Dalibo SCOP
| Formation | Module K0 |
| Titre | Introduction à CloudNativePG |
| Révision | 26.09 |
| https://dali.bo/k0_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/k0_epub |
| HTML | https://dali.bo/k0_html |
| Slides | https://dali.bo/k0_slides |
| TP | https://dali.bo/k0_tp |
| TP (solutions) | https://dali.bo/k0_solutions |
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Cette licence couvre les diapositives, les manuels eux-mêmes et les travaux pratiques. Cette formation peut également contenir quelques images et schémas dont la redistribution est soumise à des licences différentes qui sont alors précisées.
PostgreSQL® Postgres® et le logo Slonik sont des marques déposées par PostgreSQL Community Association of Canada.
Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
Ce module est une introduction à la formation CNPG1. Avant d’évoquer Kubernetes et CloudNativePG, il est bon de présenter le projet PostgreSQL et ses 30 ans d’existence en quelques mots.
PostgreSQL est distribué sous une licence spécifique, la licence PostgreSQL, combinant la licence BSD et la licence MIT. Elle est reconnue comme une licence libre par l’Open Source Initiative.
Cette licence vous donne le droit de distribuer PostgreSQL, de l’installer, de le modifier… et même de le vendre. Certaines sociétés, comme EnterpriseDB et PostgresPro, produisent leur version propriétaire de PostgreSQL de cette façon.
PostgreSQL n’est pas pour autant complètement gratuit : il peut y avoir des frais et du temps de formation, des projets de migration depuis d’autres bases, ou d’intégration des différents outils périphériques indispensables en production.
Cette licence a ensuite été reprise par de nombreux projets de la communauté : pgAdmin, pgCluu, pgstat, etc.
PostgreSQL a une origine universitaire.
L’origine du nom PostgreSQL remonte au système de gestion de base de données Ingres, développé à l’université de Berkeley par Michael Stonebraker. En 1985, il prend la décision de reprendre le développement à partir de zéro et nomme ce nouveau logiciel Postgres, comme raccourci de post-Ingres.
En 1995, avec l’ajout du support du langage SQL, Postgres fut renommé Postgres95 puis PostgreSQL.
Aujourd’hui, le nom officiel est « PostgreSQL » (prononcé « post - gresse - Q - L »). Cependant, le nom « Postgres » reste accepté.
Pour aller plus loin :
Depuis son origine, PostgreSQL a toujours privilégié la stabilité et le respect des standards plutôt que les performances.
La sécurité des données est un point essentiel. En premier lieu, un
utilisateur doit être certain qu’à partir du moment où il a exécuté
l’ordre COMMIT d’une transaction, les données modifiées
relatives à cette transaction se trouvent bien sur disque et que même un
crash ne pourra pas les faire disparaître. PostgreSQL est très attaché à
ce concept et fait son possible pour forcer le système d’exploitation à
ne pas conserver les données en cache, mais à les écrire sur disque dès
l’arrivée d’un COMMIT.
L’intégrité des données, et le respect des contraintes fonctionnelles
et techniques qui leur sont imposées, doivent également être garanties
par le moteur à tout moment, quoi que fasse l’utilisateur. Par exemple,
insérer 1000 caractères dans un champ contraint à 200 caractères maximum
doit mener à une erreur explicite et non à l’insertion des 200 premiers
caractères en oubliant les autres, comme cela s’est vu ailleurs. De
même, un champ avec le type date ne contiendra jamais un 31
février, et un champ NOT NULL ne sera jamais vide. Tout
ceci est formalisé par les propriétés (ACID) que possèdent toute bonne
base de données relationnelle.
Le respect des normes est un autre principe au cœur du projet. Les développeurs de PostgreSQL cherchent à coller à la norme SQL le plus possible. PostgreSQL n’est pas compatible à cette norme à 100 %, aucun moteur ne l’est, mais il cherche à s’en approcher. Tout nouvel ajout d’une syntaxe ne sera accepté que si la syntaxe de la norme est ajoutée. Des extensions sont acceptées pour différentes raisons (performances, fonctionnalités en avance sur le comité de la norme, facilité de transition d’un moteur de bases de données à un autre) mais si une fonctionnalité existe dans la norme, une syntaxe différente ne peut être acceptée que si la syntaxe de la norme est elle-aussi présente.
La portabilité est importante : PostgreSQL tourne sur l’essentiel des systèmes d’exploitation : Linux (plate-forme à privilégier), macOS, les Unix propriétaires, Windows… Tout est fait pour que cela soit encore le cas dans le futur.
Ajouter des fonctionnalités est évidemment l’un des buts des développeurs de PostgreSQL. Cependant, comme il s’agit d’un projet libre, rien n’empêche un développeur de proposer une fonctionnalité, de la faire intégrer, puis de disparaître laissant aux autres la responsabilité de la corriger le cas échéant. Comme le nombre de développeurs de PostgreSQL est restreint, il est important que les fonctionnalités ajoutées soient vraiment utiles au plus grand nombre pour justifier le coût potentiel du débogage. Donc ne sont ajoutées dans PostgreSQL que ce qui est vraiment le cœur du moteur de bases de données et que ce qui sera utilisé vraiment par le plus grand nombre. Une fonctionnalité qui ne sert que une à deux personnes aura très peu de chances d’être intégrée. (Le système des extensions offre une élégante solution aux problèmes très spécifiques.)
Les performances ne viennent qu’après tout ça. En effet, rien ne sert d’avoir une modification du code qui permet de gagner énormément en performances si cela met en péril le stockage des données. Cependant, les performances de PostgreSQL sont excellentes et le moteur permet d’opérer des centaines de tables, des milliards de lignes pour plusieurs téraoctets de données, sur une seule instance, pour peu que la configuration matérielle soit correctement dimensionnée.
La simplicité du code est un point important. Le code est relu scrupuleusement par différents contributeurs pour s’assurer qu’il est facile à lire et à comprendre. En effet, cela facilitera le débogage plus tard si cela devient nécessaire.
La documentation est là aussi un point essentiel dans l’admission d’une nouvelle fonctionnalité. En effet, sans documentation, peu de personnes pourront connaître cette fonctionnalité. Très peu sauront exactement ce qu’elle est supposée faire, et il serait donc très difficile de déduire si un problème particulier est un manque actuel de cette fonctionnalité ou un bug.
Enfin, les tests fonctionnels suite à la compilation sont un prérequis depuis quelques années. Ils permettent de tester les fonctionnalités proposées et de ne pas retomber dans des bugs déjà corrigés.
Tous ces points sont vérifiés à chaque relecture d’un patch (nouvelle fonctionnalité ou correction).
L’histoire de PostgreSQL remonte au système de gestion de base de données Ingres, développé dès 1973 à l’Université de Berkeley (Californie) par Michael Stonebraker.
Lorsque ce dernier décide en 1985 de recommencer le développement de zéro, il nomme le logiciel Postgres, comme raccourci de post-Ingres. Des versions commencent à être diffusées en 1989, puis commercialisées.
Postgres utilise alors un langage dérivé de QUEL, hérité d’Ingres, nommé POSTQUEL1. En 1995, lors du remplacement par le langage SQL par Andrew Yu and Jolly Chen, deux étudiants de Berkeley, Postgres est renommé Postgres95.
En 1996, Bruce Momijan et Marc Fournier convainquent l’Université de Berkeley de libérer complètement le code source. Est alors fondé le PGDG (PostgreSQL Development Group), entité informelle — encore aujourd’hui — regroupant l’ensemble des contributeurs. Le développement continue donc hors tutelle académique (et sans son fondateur historique Michael Stonebraker) : PostgreSQL 6.0 est publié début 1997.
Plus d’informations :
Les années 2000 voient l’apparition de communautés locales organisées autour d’association ou de manière informelle. Chaque communauté organise la promotion, la diffusion d’information et l’entraide à son propre niveau.
En 2000 apparaît la communauté japonaise (JPUG). Elle dispose déjà d’un grand groupe, capable de réaliser des conférences chaque année, d’éditer des livres et des magazines. Elle compte, au dernier recensement connu, plus de 3000 membres.
En 2004 naît l’association française (loi 1901) appelée PostgreSQL Fr. Cette association a pour but de fournir un cadre légal pour pouvoir participer à certains événements comme Solutions Linux, les RMLL ou d’en organiser comme le pgDay.fr (qui a déjà eu lieu à Toulouse, Nantes, Lyon, Toulon, Marseille). Elle permet aussi de récolter des fonds pour aider à la promotion de PostgreSQL.
En 2006, le PGDG intègre Software in the Public Interest, Inc.(SPI), une organisation à but non lucratif chargée de collecter et redistribuer des financements. Elle a été créée à l’initiative de Debian et dispose aussi de membres comme LibreOffice.org.
Jusque là, les événements liés à PostgreSQL apparaissaient plutôt en marge de manifestations, congrès, réunions… plus généralistes. En 2008, douze ans après la création du projet, des associations d’utilisateurs apparaissent pour soutenir, promouvoir et développer PostgreSQL à l’échelle internationale. PostgreSQL UK organise une journée de conférences à Londres, PostgreSQL Fr en organise une à Toulouse. Des « sur-groupes » apparaissent aussi pour aider les groupes locaux : PGUS rassemble les différents groupes américains, plutôt organisés géographiquement, par État ou grande ville. De même, en Europe, est fondée PostgreSQL Europe, association chargée d’aider les utilisateurs de PostgreSQL souhaitant mettre en place des événements. Son principal travail est l’organisation d’un événement majeur en Europe tous les ans : pgconf.eu, d’abord à Paris en 2009, puis dans divers pays d’Europe jusque Milan en 2019. Cependant, elle aide aussi les communautés allemande, française et suédoise à monter leur propre événement (respectivement PGConf.DE, pgDay Paris et Nordic PGday).
Dès 2010, nous dénombrons plus d’une conférence par mois consacrée uniquement à PostgreSQL dans le monde. Ce mouvement n’est pas prêt de s’arrêter :
En 2011, l’association Postgres Community Association of Canada voit le jour. Elle est créée par quelques membres de la Core Team pour gérer le nom déposé PostgreSQL, le logo, le nom de domaine sur Internet, etc.
Vu l’émergence de nombreuses communautés internationales, la communauté a décidé d’écrire quelques règles pour ces communautés. Il s’agit des Community Guidelines, apparues en 2017, et disponibles sur le site officiel.
Le dépôt principal de PostgreSQL a été un dépôt CVS, passé depuis à git. Il est en accès public en lecture.
Le graphe ci-dessus (source) représente l’évolution du nombre de commit dans les sources de PostgreSQL. L’activité ne se dément pas. Le plus intéressant est certainement de noter que l’évolution est constante. Il n’y a pas de gros pic, ni dans un sens, ni dans l’autre.
Fin 2024, le code de PostgreSQL contient 1,9 millions de lignes,dont un quart de commentaires. Ce ratio montre que le code est très commenté, très documenté, facile à lire, et donc pratique à déboguer. Et le ratio ne change pas au fil des ans. Le code est essentiellement en C, avec un peu de SQL et de Perl. pour environ 200 développeurs actifs, à environ 200 commits par mois ces dernières années. Et ce, sans compter les contributions aux outils périphériques.
Sources : page Wikipédia de PostgreSQL et PostgreSQL Versioning Policy
La version 7.4 est la première version réellement stable. La gestion des journaux de transactions a été nettement améliorée, et de nombreuses optimisations ont été apportées au moteur.
La version 8.0 marque l’entrée tant attendue de PostgreSQL dans le marché des SGBD de haut niveau, en apportant des fonctionnalités telles que les tablespaces, les routines stockées en Java, le Point In Time Recovery, ainsi qu’une version native pour Windows.
La version 8.3 se focalise sur les performances et les nouvelles fonctionnalités. C’est aussi la version qui a causé un changement important dans l’organisation du développement pour encourager les contributions : gestion des commitfests, création de l’outil web associé, etc.
Les versions 9.x sont axées réplication physique. La 9.0 intègre un système de réplication asynchrone asymétrique. La version 9.1 ajoute une réplication synchrone et améliore de nombreux points sur la réplication (notamment pour la partie administration et supervision). La version 9.2 apporte la réplication en cascade. La 9.3 et la 9.4 ajoutent quelques améliorations supplémentaires. La version 9.4 intègre surtout les premières briques pour l’intégration de la réplication logique dans PostgreSQL. La version 9.6 apporte la parallélisation, ce qui était attendu par de nombreux utilisateurs.
La version 10 propose beaucoup de nouveautés, comme une amélioration nette de la parallélisation et du partitionnement (le partitionnement déclaratif complète l’ancien partitionnement par héritage), mais aussi l’ajout de la réplication logique.
Les améliorations des versions 11 à 18 sont plus incrémentales, et portent sur tous les plans. Le partitionnement déclaratif et la réplication logique sont progressivement améliorés, en performances comme en facilité de développement et maintenance. Les performances s’améliorent encore grâce à la compilation Just In Time, la parallélisation de plus en plus d’opérations, les index couvrants, l’affinement des statistiques, les I/O asynchrones. La facilité d’administration s’améliore aussi : nouvelles vues système, rôles supplémentaires pour réduire l’utilisation du superutilisateur, outillage pour la réplication logique et la sauvegarde physique, activation des sommes de contrôle sur une instance existante…
Il est toujours possible de télécharger les sources depuis la version 1.0 jusqu’à la version courante sur postgresql.org. Le dépôt git remonte à Postgres95 1.01 de 1996.
Une version majeure apporte de nouvelles fonctionnalités, des changements de comportement, etc. Une version majeure sort généralement tous les ans à l’automne. Une migration majeure peut se faire directement depuis n’importe quelle version précédente. Le numéro est incrémenté chaque année (version 14 en 2021, version 18 en 2025).
Une version mineure ne comporte que des corrections de bugs ou de failles de sécurité. Les publications de versions mineures sont plus fréquentes que celles de versions majeures, avec un rythme de sortie trimestriel, sauf bug majeur ou faille de sécurité. Chaque bug est corrigé dans toutes les versions stables alors maintenues par le projet. Le numéro d’une version mineure porte deux nombres. Par exemple, en août 2025 sont sorties les versions 17.6, 16.10, 15.14, 14.19, et 13.22. La version 12 n’étant plus supportée, il n’y aura pas d’autre version mineure sur cette branche après la 12.22.
Avant la version 10, les versions majeures annuelles portaient deux chiffres : 9.0 en 2010, 9.6 en 2016. Les mineures avaient un numéro de plus (par exemple 9.6.24). Cela a entraîné quelques confusions, d’où le changement de numérotation. Il va sans dire que ces versions sont totalement périmées et ne sont plus supportées, mais beaucoup continuent de fonctionner.
Une mise à jour mineure consiste à mettre à jour vers une nouvelle version de la même branche majeure, par exemple de 14.8 à 14.9, ou de 17.5 à 17.6 (mais pas d’une version 14.x à une version 17.x). Les mises à jour des versions mineures sont cumulatives : vous pouvez mettre à jour une instance 17.1 en version 17.6 sans passer par les versions 17.2 à 17.5 intermédiaires.
En général, les mises à jour mineures se font sans souci et ne nécessitent que le remplacement des binaires et un redémarrage (et donc une courte interruption). Les fichiers de données conservent le même format. Des opérations supplémentaires sont possibles mais rarissimes. Mais comme pour toute mise à jour, il convient d’être prudent sur d’éventuels effets de bord. En particulier, il faudra lire les Release Notes et, si possible, effectuer les tests ailleurs qu’en production.
La philosophie générale des développeurs de PostgreSQL peut se résumer ainsi :
« Notre politique se base sur la qualité, pas sur les dates de sortie. »
Toutefois, même si cette philosophie reste très présente parmi les développeurs, en pratique une version stable majeure paraît tous les ans, habituellement à l’automne. Pour ne pas sacrifier la qualité des versions, toute fonctionnalité supposée insuffisamment stable est repoussée à la version suivante si des correctifs satisfaisants ne peuvent être trouvés à temps. Il est aussi arrivé que la sortie de la version majeure soit repoussée de quelques semaines à cause de bugs inacceptables mais corrigeables rapidement.
La tendance actuelle est de garantir un support pour chaque version majeure pendant une durée minimale de 5 ans.
Ainsi ne sont plus supportées les versions 12 depuis novembre 2024, et 13 depuis novembre 2025. Elles continueront de fonctionner, mais il n’y aura pour elles plus aucune mise à jour mineure, donc plus de correction de bug ou de faille de sécurité.
Le support de la dernière version majeure, la 18, devrait durer jusqu’en 2030.
Pour plus de détails :
Ces versions ne sont plus supportées !
La version 9.4 (décembre 2014) a apporté le type jsonb,
binaire, facilitant la manipulation des objets en JSON.
La 9.5 parue en janvier 2016 apportait notamment les index BRIN et
des possibilités OLAP plus avancées que GROUP BY. Pour plus
de détails :
En 9.6, la nouvelle fonctionnalité majeure est certainement la
parallélisation de certaines parties de l’exécution d’une requête. Le
VACUUM FREEZE devient beaucoup moins gênant.
En version 10, les fonctionnalités majeures sont l’intégration de la réplication logique et le partitionnement déclaratif, longtemps attendus, améliorés dans les versions suivantes. Sont notables aussi les tables de transition ou les améliorations sur la parallélisation.
La version 10 a aussi été l’occasion de renommer plusieurs répertoires et fonctions système, et même des outils. Attention donc si vous rencontrez des requêtes ou des scripts adaptés aux versions précédentes. Entre autres :
pg_xlog est devenu
pg_wal ;pg_clog est devenu
pg_xact ;xlog a été remplacé par
wal (par exemple pg_switch_xlog est devenue
pg_switch_wal) ;location a été remplacé
par lsn.Pour plus de détails :
La version 11 (octobre 2018) améliore le partitionnement de la
version 10, le parallélisme, la réplication logique… et de nombreux
autres points. Elle comprend aussi une première version du JIT (Just
In Time compilation) pour accélérer les requêtes les plus lourdes
en CPU, notamment les requêtes analytiques. La clause
INCLUDE facilite la création d’index couvrants.
Pour plus de détails :
La version 12 sortie en 2019 n’est plus supportée depuis novembre 2024. Elle améliore de nouveau le partitionnement et elle fait surtout un grand pas au niveau des performances et de la supervision.
Le fichier recovery.conf (pour la réplication et les
restaurations physiques) est intégré au fichier
postgresql.conf. Une source fréquente de ralentissement
disparaît, avec l’intégration des CTE (clauses WITH) dans
la requête principale. Des colonnes d’une table peuvent être
automatiquement générées à partir d’autres colonnes.
Pour plus de détails :
La version 13 sortie en 2020 n’est plus supportée depuis novembre 2025. Elle est remplie de nombreuses petites améliorations sur différents domaines : partitionnement déclaratif, autovacuum, sauvegarde, etc. Les performances sont aussi améliorées grâce à un gros travail sur l’optimiseur, ou la réduction notable de la taille de certains index.
Pour plus de détails :
La version 14 est remplie de nombreuses petites améliorations sur différents domaines listés ci-dessus.
Pour plus de détails :
La version 15 est également une mise à jour sans grande nouveauté
fracassante, mais contenant de très nombreuses améliorations et
optimisations sur de nombreux plans, comme par exemple la commande
MERGE ou l’accélération du recovery sur une
reprise de restauration.
Signalons deux changements de comportement importants : pour
renforcer la sécurité, le schéma public n’est plus
accessible en écriture par défaut à tous les utilisateurs ; et la
sauvegarde physique en mode exclusif n’est plus disponible.
Pour plus de détails :
La version 16 est parue le 14 septembre 2023. Là encore, les améliorations sont incrémentales.
On notera la possibilité de rajouter des expressions régulières dans
pg_hba.conf pour faciliter la gestion des accès. En
réplication logique, un abonnement peut se faire auprès d’un serveur
secondaire. La réplication logique peut devenir parallélisable.
pg_dump acquiert des algorithmes de compression plus
modernes. Le travail de parallélisation de nouveaux nœuds se poursuit.
Une nouvelle vue de suivi des entrées-sorties apparaît :
pg_stat_io. Le VACUUM peut être accéléré en
lui permettant d’utiliser plus de mémoire dans les shared
buffers.
Pour plus de détails :
La version 17, parue le 26 septembre 2024, contient quelques nouveautés intéressantes parmi ses 2635 commits.
Le VACUUM est encore amélioré en terme de sélectivité,
de suivi, de mémoire maximum utilisable, tout en réduisant celle
consommée. GRANT MAINTAIN et pg_maintain
autorisent son lancement sur une table sans en être propriétaire. Le
planificateur comprend quelques améliorations (pour les IN
et les CTE entre autres). La création des index BRIN peut être
parallélisée. Le chargement en masse et la transformation de données via
MERGE et COPY ont également évolué en
performances et fonctionnalités (MERGE … RETURNING).
COPY peut enfin ignorer quelques lignes en erreur. Le
travail de fond sur le partitionnement continue, avec le support natif
des contraintes d’exclusions et des colonnes d’identité.
PostgreSQL inclut désormais un nouveau fournisseur de collation
immutable (builtin), en plus de la collation de l’OS et de
ICU. JSON et JSONPath voient apparaître de nouvelles fonctions
(notamment JSON_TABLE).
La réplication logique permet enfin la gestion du failover
du primaire, et la possibilité de créer un réplica logique via la
réplication physique, avec l’outil pg_createsubscriber.
pg_basebackup permet enfin de créer des sauvegardes
incrémentales à recombiner avec pg_combinebackup.
pg_dump a une clause --filter plus
flexible.
Quelques nouveaux paramètres apparaissent, comme
transaction_timeout, allow_alter_system, ou
ceux permettant de gérer quelques caches spécifiques.
En supervision, entre autres, des éléments de
pg_stat_bgwriter sont remplacés par d’autres dans la
nouvelle vue pg_stat_checkpointer.
Pour plus de détails :
La version 18 est parue en septembre 2025.
La grande nouveauté est l’utilisation des entrées-sorties asynchrones, pour le moment en lecture.
Les sommes de contrôle sont (enfin !) en place par défaut à la création d’une instance.
Les statistiques sont conservées lors d’une migration majeure avec
pg_upgrade, et peuvent être exportées/réimportées par
pg_dump/pg_restore.
Les tables peuvent contenir des colonnes générées virtuelles (non stockées et recalculées à la volée).
Le index skip scan permet d’utiliser plus efficacement les
index multicolonnes, et d’éviter la construction de certains index. Les
auto-jointures inutiles d’une requête sont supprimées. Une clause
OR est optimisée aussi bien qu’une clause ANY
ou IN, pourtant équivalente.
En administration, PostgreSQL propose à présent l’authentification OAuth 2.0.
Les slots de réplication logique peuvent être invalidés après une période d’inactivité. Les conflits de réplication sont mieux repérés, dans la (lointaine) perspective d’un PostgreSQL multimaître.
D’autres améliorations concernent le comportement de l’autovacuum, la
parallélisation de la création d’index GIN, le suivi de la
parallélisation dans pg_stat_statements…
Pour plus de détails :
Si nous essayons de voir cela avec de grosses mailles, les développements des versions 7 ciblaient les fondations d’un moteur de bases de données stable et durable. Ceux des versions 8 avaient pour but de rattraper les gros acteurs du marché en fonctionnalités et en performances. Enfin, pour les versions 9, on est plutôt sur la réplication et l’extensibilité.
La version 10 est une version mémorable grâce à la réplication logique, la parallélisation et le partitionnement. Les versions 11 à 18 améliorent ces deux points, entre mille autres améliorations en différents points du moteur, notamment les performances et la facilité d’administration.
La version 13 n’est plus supportée depuis novembre 2025.
Si vous avez une version 13 ou inférieure, planifiez le plus rapidement possible une migration vers une version récente, comme la 17 ou la 18.
Les versions non supportées fonctionneront toujours aussi bien, mais il n’y aura plus de correction de bug, y compris pour les failles de sécurité ! Si vous utilisez ces versions, il est impératif d’étudier une migration de version dès que possible.
Les versions 14 à 17 restent recommandables pour une production. Le plus important est d’appliquer les mises à jour correctives.
Les versions 17 et 18 sont conseillées pour les nouvelles installations en production. Sans besoin des nouvelles fonctionnalités de la 18, les plus prudents resteront en version 17.
Par expérience, quand une version x.0 paraît à l’automne, elle est généralement stable. Nombre de DBA préfèrent prudemment attendre les premières mises à jour mineures (en novembre généralement) pour la mise en production. Cette prudence est à mettre en balance avec l’intérêt pour les nouvelles fonctionnalités.
Pour les nouveaux développements, démarrez avec la 18.
Le développement de la version 19 est déjà en cours et la bêta est prévue pour mai 2026. Les dépôts du PGDG contiennent déjà des binaires de la version 19 utilisables à titre de test, mais il n’est pas garanti que toutes les nouvelles fonctionnalités soient finalement intégrées à la 19.0 !
Pour plus de détails sur les fonctionnalités de chaque version, voir le tableau comparatif des versions.
Il n’y a pas de version « communautaire » de PostgreSQL à opposer à une version plus « complète » et payante, comme pour de nombreux produits dominés par une seule entreprise. La version officielle de PostgreSQL est la version libre gérée par la communauté.
La licence de PostgreSQL permet cependant de créer des versions dérivées (forks), même non libres.
Il existe de nombreuses versions dérivées de PostgreSQL, et ce dès les années 1990, avec par exemple Illustra. Ces versions visent souvent des cas d’utilisation très spécifiques, avec des fonctionnalités non proposées par PostgreSQL, ou sont optimisées pour un environnement matériel ou cloud précis. Leur code est souvent fermé et nécessite l’acquisition d’une licence payante.
Modifier le code de PostgreSQL a plusieurs conséquences négatives. Certaines fonctionnalités peuvent être désactivées. Il est donc difficile de savoir ce qui est réellement utilisable. De plus, chaque nouvelle version mineure demande une adaptation de leur ajout de code. Chaque nouvelle version majeure demande une adaptation encore plus importante de leur code. C’est un énorme travail, qui n’apporte généralement pas suffisamment de plus-value à la société éditrice pour qu’elle le réalise. La seule société qui le fait de façon complète est EnterpriseDB, qui arrive à proposer des mises à jour régulièrement. Par contre, Greenplum, un dérivé « massivement parallèle » de PostgreSQL destiné aux data warehouses, est resté bloqué pendant un bon moment sur la version 8.0, puis l’éditeur a voulu corriger cela. Fin 2021, Greenplum 6.8 était au niveau de la version 9.4 de PostgreSQL, version déjà obsolète depuis plus de deux ans. En 2023, Greenplum 7 était toujours basé sur PostgreSQL 12.12 (PostgreSQL 15 était sorti). Depuis le rachat de VMWare par Broadcom en 2024, le dépôt n’est plus public…
Rien ne garantit la pérennité du fork. Par exemple, il a existé sous Windows lorsque PostgreSQL n’y était pas encore disponible en natif : ces forks ont majoritairement disparu lors de l’arrivée de la version 8.0, qui supportait officiellement Windows.
Quelques forks ont été créés pour gérer la réplication. Là aussi, la plupart ont été abandonnés (et leurs clients avec) quand la version 9.0 de PostgreSQL est sortie.
Il faut donc bien comprendre qu’à partir du moment où un utilisateur choisit une version dérivée, il dépend fortement (voire uniquement) de la bonne volonté de la société éditrice pour maintenir son produit, le mettre à jour avec les dernières corrections et les dernières nouveautés de la version officielle, et le rendre compatible avec la myriade d’extensions existantes. Pour éviter ce problème, certaines sociétés ont décidé de transformer leur fork en une extension. C’est beaucoup plus simple à maintenir et n’enferme pas leurs utilisateurs. C’est le cas par exemple de citusdata (racheté par Microsoft) pour son extension de sharding. TimescaleDB propose une extension spécialisée dans les séries temporelles. pg_logical est une extension de 2ndQuadrant, toujours maintenue, offrant la réplication logique bien avant que PostgreSQL n’en soit capable.
Parmi les forks dédiés aux entrepôts de données, les plus connus historiquement sont Greenplum (à présent Tanzu Greenplum) et Netezza (racheté par IBM). Autant Greenplum a tenté de se raccrocher au PostgreSQL officiel toutes les quelques années, autant ce n’est pas le cas de Netezza, forké à partir de PostgreSQL 7.2 et optimisé pour du matériel dédié.
Amazon, avec notamment les versions Redshift ou Aurora, a modifié profondément son dérivé de PostgreSQL pour l’intégrer à son infrastructure, mais ne diffuse pas ses modifications. Même si certaines incompatibilités sont listées, il est très difficile de savoir où ils en sont et l’impact qu’a leurs modifications.
Neon est un autre fork ayant réécrit la couche de stockage et permettant de dupliquer des bases rapidement, notamment à l’usage des développeurs.
EDB Postgres Advanced Server est une distribution PostgreSQL d’EnterpriseDB. Elle permet de faciliter la migration depuis Oracle. Son code est propriétaire et soumis à une licence payante. Certaines fonctionnalités finissent par atterrir dans le code du PostgreSQL officiel, si EnterpriseDB le souhaite. Même si EDB est le plus gros contributeur à PostgreSQL, la communauté doit valider l’intérêt et l’intégration.
Supabase est un exemple de société intégrant PostgreSQL dans une plateforme plus vaste pour du développement web.
BDR, anciennement de 2nd Quadrant, maintenant EnterpriseDB, est un dérivé visant à fournir une version multimaître de PostgreSQL, mais le code a été refermé dans les dernières versions. Il est très difficile de savoir où ils en sont. Son utilisation implique de prendre un contrat de support.
La société russe Postgres Pro, tout comme EnterpriseDB, propose diverses fonctionnalités dans sa version propre, tout en proposant souvent leur inclusion dans la version officielle — ce qui n’est pas automatique.
Face au leadership de PostgreSQL, une tendance récente pour certaines bases de données est de se revendiquer « compatibles PostgreSQL », par exemple YugabyteDB. Certains éditeurs de solutions de bases de données distribuées propriétaires disent que leur produit peut remplacer PostgreSQL sans modification de code côté application. Il convient de rester critique et prudent face à cette affirmation, car ces produits n’ont en fait rien à voir avec PosgreSQL. Leurs évolutions n’intégreront sans doute jamais PostgreSQL.
(Cet historique provient en partie de la liste exhaustive des forks, ainsi de que cette conférence de Josh Berkus de 2009 et des références en bibliographie.)
Sauf cas très précis, il est recommandé d’utiliser la version officielle, libre et gratuite de PostgreSQL. Vous savez exactement ce qu’elle propose et vous choisissez librement vos partenaires (pour les formations, pour le support, pour les audits, etc). Vous profitez aussi de tous les outils de l’écosystème.
La solution d’orchestration Kubernetes est de plus en plus présente dans le paysage technologie des sociétés. Un changement de paradigme est semble-t-il en train de s’opérer. Faut-il avoir peur de déployer PostgreSQL dans Kubernetes ?
Différents sujets seront abordés pour introduire l’opérateur CloudNativePG (historique, développement, CNCF, …) tout en rappelant le contexte et les évolutions des pratiques quant au déploiement de PostgreSQL.
Historiquement, le déploiement d’instances PostgreSQL ou tout autre
système de gestion de bases de données (SGBD) en général, dans
Kubernetes, peut sembler tout sauf évident, voire même contre-intuitif.
Cependant, l’évolution de Kubernetes, avec l’apparition des
StatefulSet, et surtout des opérateurs, offrent aujourd’hui
des solutions viables pour le déploiement de bases de données.
Kubernetes est une plateforme qui permet d’orchestrer le déploiement de nombreuses applications sous la forme de conteneurs. Cette plateforme, initialement imaginée pour des applications dites Stateless (sans état), est devenue petit à petit une pierre angulaire de l’infrastructure informatique de nombreuses sociétés. Particulièrement appréciée des développeurs, cette solution se voit être de plus en plus utilisée pour héberger des applications de type bases de données, qu’elles soient relationnelles ou non.
La simplification des déploiements et les fonctionnalités proposées vont de pair avec une couche d’abstraction et de complexité supplémentaire : ici les opérateurs Kubernetes pour PostgreSQL. Un juste équilibre entre services rendus et efforts demandés est à trouver.
L’évolution des technologies dans les services informatiques, l’adoption de cette technologie et les fonctionnalités avancées qu’elle offre en ont fait une brique essentielle de nombreuses d’entreprises. Le déploiement de bases de données dans Kubernetes n’était finalement qu’une question de temps avant que cela n’arrive. PostgreSQL n’y a pas échappé.
L’adoption massive de Kubernetes ouvre de nombreuse opportunités pour PostgreSQL.
L’adoption de Kubernetes, pour des charges applicatives dites de données, est avérée. C’est notamment ce que l’on peut lire dans le rapport annuel de Data on Kubernetes.
Il est légitime de se poser la question d’un possible effet de mode quant au déploiement de PostgreSQL dans Kubernetes. Pour certains, ce n’est rien que moins que l’avenir de PostgreSQL. Pour d’autres, la surcouche qu’impose Kubernetes et la complexité apparente, ne répondent finalement qu’à très peu de cas d’usage.
C’est pour cela que nous nous efforçons, chez Dalibo, de requestionner le besoin initial. Si vous devez déployer des instances PostgreSQL à la demande pour vos équipes ou clients, Kubernetes répondra probablement à vos besoins. Si vos équipes métiers ne se reposent que sur une poignée d’instances PostgreSQL, des déploiements plus “manuels” suffiront.
Les compétences internes de vos équipes orienteront également votre choix de technologie.
Maintenant que la thématique du déploiement de PostgreSQL dans Kubernetes a été évoquée (elle aura probablement déjà soulevé beaucoup de questions), attardons-nous sur ce que cela implique concrètement. Les prochains paragraphes donnent quelques exemples et l’intérêt d’utiliser un opérateur.
L’installation de PostgreSQL, où que ce soit, nécessite en premier lieu de récupérer les binaires. Sur serveur physique, ou machine virtuelle, la manière la plus simple est de récupérer les paquets communautaires mises à disposition par le PostgreSQL Global Development Group (PGDG).
Dans un environnement conteneurisé, il est d’abord nécessaire de récupérer, ou de créer, une image qui contient PostgreSQL dans une version souhaitée. Des outils complémentaires peuvent également être inclus dans cette image. Une fois construite, l’image peut être réutilisée.
Une image de PostgreSQL, maintenue par la communauté, existe sur DockerHub et vous permet de déployer PostgreSQL en conteneur.
C’est la première étape obligatoire avant de passer sur Kubernetes.
L’image précédemment créée peut être utilisée pour déployer
PostgreSQL dans Kubernetes. Dans cet environnement, la ressource de base
s’appelle un Pod. Elle contient un ou plusieurs conteneurs,
des ressources (RAM, CPU, …) lui ont été attribuées, une adresse IP lui
est réservée, etc…
D’autres ressources de base de Kubernetes sont nécessaires, et en
premier lieu, un espace de stockage. Nos données doivent être persistées
dans le système de stockage attenant à Kubernetes :
Persistent Volume, Persistent Volume Claim,
Storage Class sont les objets à manipuler pour y
parvenir.
L’accessibilité au sein du cluster Kubernetes nécessite
d’autres objets comme les Services. Nous verront leur
importance, notamment lorsqu’il sera question de bascule automatique
PostgreSQL.
D’autres ressources pourraient être évoquées (Secret,
ConfigMap, …). C’est l’association de ces ressources
basiques de Kubernetes qui permettent d’exploiter PostgreSQL.
Si d’autres instances PostgreSQL doivent être déployées, il suffit de recréer ces mêmes ressources de base. Il va sans dire qu’un suivi des nouvelles fonctionnalités de Kubernetes ainsi que la question du passage à l’échelle vont vite s’imposer à vous. Recréer «manuellement» ces objets serait un travail bien trop fastidieux.
Des outils de templating comme Helm Chart, ou Kustomize, permettent de réutiliser un ensemble d’objets très facilement. La question du passage à l’échelle peut-être résolu grâce à ce genre d’outils.
Les Helm Chart aident beaucoup, mais qu’en est-il des spécificités liées à PostgreSQL notamment concernant la partie automatisation ?
Déployer des instances PostgreSQL conteneurisées est relativement simple dès lors qu’une image est disponible. Le déploiement d’une instance primaire avec la configuration par défaut est plus qu’aisée.
Si de la configuration d’instance doit être faite, il faut l’anticiper. Par exemple, embarquer des fichiers pré-configurés peut répondre à ce besoin. L’utilisation de variables d’environnement pourrait également convenir. Cependant, comment reconfigurer une instance dynamiquement ? Comment gérer les redémarrages ou rechargements pour la prise en compte des nouvelles valeurs ?
Toutes ces questions sont d’autant plus cruciales, que les sujets sont techniquement pointus :
Pod
?La liste de tous les cas à prendre en compte serait bien longue …
Heureusement pour nous, les opérateurs sont là pour ça. Ils permettent de gérer des ressources demandant une attention particulière dans Kubernetes.
Tout ce qui a été évoqué jusqu’à maintenant laisse penser que la gestion de bases de données dans Kubernetes n’est pas si triviale. Et c’est bien le cas. La solution idéale devrait être capable de créer des ressources Kubernetes qui soient adaptées aux instances PostgreSQL, tout en ayant conscience des spécificités de PostgreSQL.
Dans le monde Kubernetes, la gestion des applications complexes peut vite devenir difficile, consommatrice de temps et d’énergie pour vos équipes. Une solution existe dans Kubernetes : les opérateurs !
Il existe des opérateurs pour à peut-prêt tout. Plus de 400 opérateurs sont référencés sur OperatorHub. C’est un concept important du paysage Kubernetes.
Un opérateur apporte de nombreuses fonctionnalités et est spécifique à un type de ressource. Un peu à l’instar des extensions dans PostgreSQL, les opérateurs permettent d’étendre les fonctionnalités de Kubernetes en gérant tout le cycle de vie d’une application complexe.
Dans le cas de PostgreSQL, ils nous aident, par exemple :
Un opérateur peut se découper en deux parties. La première correspond
aux nouvelles ressources qui seront disponibles dans votre
cluster Kubernetes. Il s’agit de
Custom Resource Definitions qui étendent l’API Kubernetes
de base. Voici par exemple celles qu’apporte CloudNativePG. Leurs noms
sont plus qu’évocateurs (Backup, Database,
Cluster, …). Nous reviendrons sur elles par la suite.
kubectl api-resources --api-group postgresql.cnpg.io
NAME SHORTNAMES APIVERSION NAMESPACED KIND
backups postgresql.cnpg.io/v1 true Backup
clusterimagecatalogs postgresql.cnpg.io/v1 false ClusterImageCatalog
clusters postgresql.cnpg.io/v1 true Cluster
databases postgresql.cnpg.io/v1 true Database
failoverquorums postgresql.cnpg.io/v1 true FailoverQuorum
imagecatalogs postgresql.cnpg.io/v1 true ImageCatalog
poolers postgresql.cnpg.io/v1 true Pooler
publications postgresql.cnpg.io/v1 true Publication
scheduledbackups postgresql.cnpg.io/v1 true ScheduledBackup
subscriptions postgresql.cnpg.io/v1 true Subscription
L’autre élément, le controller : le cerveau de
l’histoire. Ce n’est ni plus ni moins que le code de l’opérateur, son
intelligence. Il embarque un ensemble de fonctions pour créer et gérer
convenablement notre application, ici PostgreSQL. Il est présent dans le
cluster Kubernetes sous la forme d’un Pod.
Son rôle est de s’assurer du bon déploiement des ressources ainsi que
du bon fonctionnement de celles-ci. Selon ce que nous demanderons, selon
les évènements qui auront lieu sur le cluster Kubernetes, il
sera en capacité de mener des actions plus complexes (recréation d’un
Pod, bascule automatique, etc).
Attention, il est ici bien question d’un fonctionnement global de l’instance et non pas la garantie de performances optimales ou d’optimisations automatiques.
Le principe de la gestion déclarative est de décrire ce que l’on souhaite (une instance PostgreSQL, une sauvegarde, une base de données, etc) et de laisser le système, en l’occurrence Kubernetes et l’opérateur CloudNativePG, faire le travail de déploiement pour nous.
Leurs rôles est de faire en sorte que l’état d’une ressource corresponde toujours à l’état désiré (i.e défini dans le fichier YAML). C’est ce qui est appelé une boucle de réconciliation. L’opérateur suit les changements, voulus ou exceptionnels, qui ont lieu sur la ressource en question et réagira en conséquence.
Les opérateurs existants ont chacun leurs spécificités et
particularités. Le site operatorhub
liste les principaux opérateurs qui existent.
Leur maturité est différente, allant du niveau 1, correspondant à des opérateurs facilitant l’installation et la configuration, jusqu’au niveau 5 où un opérateur se doit de pouvoir faire face à des situations plus complexes (auto-healing, bascule automatique, …). Voir à ce propos le site Operator Framework qui explique les différents niveaux existants.
Le premier opérateur qui a vu le jour est celui de Zalando. Il a été écrit pour répondre à un des besoins de leurs équipes de développeurs. Ils voulaient un outil leur permettant de déployer facilement des instances PostgreSQL sans pour autant passer par des cloud providers et en changeant un outil web interne devant obsolète qui était utilisé jusqu’à présent. Le cas d’usage d’instances de tests ou jetables était présent. Kubernetes pouvait répondre à ce besoin mais nécessitait un outil spécifique pour gérer le déploiement et la configuration des instances.
Chacun de ces opérateurs à des spécificités propres dans différents
domaines. Par exemple, l’ajout d’une nouvelle extension PostgreSQL est
gérée différemment selon l’opérateur. La plupart imposent qu’elles
soient présentes dans l’image de conteneur utilisée, d’autres mettent en
place des mécanismes pour en rajouter à chaud. Les licences de
publication des opérateurs et des images sont elles aussi différentes
(MIT, Apache 2.0, GNU AGPLv3, …). L’opérateur CloudNativePG se repose
uniquement sur l’API de Kubernetes pour gérer la haute disponibilité et
la bascule automatique en cas de panne. Les autres embarquent l’outil
Patroni dans les images. Enfin, les outils de sauvegardes
physiques varient. Barman ou pgBackRest restent tout de même
principalement utilisés.
CloudNativePG is a comprehensive platform designed to seamlessly manage PostgreSQL databases within Kubernetes environments, covering the entire operational lifecycle from initial deployment to ongoing maintenance.
Le projet a été initialement développé par la société 2ndQuadrant en 2019. La société a été rachetée par EnterpriseDB (EDB) en 2020. Le développement de cet opérateur a continué en interne avant que le projet ne soit rendu Open Source en 2022.
La gouvernance du projet se rapproche de celle de PostgreSQL avec une core team et l’ouverture à la contribution communautaire. L’intégration d’un nouveau mainteneur est soumise au vote des mainteneurs actuels du projet.
Le projet est bien engagé dans une démarche communautaire et Open Source avec notamment l’acceptation du projet au programme Sandbox de la Cloud Native Computing Foundation en janvier 2025. Une démarche est en cours depuis novembre 2025 pour être accepté au programme Incubation. Le projet est sous licence Apache 2.0.
La documentation du projet est particulièrement claire et fournie.
Différents opérateurs existent et ont leurs projets sur Github (que ce soit leur vrai dépôt ou un miroir de celui‑ci). Chaque utilisateur sur Github a la possibilité de marquer un projet comme intéressant en lui attribuant une étoile.
Il est donc possible de connaître l’attrait de chaque projet. Le graphique présenté montre l’évolution au fil des années de l’attrait des cinq opérateurs les plus connus. CloudNativePG est celui qui connaît la courbe d’adoption la plus spectaculaire.
D’une manière générale, si vous souhaitez déployer des instances PostgreSQL dans Kubernetes, nous vous recommandons d’utiliser un opérateur, quel qu’il soit. Les opérateurs sont spécialisés dans la gestion d’instances PostgreSQL. Nous déconseillons vivement le déploiement de conteneurs PostgreSQL sans opérateur, d’autant plus pour de la production.
Les fonctionnalités de CloudNativePG sont nombreuses. Il vous permet de gérer de manière déclarative un ensemble d’éléments PostgreSQL (bases, rôles, tablespaces…). Ils seront détaillés dans la suite du module.
Le déploiement d’instances, qu’elles soient primaires ou secondaires est très nettement facilité par l’opérateur : l’utilisateur de réplication est créé automatiquement, le déploiement d’un secondaire se fait en modifiant un seul champ dans la définition YAML, un slot de réplication est automatiquement créé pour protéger la réplication.
L’archivage des journaux de transactions est également supportée
nativement par l’opérateur. Le paramètre archive_command
est positionné par défaut.
Les sauvegardes PITR sont supportées nativement et faites,
par défaut, via le plugin Barman Cloud sur des
stockages “cloud” (S3, GCP, Azure Blob).
La haute disponibilité est nativement supportée et gérée par
l’intermédiaire des objets Services de Kubernetes et une
utilisation astucieuse des Labels (un article de
blog a d’ailleurs été écrit à ce sujet).
Toutes ces fonctionnalités sont très alléchantes, il n’en reste pas moins que de nombreux changements surviennent en déployant PostgreSQL sur une infrastructure conteneurisée comme Kubernetes. Un certain temps doit être alloué à l’étude de cette migration d’infrastructure tant les sujets impactés sont variés et importants : système de stockage, extensions PostgreSQL, images utilisées, accessibilité des instances, récupération des traces…
Des changements d’habitudes de travail auront nécessairement lieu et impliqueront également un accompagnement des équipes DBAs.
Le PostgreSQL Global Development Group supporte chaque version majeure pendant une durée minimale de 5 ans. Par exemple, n’est plus supportée la version 13 depuis novembre 2025. Il n’y aura pour elle plus aucune mise à jour mineure, donc plus de correction de bug ou de faille de sécurité. Le support de la dernière version majeure, la 18, devrait durer jusqu’en 2030. Sur une année, il y a donc cinq versions de PostgreSQL simultanément supportées.
Cette politique de support de version est suivie par le projet CloudNativePG. L’opérateur permet de déployer uniquement des versions de PostgreSQL qui sont supportées par le PGDG.
En ce qui concerne les versions de l’opérateur, deux versions sont supportées simultanément. Actuellement ce sont les versions 1.29 et 1.30. Chaque version est également supportée pour des versions spécifiques de Kubernetes.
La fréquence de montée de version sera donc plus élevée que d’habitude comme l’opérateur doit être mis à jour fréquemment. La durée de vie d’une version de CloudNativePG est de 6 mois.
N’hésitez pas à regarder la documentation à ce sujet : [Supported releases]https://cloudnative-pg.io/docs/current/supported_releases).
Il vous sera important d’avoir des créneaux de maintenance pour effectuer ces montées de versions.
Cette image montre, sur l’année 2026, les différentes sorties des outils PostgreSQL, CloudNativePG et Kubernetes, et illustre en partie les propos du précédent paragraphe.
La gestion des versions est à prendre au sérieux.
Il est nécessaire de distinguer deux types d’images.
La première concerne l’opérateur CloudNativePG qui est une brique
logicielle, développée en Go, et qui est mise à disposition sous forme
d’image par l’équipe en charge du projet. Par défaut, l’image utilisée
est cloudnative-pg:1.30.0. Elle se trouve sur la
registry de Github (ghcr.io) associée au projet
CloudNativePG.
L’opérateur va se charger de déployer PostgreSQL pour nous. Ces déploiements se font à partir d’images également fournies par le projet. Elles se trouvent également sur cette même registry.
Les images utilisées pour déployer PostgreSQL reposent sur une image
fournie quant à elle par le projet Debian. Le Dockerfile nous
permet de voir que PostgreSQL est installé depuis le dépôt du
PGDG. Deux versions existent : minimal et
standard. La dernière version contient notamment les
extensions PGAudit ou encore pgvector.
Une récente refonte de la chaîne de fabrication des images a été
faite (août 2025). Parmi les choses à retenir, il faut savoir que les
images sont reconstruites tous les lundis pour garantir que les
correctifs de bugs ou de sécurité système soit bien appliqués. Chaque
nouvelle image se voit taggée avec un timestamp, par exemple :
16.10-202509090953-minimal-trixie.
D’autres tags valides ressemblent par exemple à
17.7-minimal-trixie ou 17.7-standard-trixie.
Ils pointent sur la dernière version de l’image (générée donc le lundi)
qui contient PostgreSQL en version 17.7 sur une Debian
trixie.
Il vous est également possible de créer vos propres images et de les
utiliser avec CloudNativePG. Certains pré-requis sont nécessaires comme
par exemple la présence dans le PATH des outils
initdb, pg_ctl et d’exécutables Barman Cloud.
Tous les pré-requis sont listés dans la documentation.
Si vous lisez ces lignes ou si vous êtes présents pour cette formation, il est probable que vous connaissiez déjà PostgreSQL. Avec plus de 30 ans d’existence, il n’est plus nécessaire de le présenter tant il fait partie du paysage des systèmes d’information.
Le monde PostgreSQL rencontre le monde Kubernetes grâce aux opérateurs et notamment CloudNativePG qui est celui le plus en vogue actuellement. Cet engouement ne fait que commencer. CloudNativePG s’impose comme l’opérateur de référence pour déployer PostgreSQL dans Kubernetes.
Les fonctionnalités fournies par CloudNativePG sont nombreuses et attrayantes. Il n’empêche que des changements seront à prévoir dans votre utilisation de PostgreSQL, dans vos outils ou vos habitudes de travail. Nous aurons le temps d’aborder tous ces sujets avec tous les modules qui suivent.
La trace se retrouve encore dans le nom de la librairie C pour les clients, la libpq.↩︎