SELECT bloqué par
TRUNCATE ou un VACUUM FULL, etc…) Lorsque
l’attente dépasse la durée indiquée par le paramètre
deadlock_timeout (1 seconde par défaut), un message
d’information est enregistré, comme dans cet exemple :
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-28T09:59:53.813973716Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-1",
"record": {
"log_time": "2026-05-28 09:59:53.813 UTC",
"user_name": "postgres",
"database_name": "postgres",
"process_id": "3608",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a181046.e18",
"session_line_num": "10",
"command_tag": "DROP TABLE waiting",
"session_start_time": "2026-05-28 09:52:06 UTC",
"virtual_transaction_id": "97/49",
"transaction_id": "863",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "process 3608 still waiting for AccessExclusiveLock on relation 16431 of database 5 after 1000.181 ms",
"detail": "Process holding the lock: 3661. Wait queue: 3608.",
"query": "drop table t1;",
"application_name": "psql",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}Ici, un DROP TABLE attend depuis 1 seconde de pouvoir
poser un verrou exclusif sur une relation. L’opération n’est pas
interrompue, et, en général, finira par s’exécuter, avec le retard lié à
ce verrou.
Plus ce type de message apparaît dans les traces, plus des contentions ont lieu sur certains objets, ce qui peut diminuer fortement les performances. Ces messages peuvent permettre d’analyser la cause première d’une accumulation de verrous, à condition que les requêtes soient tracées.
Quand PostgreSQL ne peut effectuer une opération en mémoire, il le fait sur disque dans un fichier temporaire, ce qui est beaucoup plus lent qu’en mémoire, même avec un SSD.
Typiquement, les fichier temporaires apparaissent lors de tris de
données (ORDER BY), certains agrégats, les déduplications
(DISTINCT), les jointures par hachage (hash join),
les CTE matérialisées (WITH … AS …)…, quand la valeur du
paramètre work_mem est insuffisante pour travailler en
mémoire. Le passage par des fichiers temporaires n’est pas forcément
gênant pour de grosses requêtes ponctuelles. Ils sont parfois
inévitables quand on brasse beaucoup de données. Cependant, des fichiers
temporaires trop fréquents et trop gros peuvent avoir un impact sur la
performance du système. Dans le pire des cas, ils peuvent saturer les
I/O, voire le disque de l’instance.
Être averti lors de la création de ce type de fichiers peut être
intéressant, mais ils sont parfois trop fréquents pour que ce soit
réaliste. Il est préférable de faire analyser après coup un fichier de
traces pour savoir combien de fichiers temporaires ont été créés, et de
quelles tailles. Cela peut mener à vérifier les requêtes exécutées, les
optimiser, vérifier la configuration, réviser la valeur de
work_mem…
Le paramètre log_temp_files à 0 permet de tracer toutes
les créations de fichiers temporaires.
Pour le même tri, il peut y avoir de nombreux fichiers temporaires. De plus, la requête est aussi tracée, et si elle est longue et fréquente, le volume de traces peut être conséquent.
Le paramètre log_line_prefix permet d’ajouter un préfixe
à une trace. Vous l’avez peut être déjà modifié sur des instances
installées sur machine virtuelle. Le défaut ('%m [%p] ',
soit horodatage et numéro de processus) est généralement insuffisant. On
conseille généralement de le modifier avec la valeur présentée dans le
slide.
Il est à noter que ce paramètre n’est PAS pris en compte lorsque
log_destination de Postgresql est positionné à
csvlog (ou jsonlog). Ces destinations n’ont
pas besoin de préfixe car leur structure est fixe et contient toutes les
informations nécessaires. Or le paramètre log_line_prefix
fait partie de la liste des paramètres fixés par CloudNativePG (voir https://cloudnative-pg.io/docs/current/postgresql_conf#fixed-parameters).
Sa valeur est à csvlog. PostgreSQL exporte les traces dans
ce format qui seront par la suite récupérées et transformées au format
JSON par l’opérateur.
Une autre manière de surveiller vos instances est d’utiliser des outils ou scripts externes aux instances. Ils se basent sur les informations contenues dans l’instance pour nous alerter sur tel ou tel évènement.
Ces vérifications peuvent notamment être très précises (vont plus loin que les métriques de base remontées par CloudNativePG) ou alors adaptées au métier utilisant la base si l’on définit nos propres requêtes.
Pour n’en citer qu’un, le script de monitoring
check_pgactivity permet d’intégrer la supervision de bases
de données PostgreSQL dans un système de supervision piloté par un outil
tel que Nagios. Dès lors que votre instance est accessible, ce script
peut être utilisé. C’est dans le cadre de sa R&D que Dalibo a conçu
check_pgactivity.
Pour les besoins les plus simples, le script peut être utilisé de façon autonome, sans nécessité d’installer toute l’infrastructure d’un outil comme Nagios, Icinga ou Grafana.
La supervision d’un serveur PostgreSQL passe par la surveillance de
sa disponibilité, des indicateurs sur son activité, l’identification des
besoins de maintenance, et le suivi de la réplication le cas échéant.
Ci-dessous figurent les sondes check_pgactivity à mettre en
place sur ces différents aspects. Le site du projet contient toute la
documentation de chaque sonde.
Disponibilité :
connection : réalise un test de connexion pour vérifier
que le serveur est accessible ;backends : compte le nombre de connexions au serveur
comparé au paramètre max_connections ;backends_status : permet d’obtenir des statistiques
plus précises sur l’état des connexions clientes et d’être alerté
lorsqu’un certain nombre de connexions clientes sont dans un état donné
(waiting, idle in transaction…) ;uptime : détecte un redémarrage du serveur ou du
rechargement de la configuration.Vacuum :
autovacuum : suit le fonctionnement de l’autovacuum et
des tâches en cours (VACUUM, ANALYZE,
FREEZE…) ;table_bloat : vérifie le volume de données « mortes »
et la fragmentation des tables ;btree_bloat : vérifie le volume de données « mortes »
et la fragmentation des index - par rapport à
check_postgres, le calcul est séparé entre tables et
index ;last_analyze : vérifie si le dernier analyze (relevé
des statistiques relatives aux calculs des plans d’exécution) est trop
ancien ;last_vacuum : vérifie si le dernier vacuum (relevé des
espaces réutilisables dans les tables) est trop ancien.Activité :
locks : permet d’obtenir des statistiques plus
détaillées sur les verrous obtenus et tient notamment compte des
spécificités des predicate locks du niveau d’isolation
SERIALIZABLE ;wal_files : compte le nombre de segments du journal de
transaction présents dans le répertoire pg_wal ;longest_query : permet d’être alerté si une requête est
en cours d’exécution depuis plus d’un certain temps ;oldest_xact : permet d’être alerté si une transaction
est ouverte depuis un certain temps sans être utilisée ;oldest_2pc : calcule l’âge de la plus ancienne
transaction préparée (two-phase commit transaction) ;oldest_xmin : repère la plus ancienne transaction de
chaque base, et ce à quoi elle est liée (requête, slot…) ;bgwriter : permet de collecter des données de
performance des différents processus d’écritures de PostgreSQL ;hit_ratio : calcule le hit ratio (utilisation
du cache de PostgreSQL) ;commit_ratio : calcule la proportion de
COMMIT et ROLLBACK ;checksum_errors : détecte l’apparition d’erreurs de
sommes de contrôle (à partir de PostgreSQL 12) ;database_size : suit la volumétrie des bases et leurs
variations ;max_freeze_age : calcule l’âge des plus vieilles lignes
stockées dans chaque base pour suivre le bon passage des
VACUUM FREEZE ;stat_snapshot_age : calcule l’âge des statistiques
d’activité pour repérer un blocage du collecteur ;temp_files : suivi des fichiers temporaires.Configuration :
configuration : permet de vérifier que les principaux
paramètres mémoire n’ont pas leur valeur par défaut ;minor_version : détecte les instances n’ayant pas la
dernière version mineure ;settings : repère un changement des paramètres ;invalid_indexes : repérer tout index invalide ;pgdata_permission : vérifie les droits sur
PGDATA pour éviter un blocage au redémarrage ;table_unlogged : remonte le nombre de tables
unlogged ;extensions_versions : détecte les extensions à mettre à
jour.Réplication & archivage :
archiver : compte le nombre de segments du journal de
transaction en attente d’archivage ;archive_folder : vérifie qu’il n’y a pas de journal
manquant dans les archives de sauvegarde PITR ;hot_standby_delta : calcule le délai de réplication
entre un serveur primaire et un serveur secondaire ;is_master / is_hot_standby : vérifie que
l’instance est bien démarrée en lecture/écriture, ou une instance
secondaire ;is_replay_paused : vérifie si la réplication est en
pause ;replication_slots : calcule la volumétrie conservée
pour chaque slot de réplication.Sauvegarde physique et logique :
backup_label_age : calcule l’âge du fichier
backup_label (sauvegardes PITR exclusives) ;pg_dump_backup : contrôle l’âge et la variation de
taille des sauvegardes logiques.CloudNativePG propose plusieurs outils vous permettant de suivre ce
qu’il se passe sur vos instances, avec notamment, un exporter
Prometheus. Un ensemble de métriques sont prédéfinies et sont
exploitables dès la création des instances. Elles peuvent être
retrouvées dans le ConfigMap
cnpg-default-monitoring.
Un mécanisme de métriques personnalisées est disponible pour nous permettre d’étendre ces relevés. En plus des métriques sur les instances PostgreSQL, des métriques de l’opérateur sont également disponibles.
Un dashboard Grafana est disponible et permet d’exploiter les données remontées par l’exporter. Voyons cela plus en détails.
Un ensemble de métriques PostgreSQL est automatiquement exposé sur le
port 9187 du Pod PostgreSQL. C’est un
exporter compatible avec Prometheus. Elles sont récupérables
sur le point de terminaison /metrics.
Toute les métriques prédéfinies peuvent être retrouvées dans la
ressource ConfigMap qui est nommée par défaut
cnpg-default-monitoring. La commande suivante vous permet
de retrouver sa définition.
kubectl get configmaps cnpg-default-monitoring -o yaml
D’autres métriques peuvent être présentes, c’est notamment le cas pour des métriques concernant les sauvegardes ou encore le suivi de consommation d’une application Golang. Rappelez vous que l’’opérateur est écrit en Golang. Les métriques avec :
cnpg_* concernent des informations de
PostgreSQL ;go_* concernent des informations
applicatives de Golang.L’export de métriques de l’opérateur est également présent, cette
fois-ci sur le port 8080 du Pod de
l’opérateur. Les métriques relevées peuvent aider lors d’une recherche
de bug ou de diagnostique avancé, mais très peu dans le quotidien.
Les requêtes exécutées sur les instances PostgreSQL le sont avec le
ROLE pg_monitor. Elles ciblent la base de
données indiquée par la méthode bootstrap (donc la base
app par défaut). Cela peut être surchargé par l’option
target_databases pour des métriques maisons.
Elles sont exécutées à chaque fois qu’une requête sur
/metrics est faite. Pour éviter que des exécutions trop
fréquentes des requêtes ne soit faites, un système de cache est mis en
place. Par défaut, le résultat est mis en cache pendant 30 secondes. Ce
temps peut être modifié par le paramètre
cluster.spec.monitoring.metricsQueriesTTL. Autrement dit,
la fréquence de récupération via votre système de monitoring ne peut
pas, par défaut, avoir un suivi plus précis que 30 secondes.
Selon vos besoins, il est possible que ce jeu de métriques ne soit
pas suffisant. Vous avez la possibilité de rajouter vos propres
métriques personnalisées, qui seront exposées via l’Exporter
Prometheus. Pour cela, il est nécessaire de créer une resource
ConfigMap qui contiendra la définition de la métrique ainsi
que la requête à exécuter.
Voici un exemple simpliste qui permet de remonter le nombre de lignes
d’une table foo grâce à count(*) :
---
apiVersion: v1
kind: ConfigMap
metadata:
name: monitoring-count-ma-table
labels:
cnpg.io/reload: ""
data:
custom-queries: |
count-foo:
query: "SELECT count(*) FROM foo"
metrics:
- count:
usage: "GAUGE"
description: "Number of rows of foo"À noter que le label cnpg.io/reload: "" permet
de prendre en compte les nouvelles requêtes de manière automatique.
Ce ConfigMap doit ensuite être mentionné dans la partie
spec.monitoring de votre Cluster pour que les
métriques personnalisées soit elles aussi exportées sur le point de
terminaison /metrics.
[…]
monitoring:
customQueriesConfigMap:
- name: monitoring-count-ma-table # ConfigMap
key: custom-queriesComme indiqué plus haut, les requêtes vont être exécutées dès lors
que /metrics est accédé. Attention donc à vos requêtes
personnalisées qui, si elles sont trop compliquées et mettent du temps à
s’exécuter, risquent d’impacter durablement l’instance, et ce même avec
le système de cache.
Ces métriques doivent être collectées. C’est à vous ou à votre équipe en charge de l’exploitation de Kubernetes de mettre en place une solution de collecte et de stockage.
La documentation du projet propose dans la partie Quick Start un exemple de déploiement de la stack Prometheus - Grafana.
Si vous utiliser Prometheus, une resource PodMonitor
doit être créée pour lui indiquer quel Cluster doit être
pris en compte dans la collecte.
Une fois toutes ces métriques collectées, il vous restera à les exploiter.
Dans l’écosystème Kubernetes, l’outil Grafana est très réputé. CloudNativePG et la communauté maintiennent un dashboard Grafana, rendant l’exploitation des métriques aisées.
De nombreux graphiques existent déjà. Ils concernent soit des métriques systèmes, soit des métriques PostgreSQL. Ces derniers sont alimentés par les valeurs récupérées de l’Exporter Prometheus vu précédemment. Toutes les métriques remontées ne sont pas présentées dans des graphiques. À vous de les rajouter.
Le troubleshooting est une étape que l’on apprécie guère devoir faire. Pourtant, il est bien nécessaire de connaître quelques astuces pour y parvenir, que ce soit sur PostgreSQL ou CloudNativePG.
Ces quelques slides se veulent être une introduction à ce sujet, tant les problèmes peuvent être variés. Couvrir l’intégralité des thèmes est impossible. Ceci est d’autant plus vrai que le monde Kubernetes apporte lui aussi sa dose de complexité.
Le plugin cnpg pour kubectl
devrait être installé sur les postes des administrateurs à qui revient
la gestion des instances PostgreSQL.
Il intègre un ensemble de commandes permettant de récupérer des
informations sur les Clusters ainsi que de lancer des
opérations de maintenance.
Il est mis à jour à chaque nouvelle version de l’opérateur.
La première commande à connaître est status. Elle donne
un aperçu du Cluster d’instances ciblé. Par exemple :
kubectl cnpg status postgresql-prod
La section Cluster Summary indique notamment quelle est
l’instance primaire (Primary instance) et depuis quand elle
l’est (Primary promotion time), leur état de santé
(Status) ou encore à quel LSN se trouve l’instance primaire
(Current Write LSN).
Cluster Summary
Name default/postgresql-prod
System ID: 7644933667360784417
PostgreSQL Image: ghcr.io/cloudnative-pg/postgresql:18.3-system-trixie
Primary instance: postgresql-prod-1
Primary promotion time: 2026-05-28 13:27:14 +0000 UTC (50s)
Status: Cluster in healthy state
Instances: 2
Ready instances: 2
Size: 96M
Current Write LSN: 0/4000060 (Timeline: 1 - WAL File: 000000010000000000000004)
La section Backup donne des informations sur la
sauvegarde et l’archivage qui serait en place. Si ce n’est pas le cas,
le message suivant est indiqué :
Continuous Backup not configured
La section Streaming Replication status donne beaucoup
d’informations et indique notamment quel est l’état de la réplication
avec la colonne State. Cette valeur est récupérée depuis la
vue pg_stat_wal_receiver
du secondaire. Les colonnes Lag sont quant a elle retrouvées
depuis la vue pg_stat_replication
de l’instance primaire. Ici il n’est question que de la Streaming
Replication.
Streaming Replication status
Replication Slots Enabled
Name Sent LSN Write LSN Flush LSN Replay LSN Write Lag Flush Lag Replay Lag State Sync State Sync Priority Replication Slot
---- -------- --------- --------- ---------- --------- --------- ---------- ----- ---------- ------------- ----------------
postgresql-prod-2 0/4000060 0/4000060 0/4000060 0/4000060 00:00:00 00:00:00 00:00:00 streaming async 0 active
Enfin, la dernière partie concerne les instances elles mêmes. Elle
mélange des informations PostgreSQL, (colonne Current LSN),
et des informations Kubernetes (colonnes QoS et
Node).
Instances status
Name Current LSN Replication role Status QoS Manager Version Node
---- ----------- ---------------- ------ --- --------------- ----
postgresql-prod-1 0/4000060 Primary OK BestEffort 1.29.1 kind-control-plane
postgresql-prod-2 0/4000060 Standby (async) OK BestEffort 1.29.1 kind-control-plane
La collecte d’informations est une étape importante pour mener un
diagnostic. Le plugin intègre la commande report
qui permet de générer des archives contenant la définition des
ressources Kubernetes de l’objet ciblé (Cluster PostgreSQL
ou opérateur) ainsi que les traces des Pods associés.
kubectl cnpg report cluster postgresql-prod --logs -f report.zip
unzip report.zip
Archive: report.zip
creating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/
creating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/cluster.yaml
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/cluster-pods.yaml
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/cluster-jobs.yaml
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/events.yaml
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/manifests/cluster-pvcs.yaml
creating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/logs/
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/logs/postgresql-prod-1-postgres.jsonl
inflating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/logs/postgresql-prod-3-postgres.jsonl
creating: report_cluster_postgresql-prod_20260529_072650/job-logs/
Il existe un moyen d’arrêter le processus postmaster de
PostgreSQL sans pour autant arrêter les Pods. C’est le
mécanisme de fencing de CloudNativePG qui permet de faire
cela.
En arrêtant un processus postmaster, on s’assure
qu’aucune modification dans les fichiers de données PostgreSQL ne sera
faite. Cela permet de diagnostiquer des problèmes sur le
Pod ou le système de fichiers. Par conséquence, les
connexions en cours sur la ou les instances ciblées par ce
fencing seront toutes interrompues.
Si le Pod de l’instance primaire est
fenced, aucun mécanisme de failover ne sera
déclenché.
Il existe la commande inverse kubectl cnpg fencing off
pour redémarrer un postmaster arrêté dans un
Pod.
De nombreux paramètres sont modifiables, que ce soit de manière
globale (postgresql.conf), dans une session, ou encore au
sein même d’une transaction. Des surcharges peuvent également être
faites au niveau d’un rôle ou d’une base de données.
Pour s’assurer de la valeur prise par tel ou tel paramètre, la
commande SHOW est à connaître et à utiliser.
Il vous sera peut-être donné uniquement un accès SQL aux instances.
Dans ce cas là, si vous souhaitez savoir si votre instance est une
instance primaire ou instance secondaire, la fonction
pg_is_in_recovery() vous sera utile.
Elle indique si l’instance est en mode recovery ou si elle ne l’est pas. Une instance est dans ce mode si elle est en train de rejouer des journaux de transactions. C’est donc forcément le cas d’une instance secondaire.
Attention, il existe un cas où une instance dite primaire peut être en mode recovery : lorsqu’elle redémarre et qu’elle rejoue ses journaux localement avant d’atteindre un point de consistance.
Dans divers cas (accumulation de verrous, requête particulièrement
lente, …), il peut être nécessaire d’arrêter l’exécution d’une requête,
ou forcer la déconnexion d’une session. PostgreSQL intègre différentes
fonctions pour y parvenir avec notamment
pg_cancel_backend(pid) et
pg_terminate_backend(pid, timeout).
L’utilisation de pg_terminate_backend() et
pg_cancel_backend() n’est disponible que pour les
utilisateurs appartenant au même rôle que l’utilisateur à déconnecter,
les utilisateurs membres du rôle pg_signal_backend et bien
sûr les superutilisateurs.
L’accès au système de fichiers n’est pas systématique dans un environnement conteneurisé, et si cela reste possible, il n’est pas forcément aisé d’y accéder. Il vous sera parfois nécessaire de trouver, lister, les fichiers présents dans tel ou tel dossier.
PostgreSQL vous permet cela avec la fonction pg_ls_dir()
en renseignant le chemin du dossier. Bien qu’intéressante, cette
fonction n’est certainement pas la plus utilisée, au contraire de
pg_ls_waldir(), qui permet de lister les fichiers présents
dans le dossier pg_wal du PGDATA.
postgres=# select pg_ls_waldir();
pg_ls_waldir
--------------------------------------------------------------
(000000010000000000000002,16777216,"2026-06-25 11:32:55+00")
(000000010000000000000001,16777216,"2026-06-25 11:29:28+00")Quand un incident survient sur une instance PostgreSQL, il y a de grandes chances que celui-ci ait déjà été rencontré par d’autres personnes. Notre expérience au support nous le confirme tous les jours. Ces schémas se répètent et les préconisations associées ne changent que rarement.
Prenons le temps d’étudier quelques cas typiques d’incidents pouvant être rencontrés, et comment y remédier.
Un problème couramment rencontré est la saturation du système de fichiers. PostgreSQL ne pouvant plus écrire sur disque, par mesure de précaution, l’instance est bloquée.
Il faut distinguer deux types de blocages :
Dans ce cas de figure, le système de fichiers où se trouve les
fichiers de données (PGDATA) n’a plus de place. PostgreSQL
accepte de répondre aux requêtes en lecture, mais les requêtes en
écriture sont impossibles.
Le diagnostique est assez simple : les données présentes dans les bases (tables, index, etc) n’ont cessé de grossir, et comme elles sont utiles, il faut agrandir l’espace.
postmaster est complètement arrêté.Dans ce second cas, il n’est même plus possible de se connecter à l’instance. L’arrêt du processus principal a été opéré afin de garantir qu’aucune modification ne soit faite sans qu’elle ne soit répercutée dans les journaux de transactions.
Autrement dit PostgreSQL n’a plus pu écrire dans pg_wal.
Les raisons peuvent être variées. Dans tous les cas, si le répertoire
pg_wal commence à grossir fortement, c’est que PostgreSQL
n’arrive plus à recycler ses journaux de transactions.
Plusieurs choses peuvent expliquer un mauvais recyclage :
wal_keep_size ou
max_slot_wal_keep_size;Dans l’un ou l’autre des cas présentés, il est nécessaire de trouver
de la place en augmentant la taille des Persistent Volumes.
Dans notre contexte, modifier spec.storage.size est
nécessaire.
Aussi, il est recommandé de créer deux volumes pour chaque
Pod de notre Cluster en utilisant
spec.storage et spec.walStorage, par exemple
:
apiVersion: postgresql.cnpg.io/v1
kind: Cluster
metadata:
name: postgresql
spec:
instances: 1
storage:
size: 2Gi
walStorage: # Bonne pratique
size: 2Gi{
"level": "info",
"ts": "2026-05-29T09:33:42.655361766Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-3",
"record": {
"log_time": "2026-05-29 09:33:42.655 UTC",
"process_id": "45",
"session_id": "6a195d1a.2d",
"session_line_num": "23",
"session_start_time": "2026-05-29 09:32:10 UTC",
"virtual_transaction_id": "165/0",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "waiting for WAL to become available at 2/80002000",
"backend_type": "startup",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-05-29T09:33:47.529693788Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "postgresql-prod-3",
"record": {
"log_time": "2026-05-29 09:33:47.529 UTC",
"process_id": "1191",
"session_id": "6a195d7b.4a7",
"session_line_num": "1",
"session_start_time": "2026-05-29 09:33:47 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "FATAL",
"sql_state_code": "08P01",
"message": "could not start WAL streaming: ERROR: can no longer access replication slot \"_cnpg_postgresql_prod_3\"\nDETAIL: This replication slot has been invalidated due to \"wal_removed\".",
"backend_type": "walreceiver",
"query_id": "0"
}
}La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/k4_solutions.
But : Récupérer les métriques exportées et créer des métriques personnalisées.
Créer un fichier
~/cluster.yamlqui définit unClusteravec une seule instance dans la dernière version de PostgreSQL disponible.
Créer cette ressource.
Exposer localement le port
9187de l’Exporter Prometheus de l’instance primaire.
Récupérer toutes les métriques disponibles à l’aide de
curl -s. Ils sont accessibles sur/metrics.
Retrouver le nombre de backend connectés à l’instance.
Depuis une autre fenêtre lancer la commande suivante. Elle va ouvrir une nouvelle connexion.
Regarder comment évolue le nombre de backend connectés à l’instance.
Retrouver le nombre de fois où un ordre
CHECKPOINTa été demandé.
Vérifier que les instances du
Clustersoient bien réparties sur votre cluster Kubernetes.
Les métrique récupérées couvrent déjà un spectre très large de notre instance PostgreSQL. Vous aurez certainement besoin d’ajouter de nouvelles métriques, quelles soient liées au métier ou plus techniques pour diagnostiques des problèmes. Regardons comment faire cela.
Le but est de rajouter la métrique :
last-analyze-foo : qui renvoie la date du dernier
passage d’un ANALYZE sur la table foo;Créer d’abord la table
foodans votre instance.
kubectl cnpg psql cluster -- -c "CREATE TABLE foo (i int); INSERT INTO foo SELECT FROM generate_series (1,250);"
CREATE TABLE
INSERT 0 250
Créer le fichier
~/configmap.yamlavec le contenu suivant :
---
apiVersion: v1
kind: ConfigMap
metadata:
name: nouvelles-metriques
namespace: default
labels:
cnpg.io/reload: ""
data:
custom-queries: |
analyze-foo:
query: "SELECT last_analyze FROM pg_stat_user_tables WHERE relname = 'foo';"
metrics:
- last_analyze:
usage: "GAUGE"
description: "Last foo's ANALYZE"Puis créer cette nouvelle ressource
ConfigMap.
Ajuster la définition du
Clusteren rajoutant la partiespec.monitoringsuivante dans~/cluster.yaml:
spec
[…]
monitoring:
customQueriesConfigMap:
- name: nouvelles-metriques # nom de la ConfigMap
key: custom-queriesAppliquer cette modification au
Cluster.
Récupérer les nouvelles métriques sur
fooaveccurletgrep. Que remarquez-vous ?
Exécuter un ordre
ANALYZEsur la tablefoo.
Retrouver la valeur du
last_analyze.
Dans ce TP, nous allons utiliser trois instances déployées pour un
même Cluster. La définition à utiliser est la suivante
:
apiVersion: postgresql.cnpg.io/v1
kind: Cluster
metadata:
name: integration
spec:
instances: 3
storage:
size: 10Gi
postgresql:
parameters:
max_slot_wal_keep_size: '1GB'Nous reviendrons sur le paramètre max_slot_wal_keep_size
plus tard dans le TP.
Créer le fichier
cluster-integration.yamlet créer leClusterà partir de la définition précédente.
Créer la table
utilisateurset ajouter quelques lignes avec les ordres suivants :
CREATE TABLE utilisateurs( id INT GENERATED ALWAYS AS IDENTITY, nom text NOT NULL);
INSERT INTO utilisateurs(nom) SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,50) n;Récupérer les informations sur les réplications en place.
Les instances souffrent elles d’un retard de réplication ?
Arrêter le service
postmasterde l’instanceintegration-3.
Retrouver la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
La requête suivante peut être utilisée à cet effet :
select pg_size_pretty(sum(size)) from pg_ls_waldir();Insérer 1 million de lignes dans la table
utilisateurs.
INSERT INTO utilisateurs(nom) SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,1_000_000) n;Relever une nouvelle fois la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
Cette volumétrie de WAL n’a pas été appliquée sur l’instance
integration-3comme le processuspostmastery est arrêté. Pourquoi reste-t-elle présente sur le primaire ?
Retrouver les informations du slot de réplication
_cnpg_integration_3de l’instance primaire grâce à la vuepg_replication_slots.
Insérer cette fois-ci 10 millions de lignes dans la table
utilisateurs.
Relever une nouvelle fois la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
Qu’en est-il du slot de réplication ? Des changements ont-ils eu lieu ?
Qu’est-ce que cela implique pour
integration-3?
Sortir l’instance
integration-3du fencing et regarder ses traces.
L’instance se trouve dans un état instable et est surtout
inutilisable en cas de bascule. Dans cette situation, la seule solution
envisageable est de reconstruire entièrement l’instance
integration-3.
Petite précision, c’est la seule solution envisageable dans ce
contexte précis. Avec un Cluster configuré pour archiver
ses journaux sur un emplacement tiers, le secondaire aurait pu retrouver
les journaux manquant en basculant en mode Log Shipping. Cette
bascule sur ce mode réplication est un mécanisme propre à PostgreSQL, et
non CloudNativePG.
Supprimer le
Podintegration-3. Est-ce que cela résout le souci ?
Supprimer toutes les ressources liées à l’instance
integration-3.
But : Récupérer les métriques exportées et créer des métriques personnalisées.
Créer un fichier
~/cluster.yamlqui définit unClusteravec une seule instance dans la dernière version de PostgreSQL disponible.
apiVersion: postgresql.cnpg.io/v1
kind: Cluster
metadata:
name: cluster
spec:
instances: 1
storage:
size: 1GiCréer cette ressource.
kubectl apply -f ~/cluster.yaml
Exposer localement le port
9187de l’Exporter Prometheus de l’instance primaire.
kubectl port-forward pod/cluster-1 9187:9187 &
Forwarding from 127.0.0.1:9187 -> 9187
Forwarding from [::1]:9187 -> 9187
Récupérer toutes les métriques disponibles à l’aide de
curl -s. Ils sont accessibles sur/metrics.
curl -s http://localhost:9187/metrics
[…]
# HELP go_sched_gomaxprocs_threads The current runtime.GOMAXPROCS setting, or the number of operating system threads that can execute user-level Go code simultaneously. Sourced from /sched/gomaxprocs:threads.
# TYPE go_sched_gomaxprocs_threads gauge
go_sched_gomaxprocs_threads 12
# HELP go_threads Number of OS threads created.
# TYPE go_threads gauge
go_threads 18
Retrouver le nombre de backend connectés à l’instance.
La métrique qui nous intéresse est nommé
cnpg_backends_total.
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep cnpg_backends_total
# HELP cnpg_backends_total Number of backends
# TYPE cnpg_backends_total gauge
cnpg_backends_total{application_name="cnpg_metrics_exporter",datname="app",state="active",usename="postgres"} 1
Il y aurait donc une seule connexion à notre instance.
Depuis une autre fenêtre connectez-vous à votre instance.
Le plus simple est d’utiliser la commande suivante :
kubectl cnpg psql cluster.
psql (18.1 (Debian 18.1-1.pgdg13+2))
Type "help" for help.
postgres=#
Regarder comment évolue le nombre de backend connectés à l’instance.
Vous devriez voir apparaître une nouvelle ligne avec le paramètre
application_name à psql.
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep cnpg_backends_total
# HELP cnpg_backends_total Number of backends
# TYPE cnpg_backends_total gauge
cnpg_backends_total{application_name="cnpg_metrics_exporter",datname="app",state="active",usename="postgres"} 1
cnpg_backends_total{application_name="psql",datname="postgres",state="idle",usename="postgres"} 1
Si ce n’est pas tout de suite le cas, attendez et recommencez un tout petit peut plus tard. Comme l’indique la documentation, il y a un mécanisme de cache pour les requêtes. La durée du cache peut être modifiée.
By default, the outputs of monitoring queries are cached for thirty seconds. This is done to enhance resource efficiency and to avoid PostgreSQL to run monitoring queries every time the prometheus endpoint is scraped.
Retrouver le nombre de fois où un ordre
CHECKPOINTa été demandé.
La métrique cnpg_pg_stat_checkpointer_checkpoints_req
vous donnera cette information.
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep cnpg_pg_stat_checkpointer_checkpoints_req
# HELP cnpg_pg_stat_checkpointer_checkpoints_req Number of requested checkpoints that have been performed
# TYPE cnpg_pg_stat_checkpointer_checkpoints_req counter
cnpg_pg_stat_checkpointer_checkpoints_req 2
Si vous avez toujours votre session en cours, faites le test de
lancer des ordres CHECKPOINT.
Vérifier que les instances du
Clustersoient bien réparties sur votre cluster Kubernetes.
La métrique cnpg_collector_nodes_used vous donnera cette
information.
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep cnpg_collector_nodes_used
# HELP cnpg_collector_nodes_used NodesUsed represents the count of distinct nodes accommodating the instances. A value of '-1' suggests that the metric is not available. A value of '1' suggests that all instances are hosted on a single node, implying the absence of High Availability (HA). Ideally this value should match the number of instances in the cluster.
# TYPE cnpg_collector_nodes_used gauge
cnpg_collector_nodes_used 1
La description de cette métrique est assez limpide. Ici nous avons une seule instance, la valeur de 1 est donc valide. Faites le test avec plusieurs instances et regarder l’évolution de la métrique en fonction du nombre d’instances et du nombre de nœuds dans votre cluster Kubernetes.
Les métrique récupérées couvrent déjà un spectre très large de notre instance PostgreSQL. Vous aurez certainement besoin d’ajouter de nouvelles métriques, quelles soient liées au métier ou plus techniques pour diagnostiques des problèmes. Regardons comment faire cela.
Le but est de rajouter la métrique :
last-analyze-foo : qui renvoie la date du dernier
passage d’un ANALYZE sur la table foo;Créer d’abord la table
foodans votre instance.
kubectl cnpg psql cluster -- -d app -c "CREATE TABLE foo (i int); INSERT INTO foo SELECT FROM generate_series (1,250);"
CREATE TABLE
INSERT 0 250
Créer le fichier
~/configmap.yamlavec le contenu suivant :
---
apiVersion: v1
kind: ConfigMap
metadata:
name: nouvelles-metriques
namespace: default
labels:
cnpg.io/reload: ""
data:
custom-queries: |
analyze-foo:
query: "SELECT last_analyze FROM pg_stat_user_tables WHERE relname = 'foo';"
metrics:
- last_analyze:
usage: "GAUGE"
description: "Last foo's ANALYZE"Puis créer cette nouvelle ressource
ConfigMap.
kubectl apply -f ~/configmap.yaml
Ajuster la définition du
Clusteren rajoutant la partiespec.monitoringsuivante dans~/cluster.yaml:
spec
[…]
monitoring:
customQueriesConfigMap:
- name: nouvelles-metriques # ConfigMap
key: custom-queriesAppliquer cette modification au
Cluster.
kubectl apply -f ~/cluster.yaml
Récupérer les nouvelles métriques sur
fooaveccurletgrep. Que remarquez-vous ?
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep foo
# HELP cnpg_analyze_foo_last_analyze Last foo's ANALYZE
# TYPE cnpg_analyze_foo_last_analyze gauge
cnpg_analyze_foo_last_analyze NaN
La requête s’est bien exécutée mais aucune valeur n’est remontée
(Nan).
Exécuter un ordre
ANALYZEsur la tablefoo.
kubectl cnpg psql cluster -- -d app -c "ANALYZE foo"
ANALYZE
Retrouver la valeur du
last_analyze.
curl -s http://localhost:9187/metrics | grep foo
# HELP cnpg_analyze_foo_last_analyze Last foo's ANALYZE
# TYPE cnpg_analyze_foo_last_analyze gauge
cnpg_analyze_foo_last_analyze 1.769702472e+0
Dans ce TP, nous allons utiliser trois instances déployées pour un
même Cluster. La définition à utiliser est la suivante
:
apiVersion: postgresql.cnpg.io/v1
kind: Cluster
metadata:
name: integration
spec:
instances: 3
storage:
size: 10Gi
postgresql:
parameters:
max_slot_wal_keep_size: '1GB'Nous reviendrons sur le paramètre max_slot_wal_keep_size
plus tard dans le TP.
Créer le fichier
cluster-integration.yamlet créer leClusterà partir de la définition précédente.
vim cluster-integration.yaml
kubectl apply -f cluster-integration.yaml
Attendez que les trois instances soient à l’état
Running.
kubectl get pod | grep integration
integration-1 1/1 Running 0 84s
integration-2 1/1 Running 0 61s
integration-3 1/1 Running 0 40s
Créer la table
utilisateurset ajouter quelques lignes avec les ordres suivants :
CREATE TABLE utilisateurs( id INT GENERATED ALWAYS AS IDENTITY, nom text NOT NULL);
INSERT INTO utilisateurs(nom) SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,50) n;Vous pouvez vous connecter au primaire avec la ligne de commande suivante :
kubectl cnpg psql integration
psql (18.3 (Debian 18.3-1.pgdg13+1))
Type "help" for help.
postgres=# CREATE TABLE utilisateurs( id INT GENERATED ALWAYS AS IDENTITY, nom text NOT NULL);
INSERT INTO utilisateurs(nom) SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,50) n;
CREATE TABLE
INSERT 0 50
Récupérer les informations sur les réplications en place.
Le plus simple est de récupérer ces informations avec la commande
status du plugin cnpg.
kubectl cnpg status integration
Cluster Summary
Name default/integration
System ID: 7654873992545370143
PostgreSQL Image: ghcr.io/cloudnative-pg/postgresql:18.3-system-trixie
Primary instance: integration-1
Primary promotion time: 2026-06-24 08:20:46 +0000 UTC (1m40s)
Status: Cluster in healthy state
Instances: 3
Ready instances: 3
Size: 128M
Current Write LSN: 0/602E428 (Timeline: 1 - WAL File: 000000010000000000000006)
Continuous Backup not configured
Streaming Replication status
Replication Slots Enabled
Name Sent LSN Write LSN Flush LSN Replay LSN Write Lag Flush Lag Replay Lag State Sync State Sync Priority Replication Slot
---- -------- --------- --------- ---------- --------- --------- ---------- ----- ---------- ------------- ----------------
integration-2 0/602E428 0/602E428 0/602E428 0/602E428 00:00:00 00:00:00 00:00:00 streaming async 0 active
integration-3 0/602E428 0/602E428 0/602E428 0/602E428 00:00:00 00:00:00 00:00:00 streaming async 0 active
Instances status
Name Current LSN Replication role Status QoS Manager Version Node
---- ----------- ---------------- ------ --- --------------- ----
integration-1 0/602E428 Primary OK BestEffort 1.29.1 kind-control-plane
integration-2 0/602E428 Standby (async) OK BestEffort 1.29.1 kind-control-plane
integration-3 0/602E428 Standby (async) OK BestEffort 1.29.1 kind-control-plane
Les instances souffrent elles d’un retard de réplication ?
Pas du tout. Dans la section
Streaming Replication status, la colonne
Replay Lag est à 00:00:00 pour les deux
instances.
Il est également possible de le voir avec la colonne
Current LSN de la section
Instances status.
Arrêter le service
postmasterde l’instanceintegration-3.
Cette opération peut être faite avec la commande
fencing. L’idée ici est de simuler un décrochage en
arrêtant le service. Dans un contexte plus réel, on pourrait imaginer un
problème réseau ou encore un arrêt brutal d’un Node.
kubectl cnpg fencing on integration 3
integration-3 fenced
Retrouver la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
La requête suivante peut être utilisée à cet effet :
select pg_size_pretty(sum(size)) from pg_ls_waldir();kubectl cnpg psql integration
psql (18.3 (Debian 18.3-1.pgdg13+1))
Type "help" for help.
postgres=# select pg_size_pretty(sum(size)) from pg_ls_waldir();
pg_size_pretty
----------------
96 MB
(1 row)
Insérer 1 million de lignes dans la table
utilisateurs.
INSERT INTO utilisateurs(nom)
SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,1_000_000) n;INSERT 0 1000000
Relever une nouvelle fois la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
postgres=# SELECT pg_size_pretty(sum(size)) FROM pg_ls_waldir();
pg_size_pretty
----------------
160 MB
(1 row)
Cette volumétrie de WAL n’a pas été appliquée sur l’instance
integration-3comme le processuspostmastery est arrêté. Pourquoi reste-t-elle présente sur le primaire ?
Le slot de réplication créé automatiquement par CloudNativePG explique cela. En effet, un slot de réplication est un objet PostgreSQL qui permet de conserver les journaux nécessaires à une réplication si celle-ci est arrêtée (panne réseau, arrêt d’un service).
Par défaut, il n’y a aucune limite de taille sur la quantité de
journaux à conserver. Dans notre exemple, le paramètre
max_slot_wal_keep_size a été positionné à 1 Go. L’instance
primaire conserve donc l’équivalent de 1 Go de journaux pour tous les
slots de réplication. Au delà de ce seuil, les journaux seront supprimés
pour éviter que l’instance primaire ne sature.
Retrouver les informations du slot de réplication
_cnpg_integration_3de l’instance primaire grâce à la vuepg_replication_slots.
postgres=# SELECT * FROM pg_replication_slots WHERE slot_name = '_cnpg_integration_3'\gx
-[ RECORD 1 ]-------+------------------------------
slot_name | _cnpg_integration_3
plugin |
slot_type | physical
datoid |
database |
temporary | f
active | f
active_pid |
xmin |
catalog_xmin |
restart_lsn | 0/602E428
confirmed_flush_lsn |
wal_status | reserved
safe_wal_size | 1014612016
two_phase | f
two_phase_at |
inactive_since | 2026-06-24 08:38:06.029758+00
conflicting |
invalidation_reason |
failover | f
synced | f
La documentation explique longuement tous les paramètres, voir https://www.postgresql.org/docs/current/view-pg-replication-slots.html. Intéressons nous à quelques paramètres seulement :
active : à false (f), cela
indique qu’il n’est pas utilisé.restart_lsn : permet de savoir à quel emplacement dans
la timeline il se trouvait lorsque le slot a été
invalidé. 0/602E428 correspond bien à la valeur du
current_lsn dans la sortie du plugin.wal_status : le mot reserved indique que
tous les WAL nécessaires à ce slot de réplication se trouvent bien
présents sur le primairesafe_wal_size : la quantité de journaux qui peut être
encore écrite sans que ce slot ne devienne inutilisable.inactive_since : depuis quand le slot est inutilisé.
Dans notre TP, il s’agit de l’horodatage du fencing de
l’instance integration-3.Insérer cette fois-ci 10 millions de lignes dans la table
utilisateurs.
postgres=# INSERT INTO utilisateurs(nom) SELECT 'user ' || n name FROM generate_series(1,10_000_000) n;
INSERT 0 10000000
Relever une nouvelle fois la taille sur disque des journaux de transaction sur l’instance primaire.
postgres=# SELECT pg_size_pretty(sum(size)) FROM pg_ls_waldir();
pg_size_pretty
----------------
1056 MB
(1 row)
Qu’en est-il du slot de réplication ? Des changements ont-ils eu lieu ?
postgres=# SELECT * FROM pg_replication_slots WHERE slot_name = '_cnpg_integration_3'\gx
-[ RECORD 1 ]-------+------------------------------
slot_name | _cnpg_integration_3
plugin |
slot_type | physical
datoid |
database |
temporary | f
active | f
active_pid |
xmin |
catalog_xmin |
restart_lsn |
confirmed_flush_lsn |
wal_status | lost
safe_wal_size |
two_phase | f
two_phase_at |
inactive_since | 2026-06-24 08:38:06.029758+00
conflicting |
invalidation_reason | wal_removed
failover | f
synced | f
Des changements ont effectivement eu lieu avec notamment le champ
restart_lsn qui n’a plus de valeur et le champ
wal_status qui est passé à lost. Cela signifie
que ce qui était nécessaire à ce slot (et donc à l’instance
integration-3) n’est plus disponible : les journaux ont été
supprimés. C’est d’ailleurs cette raison qui est indiquée dans le champ
invalidation_reason.
Pourquoi ? Les dernières insertions de ligne ont généré un volume de
journaux qui a dépassé la limite configurée. PostgreSQL a donc commencé
à supprimer les journaux les plus anciens (à commencer par celui où se
trouvait le segment 0/602E428), rendant le slot
inopérant.
Qu’est-ce que cela implique pour
integration-3?
Cette instance secondaire a décroché. Elle n’est en l’état pas capable de se reconnecter au primaire comme des journaux vont lui manquer.
Sortir l’instance
integration-3du fencing et regarder ses traces.
kubectl cnpg fencing off integration 3
kubectl logs -f integration-3 | jq
Le redémarrage de l’instance est déclenché et elle entre donc dans le mode standby.
{
"level": "info",
"ts": "2026-06-24T09:28:43.950809781Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "integration-3",
"record": {
"log_time": "2026-06-24 09:28:43.950 UTC",
"user_name": "postgres",
"database_name": "postgres",
"process_id": "239",
"connection_from": "[local]",
"session_id": "6a3ba34b.ef",
"session_line_num": "1",
"session_start_time": "2026-06-24 09:28:43 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "FATAL",
"sql_state_code": "57P03",
"message": "the database system is starting up",
"backend_type": "client backend",
"query_id": "0"
}
}
{
"level": "info",
"ts": "2026-06-24T09:28:44.074692668Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "integration-3",
"record": {
"log_time": "2026-06-24 09:28:44.074 UTC",
"process_id": "215",
"session_id": "6a3ba34b.d7",
"session_line_num": "2",
"session_start_time": "2026-06-24 09:28:43 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "entering standby mode",
"backend_type": "startup",
"query_id": "0"
}
}Un premier point de consistance est trouvé. Dans le champ
message, on retrouve bien le même segment que celui au
moment du fencing de l’instance : 0/602E428.
{
"level": "info",
"ts": "2026-06-24T09:28:44.253241733Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "integration-3",
"record": {
"log_time": "2026-06-24 09:28:44.252 UTC",
"process_id": "215",
"session_id": "6a3ba34b.d7",
"session_line_num": "4",
"session_start_time": "2026-06-24 09:28:43 UTC",
"virtual_transaction_id": "165/0",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "LOG",
"sql_state_code": "00000",
"message": "consistent recovery state reached at 0/602E428",
"backend_type": "startup",
"query_id": "0"
}
}Automatiquement, PostgreSQL essaye de se reconnecter au primaire avec le mécanisme de réplication par flux avec l’utilisation du slot de réplication. Il se rend malheureusement compte que le slot est invalide, en donne la raison, et boucle sur des redémarrages.
{
"level": "info",
"ts": "2026-06-24T09:28:44.279240957Z",
"logger": "postgres",
"msg": "record",
"logging_pod": "integration-3",
"record": {
"log_time": "2026-06-24 09:28:44.278 UTC",
"process_id": "254",
"session_id": "6a3ba34c.fe",
"session_line_num": "1",
"session_start_time": "2026-06-24 09:28:44 UTC",
"transaction_id": "0",
"error_severity": "FATAL",
"sql_state_code": "08P01",
"message": "could not start WAL streaming: ERROR: can no longer access replication slot \"_cnpg_integration_3\"\nDETAIL: This replication slot has been invalidated due to \"wal_removed\".",
"backend_type": "walreceiver",
"query_id": "0"
}
}L’instance se trouve dans un état instable et est surtout
inutilisable en cas de bascule. Dans cette situation, la seule solution
envisageable est de reconstruire entièrement l’instance
integration-3.
Petite précision, c’est la seule solution envisageable dans ce
contexte précis. Avec un Cluster configuré pour archiver
ses journaux sur un emplacement tiers, le secondaire aurait pu retrouver
les journaux manquant en basculant en mode Log Shipping. Cette
bascule sur ce mode réplication est un mécanisme propre à PostgreSQL, et
non CloudNativePG.
Supprimer le
Podintegration-3. Est-ce que cela résout le souci ?
kubectl delete pod integration-3
La suppression du Pod ne changera rien car cette
opération n’a pas d’influence sur les données associées à ce
Pod. Le problème se situe bien au niveau des données de
integration-3 qui ne sont plus en phase avec l’instance
primaire et, de plus, le rejeu des journaux n’est plus possible car
supprimés.
Supprimer toutes les ressources liées à l’instance
integration-3.
PODNAME=integration-3
VOLNAME=$(kubectl get pv -o json | \
jq -r '.items[]|select(.spec.claimRef.name=='\"$PODNAME\"')|.metadata.name')
kubectl delete pod/$PODNAME pvc/$PODNAME pvc/$PODNAME-wal pv/$VOLNAME
La suppression de toutes les ressources va être captée par
l’opérateur et, comme le nombre d’instances (2) est maintenant différent
de la demande initiale (3), un nouveau Pod va être créé en
suivant le mécanisme classique, c’est à dire la création d’un nouveau
Pod avec une étape de join ou une copie des
données de l’instance primaire sera effectuée.