Dalibo SCOP
| Formation | Module I4 |
| Titre | Sauvegarde PITR avec pgBackRest |
| Révision | 26.09 |
| https://dali.bo/i4_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/i4_epub |
| HTML | https://dali.bo/i4_html |
| Slides | https://dali.bo/i4_slides |
| TP | https://dali.bo/i4_tp |
| TP (solutions) | https://dali.bo/i4_solutions |
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Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
pgBackRest est un outil de gestion de sauvegardes PITR écrit en C, par David Steele. Le code source est sous licence MIT.
Il met l’accent sur les performances avec de gros volumes et les fonctionnalités, au prix d’une complexité à la configuration :
pg_wal ;pgBackRest n’utilise pas pg_receivewal pour garantir la
sauvegarde du dernier journal (non terminé) avant un sinistre. Les
auteurs considèrent que dans ce cas un secondaire synchrone est plus
adapté et plus fiable.
Le projet est très actif et considéré comme fiable, et les fonctionnalités proposées sont intéressantes.
Pour la supervision de l’outil, une sonde Nagios est fournie par un des développeurs : check_pgbackrest.
pgBackRest gère uniquement des sauvegardes physiques.
La technique utilisée pour la sauvegarde repose sur le mécanisme
interne standard et historique : pg_backup_start(), puis
copie des fichiers, puis pg_backup_stop() (et non sur
pg_basebackup) avec de nombreux contrôles et
optimisations.
L’archivage des journaux se fait bien sûr en permanence et utilise le
paramètre classique archive_command.
La sauvegarde s’effectue soit en local (push), soit vers un serveur distant (push)
Dans le cas du push, la cible est :
La planification des sauvegardes peut être faite par n’importe quel
outil de planification de tâches, le plus connu étant
cron.
La sauvegarde (ordre pgbackrest backup), la restauration
(pgbackrest restore), et l’archivage
(pgbackrest archive-push dans
l’archive-command) se font depuis le serveur PostgreSQL, en
général le primaire.
Dans le cas du pull, la cible est un serveur de sauvegarde séparé.
La configuration des accès doit être faite dans les deux sens entre le serveur PostgreSQL et ce serveur de sauvegarde, que ce soit en SSH ou en TLS.
Les sauvegardes (ordre pgbackrest backup) s’effectuent
depuis ce serveur de sauvegarde. La planification des sauvegardes peut
être faite par n’importe quel outil de planification de tâches, le plus
connu étant cron.
L’archivage (pgbackrest archive-push dans
l’archive-command) continue de se faire en mode
push depuis le primaire PostgreSQL généralement.
La restauration (pgbackrest restore) s’effectue toujours
sur le serveur PostgreSQL à restaurer.
La restauration d’une sauvegarde peut se faire soit localement, si les sauvegardes sont stockées en local, soit à distance. Dans ce dernier cas, les données à restaurer sont récupérées via S3, SSH… selon le dépôt.
Si l’on remonte assez loin dans le temps, pgBackRest sait
généralement repérer la sauvegarde à réinstaller. Il modifie le fichier
postgresql.auto.conf, en paramètrant notamment la
restore-command. La restore_command est
également un appel à pgBackRest (ordre
pgbackrest archive-get).
Par défaut, pgBackRest prévoit de restaurer tous les journaux qu’il a archivé. Mais comme dans toute sauvegarde PITR, plusieurs types de points dans le temps peuvent être utilisés comme cible de restauration :
pg_create_restore_point(), par exemple avant un batch de
nuit ou une migration.pgBackRest est disponible sur le dépôt communautaire maintenu par la communauté PostgreSQL pour les systèmes d’exploitation disposant des gestionnaires de paquets au format deb (Debian, Ubuntu…) ou rpm (Red Hat, Rocky Linux, CentOS, Fedora…).
Il est recommandé de manière générale de privilégier une installation à partir de ces paquets plutôt que par les sources, essentiellement pour des raisons de maintenance.
pgBackRest doit être installé :
Un inconvénient de l’outil est que les fichiers de configuration sont indépendants entre les différentes machines.
Ils n’ont pas à être strictement identiques, même si c’est conseillé. C’est au DBA de conserver synchrones les parties importantes.
Il est impératif que les versions de pgBackRest soient les mêmes sur toutes les machines. Sinon, pgBackRest tombera en erreur.
Si un serveur de sauvegardes est utilisé, la mise à jour de sa version de pgBackRest implique donc la mise à jour de l’outil sur les serveurs PostgreSQL, sauf à gérer soi-même plusieurs versions différentes sans les paquets, ce qui n’est pas conseillé.
Les mises à jour de pgBackRest sont assez fréquentes (tous les deux ou trois mois au moins), sans calendrier prévisionnel. Elles apportent parfois des fonctionnalités, et corrigent des bugs. L’application rapide des nouvelles versions est généralement conseillée.
pgBackRest n’a qu’un seul exécutable. Il possède différentes commandes en argument selon l’action voulue : archivage ou restauration de journaux, sauvegardes, restauration, expiration de sauvegardes, vérifications, gestion des dépôts des stanzas, etc…
Ces différentes commandes seront détaillées ultérieurement.
Pour désigner les instances à sauvegarder, pgBackRest repose sur la notion de « stanza ». Il s’agit de la configuration comprenant une instance PostgreSQL avec ses différentes bases de données (cluster en terminologie PostgreSQL), réparties sur plusieurs serveurs primaire et secondaires (cluster au sens de « grappe »).
La stanza est l’unité de sauvegarde et restauration de pgBackRest. Une stanza est définie par son nom et ses accès à PostgreSQL (connexion, chemin des fichiers).
Un serveur primaire et ses secondaires abritent en général une seule stanza, avec le même nom de stanza dans leurs fichier de configuration, puisque l’instance primaire peut basculer ou être restaurée ou copiée sur n’importe lequel de ces serveurs. Les différentes bases de données d’une instance sont bien sûr dans la même stanza, et sont archivées, sauvegardées et restaurées ensemble.
S’il y a des serveurs secondaires, ne créez qu’une seule stanza pour le primaire et ses secondaires.
S’il y a plusieurs instances sur un serveur, il faut leur créer des stanzas séparées.
Le nom de la stanza est important et doit être significatif car il sera utilisé lors des tâches d’exploitation pour identifier le cluster cible.
Ne nommez pas une stanza d’après le nom du serveur hébergeant le
primaire, mais plutôt selon le nom fonctionnel de l’instance :
erp_prod, dwh_europe… Le numéro de version de
PostgreSQL est à proscrire car une stanza peut être conservée après une
migration majeure.
On ne peut pas renommer une stanza après sa création.
Une instance PostgreSQL restaurée physiquement depuis sa sauvegarde peut continuer à sauvegarder et archiver ses journaux dans la même stanza. Les mécanismes de PostgreSQL s’occupent de gérer les timelines dans un même dépôt.
Un serveur de sauvegardes peut héberger plusieurs stanzas, de versions majeures différentes. Chacune doit être déclarée dans la configuration de pgBackRest sur le serveur. Chaque stanza a ses répertoires de données, et doit être sauvegardée/purgée séparément.
Le fichier de configuration est de type INI. pgBackRest le cherche
dans /etc/pgbackrest/pgbackrest.conf ; à défaut il regarde
aussi /etc/pgbackrest.conf. On peut préciser un autre
chemin avec --config=….
Pour faciliter la maintenance et la lisibilité, la configuration peut
être éclatée dans des fichiers *.conf dans
/etc/pgbackrest/conf.d, ou un autre chemin à préciser par
--config-include-path.
La section [global] liste les paramètres de
configuration globaux.
Les stanzas suivent, chacune dans une section à son nom. Il n’y en aura en général qu’une sur un serveur PostgreSQL, mais plusieurs sur un serveur de sauvegardes.
Elles peuvent surcharger certains des paramètres précédents.
Exemple de début de configuration sur un serveur hébergeant 3 instances à sauvegarder :
[global]
repo1-path=/mnt/backups/
repo1-retention-full=3
repo1-retention-diff=1
process-max=4
[erp_prod]
pg1-path=/var/lib/pgsql/15/erp
pg1-port=5432
[crm_prod]
pg1-path=/var/lib/pgsql/18/crm
pg1-port=5433
[referentiel]
pg1-path=/var/lib/pgsql/18/ref
pg1-port=5434
repo1-retention-full=10Nous verrons que l’on peut ajouter des sections dédiées à une
fonctionnalité, notamment [global:archive-push],
[global:archive-get] pour adapter la configuration de
l’archivage et de la récupération des journaux.
pgBackRest permet aussi de surcharger en ligne de commande. Par
exemple, si la configuration contient start-fast=y, il est
possible de changer cette valeur en l’ajoutant à la ligne de commande
ainsi :
pgbackrest --stanza=demo backup --start-fast=nDans les traces de pgBackRest (ou de PostgreSQL pour l’archivage), on trouvera souvent toutes les options utilisées. Par exemple pour une commande d’archivage, dans les traces de pgBackRest :
-------------------PROCESS START-------------------
2026-08-25 14:22:42.960 P00 INFO: archive-push:async command begin 2.59.1: [/var/lib/postgresql/17/main/pg_wal] --archive-async --archive-push-queue-max=10GB --compress-level=1 --compress-type=zst --exec-id=2713036-a79b88a0 --log-level-console=off --log-level-file=detail --log-level-stderr=off --log-path=/var/log/pgbackrest --pg1-path=/var/lib/postgresql/17/main --process-max=3 --repo1-host=srvbak1 --repo2-host=srvbak2 --repo1-host-config=/etc/pgbackrest/pgbackrest.conf --repo1-host-type=ssh --repo2-host-type=ssh --repo1-host-user=postgres --repo2-host-user=postgres --repo2-path=/home/postgres_backups/depot2 --spool-path=/var/spool/pgbackrest --stanza=prodComme d’habitude, il est nécessaire d’activer l’archivage des
journaux de transactions en positionnant le paramètre
archive_mode à on. wal_level (le
niveau d’enregistrement d’informations dans les journaux de
transactions) est normalement déjà au moins à replica (il
ne doit pas être à minimal).
La commande d’archivage est fournie par pgBackRest, et n’a généralement besoin que de la stanza :
archive_command = '/usr/bin/pgbackrest --stanza=erp_prod archive-push %p'Au besoin ajouter
--config=/chemin/vers/pgbackrest.conf.
Comme pgBackRest n’archive que des journaux complets, il vaut mieux
penser à mettre un archive_timeout adapté au RPO accepté,
pour forcer un archivage au moins toutes les quelques minutes.
Si le RPO est nul (aucune perte de données enregistrées n’est admissible), les auteurs recommandent d’utiliser un secondaire synchrone.
De nombreux paramètres sont disponibles. Citons les principaux.
Les paramètres commençant par repo1- traitent du premier
serveur de sauvegardes (appelé dépôt de sauvegardes). S’il y en a un
deuxième, ce sera repo2-*, etc.
Dans le cas simple d’un montage en local (disque local ou NFS
notamment), repo1-path est juste le chemin où seront
stockées les sauvegardes et les journaux archivés.
Nous verrons plus loin les dépôts distants et la rétention.
Parmi les paramètres liés à un dépôt, citons par exemple
repo1-cipher-pass (passphrase à utiliser pour
chiffrer/déchiffrer le répertoire des sauvegardes).
C’est le nombre de processus maximum à utiliser pour la compression, la copie et la décompression des sauvegardes.
Pour profiter aussi du parallélisme dans l’archivage ou la
restauration des journaux, il faudra également activer le mode
asynchrone (archive-async=y).
Ce paramètre est souvent surchargé plus loin suivant la tâche ou la stanza.
log-level-console et log-level-file, par
défaut à warn et info, définissent
respectivement le niveau de traces des commandes dans le terminal et le
niveau stocké dans le fichier de traces. Il est conseillé d’être assez
verbeux (au moins info, et même detail, voire
debug).
Ci-dessus figurent les déclarations de trois dépôts différents. Il est possible d’en déclarer plusieurs, même si la plupart du temps un seul suffit.
Chaque type de dépôt possède différents paramètres décrits dans la documentation.
L’option repo1-retention-full-type permet de configurer
la politique de rétention des sauvegardes complètes. Elle peut prendre
deux valeurs :
count : nombre de sauvegardes à conserver (valeur par
défaut) ;time : nombre de jours pendant lequel on doit pouvoir
restaurer, c’est-à-dire que l’on doit avoir au moins une sauvegarde plus
vieille que ce nombre de jours.Une configuration classique pour une sauvegarde complète (full), lancée une fois par semaine, avec une rétention d’un mois, et des sauvegardes différentielles (diff) quotidiennes dont on ne veut garder que deux, est :
repo1-retention-full=4
repo1-retention-diff=2Si une cinquième sauvegarde full est faite avec succès, la plus ancienne est supprimée, avec les différentielles et incrémentales qui en dépendent.
Le maximum de deux sauvegardes différentielles est global, parmi toutes celles dépendant de sauvegardes complètes différentes. La plus ancienne est au besoin supprimée.
Voici un exemple pour illustrer le mode de rétention
time, dont le fonctionnement n’est pas très intuitif. Si
l’on dispose des trois sauvegardes complètes suivantes :
Avec une rétention de 15 jours, seule la sauvegarde F1 sera supprimée. F2 sera conservée, car il doit exister au moins une sauvegarde de plus de 15 jours pour garantir de pouvoir restaurer pendant cette période.
Par contre, la rétention pour les sauvegardes différentielles ne peut être définie qu’en nombre.
Les sauvegardes incrémentales ne peuvent avoir une rétention, car, dès qu’il y en a deux à la suite, la dernière dépend de celles d’avant.
Elles disparaissent avec les sauvegardes différentielles et complètes dont elles dépendent.
La suppression des plus anciennes sauvegardes n’a lieu qu’en cas de succès d’une nouvelle sauvegarde.
Lorsqu’une sauvegarde complète expire, toutes les sauvegardes différentielles et incrémentales qui en dépendent disparaissent également.
Les journaux devenus inutiles, car ne dépendant plus d’aucune sauvegarde, sont aussi effacés.
Pour faire de la place, on peut supprimer une sauvegarde précise
(full ou différentielle) en la précisant avec
--set (le code peut se trouver avec
pgbackrest info). L’alternative --oldest
désigne la plus vieille sauvegarde full du dépôt.
Exemples :
pgbackrest --stanza=demo --repo=1 --set=20260211-145326F expire
pgbackrest --stanza=demo --repo=1 --oldest expireDans tous les cas, pgBackRest exige de conserver au moins une sauvegarde full par dépôt.
Si le stockage des sauvegardes se fait sur un serveur tiers, pgBackRest peut accéder au dépôt par SSH depuis l’instance, pour archiver les journaux ou restaurer une sauvegarde ou les journaux.
Le serveur de sauvegardes, à l’inverse, sera celui où la sauvegarde
sera exécutée. Il aura besoin de se connecter par SSH au serveur d’où
seront copiés les fichiers de données (souvent le primaire, mais ce peut
être un secondaire). Il a également besoin d’une connexion par SSH au
serveur primaire lors d’une sauvegarde (au moins pour déclencher des
archivages et pg_backup_start()).
Il faut donc une authentification SSH par clé sans mot de passe, et un échange des clés publiques entre les différents serveurs hébergeant toutes les instances PostgreSQL des différentes stanzas et le serveur de sauvegarde.
Adapter les paramètres repo1-host* dans la configuration
de pgBackRest pour accéder au serveur :
[global]
repo1-host=serveur_depot
repo1-host-user=postgres
repo1-host-port=22
repo1-path=/depot/pgbackrest
…Il existe plusieurs
paramètres pour utiliser des certificats, ou indiquer un chemin
spécifique du binaire pgbackrest, etc.
[global]
repo1-path=/depot/pgbackrest
[nomstanza]
# accès au serveur PG
pg1-host=principal
pg1-host-port=22
pg1-host-user=postgres
# information pour une connexion à PG en local
pg1-path=/var/lib/postgresql/18/principal
pg1-port=5432
pg1-user=postgres
pg1-socket-path=/var/run/postgresqlIl existe une alternative à l’utilisation de SSH : l’activation d’un
service pgbackrest accessible par TLS sur le serveur de
sauvegarde et les serveurs PostgreSQL.
L’intérêt est de ne plus dépendre de SSH. Il n’y a plus qu’un service géré intégralement par pgBackRest.
Le paramétrage est décrit complètement dans la base de connaissance Dalibo. En résumé :
repo1-host-type=tls,
pg1-host-type=tls (et non ssh).
tls (défaut : ssh)tls-* : IP d’écoute, clients autorisés,
certificats (à générer ou faire générer) ;repo1-* et pg1-*.Chaque section [stanza], sur un serveur PostgreSQL ou un
serveur de backup définit :
pg1-path : l’emplacement du répertoire de données sur
le serveur ;pg1-port, pg1-database,
pg1-socket-path : le port, l’utilisateur ou la socket
locale pour se connecter (si pas ceux par défaut).Sur un serveur de backup, on aura aussi dans chaque
[stanza] :
pg1-host, pg1-host-port,
pg1-host-user pour les accès SSHtls.D’autres paramètres existent, par exemple pour le chemin de la configuration ou de l’exécutable.
Chaque configuration de la partie globale peut être surchargée par
stanza.
Il est également possible d’ajouter ici des
recovery-option afin de personnaliser les options du
postgresql.auto.conf qui sera généré automatiquement à la
restauration d’une sauvegarde.
La commande d’initialisation doit être lancée sur le serveur où se
situe le répertoire de stockage après que la stanza ait été
configurée dans pgbackrest.conf.
La commande check valide que pgBackRest et le paramètre
archive_command sont correctement configurés. Les commandes
pg_create_restore_point('pgBackRest Archive Check') et
pg_switch_wal() sont appelées à cet effet pour forcer
PostgreSQL à archiver un segment WAL, et pgBackRest vérifie qu’il arrive
bien dans le dépôt.
La sauvegarde est lancée depuis le serveur de sauvegarde s’il existe. Si le serveur PostgreSQL a accès à celui-ci directement (montage NFS…), on peut lancer la sauvegarde depuis celui-ci.
Exemple de sortie d’une sauvegarde complète :
$ sudo -u postgres pgbackrest --stanza=erp_prod --type=full backup |grep P00
P00 INFO: backup command begin 2.19: --log-level-console=info
--no-log-timestamp --pg1-path=/var/lib/pgsql/12/data --process-max=1
--repo1-path=/var/lib/pgsql/12/backups --repo1-retention-full=1
--stanza=erp_prod --type=full
P00 INFO: execute non-exclusive pg_start_backup() with label
"pgBackRest backup started at 2019-11-26 12:39:26":
backup begins after the next regular checkpoint completes
P00 INFO: backup start archive = 000000010000000000000005, lsn = 0/5000028
P00 INFO: full backup size = 24.2MB
P00 INFO: execute non-exclusive pg_stop_backup() and wait for all WAL
segments to archive
P00 INFO: backup stop archive = 000000010000000000000005, lsn = 0/5000100
P00 INFO: new backup label = 20191126-123926F
P00 INFO: backup command end: completed successfully
P00 INFO: expire command begin 2.19: --log-level-console=info
--no-log-timestamp --pg1-path=/var/lib/pgsql/12/data --process-max=1
--repo1-path=/var/lib/pgsql/12/backups --repo1-retention-full=1
--stanza=erp_prod --type=full
P00 INFO: expire full backup 20191126-123848F
P00 INFO: remove expired backup 20191126-123848F
P00 INFO: expire command end: completed successfullypgBackRest va alors :
pg_backup_start() ;start-fast=y), ou en
attendre un ; archive_command fonctionne) ;pg_backup_stop() ;Les sauvegardes complètes (--type=full)
sont une copie des fichiers de données. Une copie complète ne dépend
d’aucune autre.
Les sauvegardes différentielles (--type=diff) ne
contiennent que les différences par rapport à la sauvegarde commplète
précédente. Elles sont donc en général plus petites et rapides à
réaliser qu’une complète, mais chaque nouvelle sauvegarde différentielle
est plus grosse que la précédente au fur et à mesure que la dernière
complète est ancienne. Une sauvegarde différentielle disparaît si la
sauvegarde complète précédente disparaît.
Les sauvegardes incrémentales (--type=incr) ne
contiennent que les différences par rapport à la dernière sauvegarde,
quelle qu’elle soit. En général, elles seront donc plus petites que des
différentielles, mais on ne peut supprimer une sauvegarde incrémentale
sans supprimer les incrémentales suivantes, qui en dépendent.
Il est très fréquent d’effectuer une sauvegarde full le
week-end, et des diff, parfois des incr chaque
jour de la semaine. Mais les volumétries de chaque type de sauvegarde
dépendent beaucoup de la proportion de la base mise à jour chaque jour,
et si l’on met souvent à jour les mêmes données.
La commande backup se charge automatiquement de
supprimer les sauvegardes devenues obsolètes, et celles qui en
dépendent.
Quant aux journaux, ils sont archivés en permanence, donc non inclus à proprement parler dans la sauvegarde. Par défaut, tous les journaux depuis le début de la plus ancienne sauvegarde conservée sont conservés. Ils permettent de restaurer la base telle qu’à n’importe quel moment entre la fin de ce plus ancien backup et le présent. (Des options existent pour purger des journaux intermédiaires entre des backups mais nous ne conseillons pas leur utilisation.)
La sauvegarde accepte de très nombreux paramètres. Ils sont souvent
dans pgbackrest.conf sous la forme ci-dessus. Cette liste
reprend leur version en option de ligne de commande :
--archive-copy : archive les WAL dans la sauvegarde en
plus de les mettre dans le dépôt de WAL, pour garantir une sauvegarde
cohérente (option « légèrement paranoïaque » selon la documentation de
pgBackRest) ;--backup-standby : déclenche la sauvegarde depuis un
serveur secondaire, qui assumera les entrées/sorties, mais l’archivage
continuera à partir du primaire. La présence de l’instance secondaire
peut être préférée (prefer) ou requise (y)
;--no-online : fait une sauvegarde à froid ;--resume : reprend une sauvegarde précédemment arrêtée
pour une raison ou une autre en conservant les fichiers qui n’ont pas
changés (option activée par défaut, elle représente un gros avantage sur
pg_basebackup) ;--start-fast : exécute un checkpoint dès le lancement
du backup pour éviter d’attendre quelques minutes qu’il se déclenche ;
l’activer pose rarement un souci ;--archive-timeout : ce délai règle le temps pendant
lequel pgBackRest attend l’archivage des journaux nécessaires en fin de
sauvegarde, avant de tomber en erreur : en effet, le défaut de 30 s peut
être trop court si la sauvegarde a lieu à un moment où l’archivage a du
mal à suivre.Il est possible d’ajouter des annotations aux sauvegardes comme ceci :
$ sudo -u postgres pgbackrest
--stanza=erp_prod
--type=full
--annotation=desc="Premier backup"
backupL’annotation peut être observé en affichant les informations du backup set.
Exemple de sortie des commandes :
$ sudo -u postgres pgbackrest --stanza=erp_prod info
stanza: erp_prod
status: ok
cipher: none
db (current)
wal archive min/max (14): 000000030000000000000019/00000003000000000000001B
full backup: 20221026-071751F
timestamp start/stop: 2022-10-26 07:17:51 / 2022-10-26 07:17:57
wal start/stop: 00000003000000000000001B / 00000003000000000000001B
database size: 25.2MB, database backup size: 25.2MB
repo1: backup set size: 3.2MB, backup size: 3.2MB$ sudo -u postgres pgbackrest --stanza=erp_prod --set 20221026-071751F info
stanza: erp_prod
status: ok
cipher: none
db (current)
wal archive min/max (14): 000000030000000000000019/00000003000000000000001B
full backup: 20221026-071751F
timestamp start/stop: 2022-10-26 07:17:51 / 2022-10-26 07:17:57
wal start/stop: 00000003000000000000001B / 00000003000000000000001B
lsn start/stop: 0/1B000028 / 0/1B000100
database size: 25.2MB, database backup size: 25.2MB
repo1: backup set size: 3.2MB, backup size: 3.2MB
database list: postgres (13748)
annotation(s)
desc: Premier backuppgBackRest permet de maintenir plusieurs dépôts de sauvegarde simultanément.
Un intérêt est de gérer des rétentions différentes. Par exemple un dépôt local contiendra juste les dernières sauvegardes et journaux, alors qu’un deuxième dépôt sera sur un autre site plus lointain, éventuellement moins cher, et/ou une rétention supérieure.
Les propriétés des différents dépôts (type, chemin, rétention…) se
définissent avec les options repo1-path,
repo2-path, etc. Par exemple, cette configuration définit
un dépôt sur un montage NFS et un autre accessible par SSH, avec deux
rétentions différentes :
[global]
# Premier repo
repo1-path=/nfs/pgbackrest/depot1
# Second repo
repo2-host=serveursauvegardes
repo2-host-user=pgbackrest
repo2-path=/sauvegardes/pgbackrest/depot2
# Rétentions
repo1-retention-full=3
repo1-retention-diff=2
repo2-retention-full=1
repo2-retention-diff=1Désigner un dépôt particulier sur la ligne de commande se fait avec
--repo=1, par exemple. Une sauvegarde se fait toujours vers
un seul dépôt, explicitement désigné. De même pour une restauration.
Cependant, l’archivage des journaux est simultané sur tous les dépôts à la fois.
L’archivage asynchrone est fortement conseillé dans ce cas pour paralléliser les accès, et éviter qu’un dépôt lent ralentisse la diffusion sur les autres !
Les types de dépôts supportés sont ceux montés sur le serveur ou accessibles par ssh, NFS (avec la même attention aux options de montage que pour PostgreSQL), CIFS (avec des restrictions sur les liens symboliques ou le fsync), mais aussi ceux à base de buckets : S3 ou compatible, Google Cloud, et Azure Blob.
Pour les détails, voir la conférence de Stefan Fercot à la PGSession 14 de 2021 (slides).
pgBackRest permet de compresser différemment les sauvegardes complètes et les archives. Il n’est pas forcément conseillé de mélanger les algorithmes de compression comme ci-dessus, mais il est courant d’ajuster le taux de compression.
En effet, une sauvegarde effectuée la nuit sur une serveur inactif
peut prendre le temps (et les processeurs) pour compresser au maximum.
L’archivage doit être le plus rapide possible, et ne peut mobiliser
beaucoup de processeurs : le taux de compression peut se réduire dans
[global:archive-push], qui ne concerne que l’archivage.
L’algorithme et le taux idéaux pour une installation dépendent des données et des contraintes en temps et place, c’est à tester au cas par cas.
PostgreSQL archive ou restaure les journaux un par un, en appelant
l’archive_command et en attendant qu’elle ait terminé. En
cas de succès il passe au journal suivant ; sinon il retente l’appel
avec le même journal. Par défaut, pgBackRest travaille donc sur un
journal à la fois, sur sa compression puis sur sa copie.
Le mode asynchrone accélère les choses. Il s’active dans
pgbackrest.conf avec :
archive-async=ypgBackrest sauvegarde (ou restaure) alors les WAL de manière asynchrone, sans suivre l’enchaînement strict des ordres de PostgreSQL, Il tente d’archiver de manière proactive les journaux qui suivent celui en cours d’archivage, et en utilisant plusieurs processus. Quand PostgreSQL demande à archiver les journaux suivants, pgBackrest peut lui répondre instantanément que c’est fait. Cette technique permet de paralléliser compression et téléchargement (upload) des journaux, au lieu de faire l’un puis l’autre pour chaque journal.
À l’inverse, lors d’un rejeu après restauration, pgBackRest peut récupérer et décompresser plusieurs journaux simultanément. Il peut alors les fournir à PostgreSQL immédiatement quand celui-ci demande à les restaurer.
Ce système est transparent pour PostgreSQL, qui travaille toujours
journal par journal. Tout se passe dans le spool géré par
pgBackRest (spool-path). L’archivage asynchrone des
journaux ne crée que des fichiers vides dans ce répertoire, et pour la
restauration une volumétrie de quelques gigaoctets suffit en pratique
(paramètre archive-get-queue-max).
Il est possible de régler ce mécanisme, notamment en précisant le
nombre de processus dans la clause [global:archive-get]. En
effet, il vaut mieux ne pas être trop agressif sur la récupération des
journaux, car le réseau limite souvent. Deux processus qui téléchargent
et décompressent en parallèle permette déjà un très gros gain de temps
au rejeu.
La valeur de [global:archive-push] dépend du nombre de
journaux à archiver, du taux de compression demandé, du nombre de
dépôts, du nombre de processeurs disponibles, du délai tolérable pour
archiver tous les journaux lors des pointes d’activité… Il faudra
tester, et là aussi voir si le goulot d’étranglement n’est pas le
réseau.
Le paramètre archive-push-queue-max permet d’abandonner
l’archivage si le retard d’archivage dépasse le seuil indiqué. Cela
permet de ne pas saturer la partition de pg_wal/, et de
provoquer l’arrêt de l’instance.
Quand cela arrive, pgBackRest ment à PostgreSQL en lui disant que les journaux en attente sont archivés. On ne pourra donc plus restaurer à un moment postérieur à cet événement, et une sauvegarde en cours à ce moment échouera. Des serveurs secondaires en log shipping sans streaming décrocheront, car ils ne recevront jamais une partie des journaux.
Ce paramètre protège la production, mais il faudra refaire une sauvegarde (complète, différentielle ou incrémentale) le plus vite possible ! (Sinon, la prochaine sauvegarde planifiée remettra la situation d’équerre.)
Évidemment cette situation doit rester exceptionnelle, mais peut permettre de ne pas faire échouer certains gros imports, par exemple.
Il est conseillé d’utiliser la sonde check_pgbackrest pour surveiller l’apparition de « trous » qui pourraient ainsi apparaître dans la suite des journaux archivés.
« Bundling » des petits fichiers
Si une instance contient de nombreux petits fichiers (base aux
nombreuses toutes petites tables, pg_commit_ts rempli à
cause de track_commit_timestamp à on, très
nombreuses petites partitions, chacune avec des fichiers annexes…), il
est possible de les regrouper par paquets.
repo1-bundle=y
# défauts
repo1-bundle-limit=2MiB
repo-bundle-size=20MiBLes bundles ne sont pas conservés en cas de backup interrompu puis redémarré. Les fichiers doivent être re-sauvegardés lors de la relance. Bundles et hard-links ne peuvent pas être utilisés ensemble.
Cette fonctionnalité est particulièrement utile avec un stockage comme S3 où le coût de création de fichier est prohibitif.
Sauvegarde incrémentale en mode bloc
La sauvegarde incrémentale par bloc permet plus de granularité en divisant les fichiers en blocs qui peuvent être sauvegardés indépendamment. C’est particulièrement intéressant pour des fichiers avec peu de modifications, car pgBackRest ne sauvegardera que quelques blocs au lieu du fichier complet (les tables et index sont segmentés en fichiers de 1 Go). Cela permet donc d’économiser de l’espace dans le dépôt de sauvegarde et accélère les restaurations par delta.
La sauvegarde incrémentale par bloc doit être activée sur tous les types de sauvegardes : full, incrémentielle ou différentielle. Cela aura pour impact de rendre la sauvegarde full un peu plus grosse du fait de la création de fichier de cartographie des blocs. En revanche, les sauvegardes différentielles et incrémentielles suivantes pourront utiliser cette cartographie pour économiser de l’espace.
La taille du bloc pour un fichier donné est définie en fonction de l’âge et de la taille du fichier. Généralement, les fichiers les plus gros et/ou les plus anciens auront des tailles de bloc supérieures. Si un fichier est assez vieux, aucune cartographie ne sera crée.
Cette fonctionnalité nécessite le bundling et s’active ainsi :
repo1-block=y
repo1-bundle=yLa commande pgbackrest restore se lance toujours sur le
serveur où l’instance PostgreSQL doit être restaurée.
pgbackrest.conf doit y être présent et correctement
configuré, ou alors il faudra reprendre toutes les options en ligne de
commande (--repo1-path, --process-max,
etc…)
Exemple de sortie :
$ sudo -u postgres pgbackrest --stanza=erp_prod restore |grep P00
P00 INFO: restore command begin 2.19: --log-level-console=info
--no-log-timestamp --pg1-path=/var/lib/pgsql/12/data
--process-max=1 --repo1-path=/var/lib/pgsql/12/backups --stanza=erp_prod
P00 INFO: restore backup set 20191126-123926F
P00 INFO: write updated /var/lib/pgsql/12/data/postgresql.auto.conf
P00 INFO: restore global/pg_control (performed last to ensure aborted
restores cannot be started)
P00 INFO: restore command end: completed successfullyIl vaut mieux prendre l’habitude de toujours préciser
--pg1-path pour savoir ce qu’on va exactement écraser.
C’est obligatoire si on resture sur un autre serveur dans un autre
chemin.
Comme pour toute restauration PITR, pgBackRest ajoute un fichier
recovery.signal et un fichier backup_label
indiquant d’où redémarrer la restauration.
pgBackRest ajoute des lignes à la fin du
postgresql.auto.conf dans le PGDATA restauré, au moins
celle définissant la restore-command. Celle-ci appelle
pgbackrest archive-get.
L’option --delta permet de ne restaurer que les fichiers
qui seraient différents entre la sauvegarde et le répertoire de données
déjà présent sur le serveur. Elle permet de gagner beaucoup de temps
pour reprendre une restauration qui a été interrompue pour une raison ou
une autre, pour resynchroniser une instance qui a récemment
« décroché », ou pour restaurer une version de l’instance légèrement
antérieure ou postérieure. Si une restauration en delta n’est pas
possible, pgBackRest affiche un message et bascule sur une restauration
normale.
--db-exclude nombase est un gros point fort de
pgBackRest. D’habitude, une sauvegarde PITR restaure intégralement une
instance. Les paramètres
--db-exclude/--db-include permettent de
définir quelles bases restaurer et lesquelles ne pas restaurer. Les
bases négligées seront corrompues (fichiers vides) et devront être
supprimées (DROP DATABASE baseperdue).
Ne pas utiliser ces options pour restaurer votre production ! L’option ne doit servir qu’à restaurer sur une autre instance.
--archive_mode=off est une sécurité pour éviter qu’une
instance copiée de la production ne se mette à archiver vers le dépôt
d’origine si l’on oublie d’adapter la configuration avant.
La cible à restaurer peut être spécifiée avec --target,
associé à --type. Nous allons voir plus bas des
exemples.
Dans tous les cas, les options qui se trouvent dans
pgbackrest.conf et en ligne de commande se retrouvent sous
la forme de paramètres dans postgresql.auto.conf dans le
PGDATA (qui surcharge ce que peut contenir
postgresql.conf).
Par exemple, pour restaurer à une date précise sur une
timeline précise, on utilisera --type=time et
--target='…' pour l’heure.
Optionnellement, pour des cas un peu complexes où il y a eu plusieurs
bascules et rejeux dans le passé récent, on peut préciser la
timeline à suivre (--target-timeline) et la
sauvegarde à utiliser (paramètre --set, où le nom de la
sauvegarde se trouve avec pgbackrest info).
Dans postgresql.conf, on trouvera donc :
restore_command = '/usr/bin/pgbackrest --config=… --stanza=erp_prod archive-get %f "%p"'
recovery_target_time = '2020-07-16 11:07:00'
recovery_target_timeline = '1'pgBackRest va notamment reconstruire la restore_command
à partir des paramètres utilisés pour la restauration.
Avec --type=standby, on demande à pgBackRest de
paramétrer l’instance restaurée comme un nouveau secondaire, ou pour
restaurer un secondaire qui a décroché (auquel cas --delta
sert souvent).
Si le chemin du répertoire de données est différent de celui du
primaire, il faut le préciser avec pg1-path.
Un recovery.signal est créé dans l’instance restaurée
pour que l’instance sache d’entrée qu’elle est un secondaire.
En général on veut ajouter la connexion par streaming. Il
faut préciser dans pgbackrest.conf la chaîne de connexion
comme dans l’exemple ci-dessus, ou la passer en ligne de commande avec
--recovery-option=primary_conninfo='…'.
Mettre à jour pgBackRest n’implique pas de mise à jour des dépôts. La seule contrainte est de mettre à jour l’outil sur toutes les machines concernées en même temps : serveurs PostgreSQL et serveurs de sauvegarde.
Une mise à jour mineure de PostgreSQL est transparente. Les serveurs primaire et secondaire n’ont même à être sur la même version, pgBackRest ne s’en occupe pas.
Une mise à jour majeure est plus complexe. Si c’est une mise à jour
par restauration logique (pg_dump/pg_restore)
ou réplication logique, les deux versions sont des instances totalement
différentes qui doivent avoir leur propre stanza définie.
S’il s’agit d’une mise à jour avec pg_upgrade, après la
mise à jour de PostgreSQL il faut :
pgbackrest --stanza=… stanza-upgradeLes backups de l’ancienne version de PostgreSQL restent utilisables
si l’on veut revenir en arrière (préciser --set) mais bien
sûr il faudra créer une instance de la bonne version, et il ne sera pas
possible de redérouler les journaux au-delà du moment de la
migration.
Les traces de pgbackRest vont par défaut dans
/var/log/pgbackrest. Le propriétaire est
postgres.
Il y a un fichier pour chaque stanza et chaque commande. On trouvera donc par exemple ceci :
/var/log/pgbackrest/defo15-backup.log
/var/log/pgbackrest/defo15-expire.log
/var/log/pgbackrest/defo15-stanza-create.log
/var/log/pgbackrest/defo15-stanza-delete.log
/var/log/pgbackrest/defo15-start.log
/var/log/pgbackrest/defo15-stop.log
/var/log/pgbackrest/pagode17-backup.log
/var/log/pgbackrest/pagode17-expire.log
/var/log/pgbackrest/pagode17-stanza-create.log
/var/log/pgbackrest/testupg-backup.log
/var/log/pgbackrest/testupg-expire.log
/var/log/pgbackrest/TESTUPG-expire.logUne exception : les traces d’un serveur accédé par TLS vont toutes
dans le même fichier /var/log/pgbackrest/all-server.log car
c’est toujours le même processus (celui du processus serveur) qui y
écrit.
Rappelons que le niveau de verbosité est réglé par le paramètre
log-level-file (à mettre si possible à
DETAIL).
Sa puissance et ses nombreuses options font de pgBackRest l’outil préféré de sauvegarde de Dalibo.
Cette puissance induit cependant une certaine complexité, et il ne faudra donc pas hésiter à tester — y compris les restaurations bien sûr.
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/i4_solutions.
Installer pgBackRest à partir des paquets du PGDG.
En vous aidant de https://pgbackrest.org/user-guide.html#quickstart :
- configurer pgBackRest pour sauvegarder le serveur PostgreSQL en local dans
/var/lib/pgsql/backups;- le nom de la stanza sera instance_dev ;
- prévoir de ne conserver qu’une seule sauvegarde complète.
Configurer l’archivage des journaux de transactions de PostgreSQL avec pgBackRest.
Initialiser le répertoire de stockage des sauvegardes et vérifier la configuration de l’archivage.
Lancer une sauvegarde complète. Afficher les détails de cette sauvegarde.
Ajouter des données :
- ajouter une table avec 1 million de lignes ;
- forcer la rotation du journal de transaction courant (
pg_switch_wal) pour s’assurer que les dernières modifications sont archivées ;- vérifier que le journal concerné est bien dans les archives.
Simulation d’un incident : noter l’heure puis supprimer tout le contenu de la table.
Restaurer les données telles que juste avant l’incident à l’aide de pgBackRest. \ Avant de redémarrer PostgreSQL, consulter les fichiers que pgBackRest a créé ou modifié dans le PGDATA. \ Redémarrer.
Vérifier les logs et la présence des données disparues.
NB : Ce TP a été mis à jour pour PostgreSQL 17. Adapter le numéro de version dans les chemins au besoin.
Installer pgBackRest à partir des paquets du PGDG.
L’installation du paquet est triviale avec les paquets du PGDG :
# dnf install pgbackrest # Rocky Linux
# apt install pgbackrest # Debian/UbuntuEn vous aidant de https://pgbackrest.org/user-guide.html#quickstart :
- configurer pgBackRest pour sauvegarder le serveur PostgreSQL en local dans
/var/lib/pgsql/backups;- le nom de la stanza sera instance_dev ;
- prévoir de ne conserver qu’une seule sauvegarde complète.
Le ficher de configuration de pgBackRest est
/etc/pgbackrest.conf. Le modifier ainsi :
[global]
repo1-path=/var/lib/pgsql/backups
repo1-retention-full=1
[instance_dev]
# chemin de l'instance PostgreSQL
pg1-path=/var/lib/pgsql/17/data(Les chemins ci-dessus sont ceux par défaut des paquets RPM du PGDG.
Sous Debian/Ubuntu, les données sont dans
/var/lib/postgresql/17/main. Adapter les autres chemins en
fonction.)
Configurer l’archivage des journaux de transactions de PostgreSQL avec pgBackRest.
Le fichier de configuration de PostgreSQL doit être modifié au besoin ainsi.
wal_level = replica
archive_mode = on
archive_command = 'pgbackrest --stanza=instance_dev archive-push %p'Redémarrer PostgreSQL :
# systemctl restart postgresql-17Initialiser le répertoire de stockage des sauvegardes et vérifier la configuration de l’archivage.
Sous l’utilisateur postgres :
pgbackrest --stanza=instance_dev --log-level-console=info stanza-create… P00 INFO: stanza-create command begin 2.54.1: --exec-id=116151-5ba090e6 --log-level-console=info --pg1-path=/var/lib/pgsql/17/data --repo1-path=/var/lib/pgsql/backups --stanza=instance_dev
… P00 INFO: stanza-create for stanza 'instance_dev' on repo1
… P00 INFO: stanza-create command end: completed successfully (56ms)Vérifier la configuration de pgBackRest et de l’archivage :
pgbackrest --stanza=instance_dev --log-level-console=info checkpgBackRest force ainsi un archivage :
… P00 INFO: check command begin 2.54.1: --exec-id=116153-45ee6160 --log-level-console=info --pg1-path=/var/lib/pgsql/17/data --repo1-path=/var/lib/pgsql/backups --stanza=instance_dev
… P00 INFO: check repo1 configuration (primary)
… P00 INFO: check repo1 archive for WAL (primary)
… P00 INFO: WAL segment 0000000200000000000000D8 successfully archived to '/var/lib/pgsql/backups/archive/instance_dev/17-1/0000000200000000/0000000200000000000000D8-81ecb9751dd627ba196fca377e9e6d0a2aa6fd05.gz' on repo1
… P00 INFO: check command end: completed successfully (409ms)Vérifier que l’archivage fonctionne en vérifiant que ce répertoire n’est pas vide :
ls -alR /var/lib/pgsql/backups/archive/instance_dev/17-1/On peut le vérifier aussi du côté PostgreSQL :
SELECT * FROM pg_stat_archiver \gx-[ RECORD 1 ]------+------------------------------
archived_count | 4
last_archived_wal | 0000000200000000000000D8
last_archived_time | 2025-01-13 19:03:13.400874+01
failed_count | 0
last_failed_wal |
last_failed_time |
stats_reset | 2025-01-13 18:47:37.39799+01Autre méthode, regarder le nom du processus archiver,
qui contient le nom du dernier journal archivé :
$ ps faux|grep archiver
…
postgres 211745 0.0 0.1 502568 7124 ? Ss 14:14 0:00 \_ postgres: archiver last was 0000000200000000000000D8
Lancer une sauvegarde complète. Afficher les détails de cette sauvegarde.
pgbackrest --stanza=instance_dev --type=full \
--log-level-console=info backupNoter le soin avec lequel pgBackRest vérifie que l’archivage est fonctionnel avant la sauvegarde, et l’attente du dernier journal avant d’assurer que la sauvegarde est terminée :
… P00 INFO: backup command begin 2.54.1: --exec-id=116270-de7f5e35 --log-level-console=info --pg1-path=/var/lib/pgsql/17/data --repo1-path=/var/lib/pgsql/backups --repo1-retention-full=1 --stanza=instance_dev --type=full
… P00 INFO: execute non-exclusive backup start: backup begins after the next regular checkpoint completes
… P00 INFO: backup start archive = 0000000200000000000000DC, lsn = 0/DC000028
… P00 INFO: check archive for prior segment 0000000200000000000000DB
…
…
… P00 INFO: execute non-exclusive backup stop and wait for all WAL segments to archive
… P00 INFO: backup stop archive = 0000000200000000000000DC, lsn = 0/DC000158
… P00 INFO: check archive for segment(s) 0000000200000000000000DC:0000000200000000000000DC
… P00 INFO: new backup label = 20250113-190921F
… P00 INFO: full backup size = 3.5GB, file total = 1594
… P00 INFO: backup command end: completed successfully (74648ms)
… P00 INFO: expire command begin 2.54.1: --exec-id=116270-de7f5e35 --log-level-console=info --repo1-path=/var/lib/pgsql/backups --repo1-retention-full=1 --stanza=instance_dev
… P00 INFO: repo1: expire full backup 20250113-190649F
… P00 INFO: repo1: remove expired backup 20250113-190649F
… P00 INFO: repo1: 17-1 remove archive, start = 0000000200000000000000D8, stop = 0000000200000000000000DB
… P00 INFO: expire command end: completed successfully (109ms)Lister les sauvegardes :
pgbackrest --stanza=instance_dev infostanza: instance_dev
status: ok
cipher: none
db (current)
wal archive min/max (17): 0000000200000000000000DC/0000000200000000000000DC
full backup: 20250113-190921F
timestamp start/stop: 2025-01-13 19:09:21+01 / 2025-01-13 19:10:35+01
wal start/stop: 0000000200000000000000DC / 0000000200000000000000DC
database size: 3.5GB, database backup size: 3.5GB
repo1: backup set size: 197.7MB, backup size: 197.7MBAjouter des données : \ Ajouter une table avec 1 million de lignes. \ Forcer la rotation du journal de transaction courant afin de s’assurer que les dernières modifications sont archivées. \ Vérifier que le journal concerné est bien dans les archives.
La table suivante fait 35 Mo, qui seront intégralement écrits dans les journaux :
CREATE TABLE matable AS SELECT i FROM generate_series(1,1000000) i ;Pour ce test, il est possible de forcer la rotation du journal avec
pg_switch_wal. Dans la vie réelle, il y a de l’activité
dans la base et le journal sera assez vite archivé. Sans cela il
pourrait ne pas être sauvegardé.
pg_switch_wal renvoie un LSN peu lisible, comme
0/E8000180, où E8 correspond à la fin du nom
du journal. On peut ajouter pg_walfile_name() pour voir
plus clairement le nom du journal à archiver :
SELECT pg_walfile_name ( pg_switch_wal() ); pg_walfile_name
--------------------------
0000000200000000000000E8Vérifier que le journal concerné est bien dans le répertoire de
sauvegarde des archives de pgBackRest, soit dans notre exemple
/var/lib/pgsql/backups/archive/instance_dev/17-1/. La copie
devrait être ici instantanée, mais en production ça ne ne l’est pas
forcément.
Simulation d’un incident : noter l’heure puis supprimer tout le contenu de la table.
Noter l’heure exacte avant de détruire des données :
SELECT now() ; 2025-01-13 19:21:22.043403+01TRUNCATE TABLE matable;Restaurer les données telles que juste avant l’incident à l’aide de pgBackRest. \ Avant de redémarrer PostgreSQL, consulter les fichiers que pgBackRest a créé ou modifié dans le PGDATA. \ Redémarrer.
D’abord, stopper PostgreSQL (sinon pgBackRest refusera de toucher aux données) :
sudo systemctl stop postgresql-17En tant que postgres, lancer la commande de restauration avec une heure juste avant la destruction des données :
pgbackrest --stanza=instance_dev --log-level-console=info \
--delta \
--type=time \
--target="2025-01-13 19:21:22" \
--target-exclusive \
--target-action=promote \
restoreNoter déjà le mode « delta » pour accélérer la restauration, et le
type de restauration time avec une heure.
… P00 INFO: restore command begin 2.54.1: --delta --exec-id=116554-29ea7f39 --log-level-console=info --pg1-path=/var/lib/pgsql/17/data --repo1-path=/var/lib/pgsql/backups --stanza=instance_dev --target="2025-01-13 19:21:22" --target-action=promote --target-exclusive --type=time
… P00 INFO: repo1: restore backup set 20250113-190921F, recovery will start at 2025-01-13 19:09:21
… P00 INFO: remove invalid files/links/paths from '/var/lib/pgsql/17/data'
… P00 INFO: write updated /var/lib/pgsql/17/data/postgresql.auto.conf
… P00 INFO: restore global/pg_control (performed last to ensure aborted restores cannot be started)
… P00 INFO: restore size = 3.5GB, file total = 1594
… P00 INFO: restore command end: completed successfully (4909ms)La restauration du base backup est un succès, mais il va falloir rejouer les journaux archivés.
pgBackRest a créé ou modifié ces fichiers :
$ ls -alrt /var/lib/pgsql/17/data
…
…
-rw-------. 1 postgres postgres 353 13 janv. 19:15 postgresql.auto.conf
-rw-------. 1 postgres postgres 0 13 janv. 19:15 recovery.signalrecovery.signal signalera à PostgreSQL qu’il est en
mode restauration, et pas en redémarrage après un crash ;postgresql.auto.conf contient des paramètres qui vont
surcharger postgresql.conf :# Recovery settings generated by pgBackRest restore on 2025-01-13 19:15:22
restore_command = 'pgbackrest --stanza=instance_dev archive-get %f "%p"'
recovery_target_time = '2025-01-13 19:21:22'
recovery_target_inclusive = 'false'
recovery_target_action = 'promote'On y trouve :
restore_command pour récupérer les journaux dans le
dépôt, commande que pgBackRest a préparé en fonction de sa configuration
et des paramètres de la ligne de commande de restauration ;recovery_target_time indique l’heure cible ;recovery_target_inclusive = 'false' arrête la
restauration juste avant cette heure pour ne pas rejouer la
destruction des données (le défaut est de rejouter jusqu’à l’heure cible
incluse) ;recovery_target_action = 'promote' demande à PostgreSQL
de s’ouvrir en écriture après le rejeu.Démarrer PostgreSQL :
sudo systemctl start postgresql-17Attendre la fin de la restauration dans les traces :
# Attention, le nom du fichier dépend du jour
tail -n100 /var/lib/pgsql/17/data/log/postgresql-Mon.log2025-01-13 19:26:38.946 CET [116631] LOG: database system was interrupted; last known up at 2025-01-13 19:09:21 CET
2025-01-13 19:26:39.032 CET [116631] LOG: starting backup recovery with redo LSN 0/DC000028, checkpoint LSN 0/DC000080, on timeline ID 2
2025-01-13 19:26:39.108 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000DC" from archive
2025-01-13 19:26:39.168 CET [116631] LOG: starting point-in-time recovery to 2025-01-13 19:21:22+01
2025-01-13 19:26:39.176 CET [116631] LOG: redo starts at 0/DC000028
2025-01-13 19:26:39.236 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000DD" from archive
2025-01-13 19:26:39.298 CET [116631] LOG: completed backup recovery with redo LSN 0/DC000028 and end LSN 0/DC000158
2025-01-13 19:26:39.298 CET [116631] LOG: consistent recovery state reached at 0/DC000158
2025-01-13 19:26:39.298 CET [116626] LOG: database system is ready to accept read-only connections
2025-01-13 19:26:39.584 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000DE" from archive
2025-01-13 19:26:39.893 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000DF" from archive
2025-01-13 19:26:40.169 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E0" from archive
2025-01-13 19:26:40.458 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E1" from archive
2025-01-13 19:26:40.609 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E2" from archive
2025-01-13 19:26:40.758 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E3" from archive
2025-01-13 19:26:40.907 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E4" from archive
2025-01-13 19:26:41.029 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E5" from archive
2025-01-13 19:26:41.291 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E6" from archive
2025-01-13 19:26:41.592 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E7" from archive
2025-01-13 19:26:41.876 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E8" from archive
2025-01-13 19:26:42.238 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E9" from archive
2025-01-13 19:26:42.333 CET [116631] LOG: recovery stopping before commit of transaction 32096, time 2025-01-13 19:21:40.349582+01
2025-01-13 19:26:42.333 CET [116631] LOG: redo done at 0/E904E420 system usage: CPU: user: 1.18 s, system: 0.18 s, elapsed: 3.15 s
2025-01-13 19:26:42.333 CET [116631] LOG: last completed transaction was at log time 2025-01-13 19:20:51.370895+01
2025-01-13 19:26:42.403 CET [116631] LOG: restored log file "0000000200000000000000E9" from archive
2025-01-13 19:26:42.498 CET [116631] LOG: selected new timeline ID: 3
2025-01-13 19:26:42.612 CET [116631] LOG: archive recovery complete
2025-01-13 19:26:42.615 CET [116629] LOG: checkpoint starting: end-of-recovery immediate wait
2025-01-13 19:26:42.806 CET [116629] LOG: checkpoint complete: wrote 4490 buffers (27.4%); 0 WAL file(s) added, 0 removed, 13 recycled; write=0.040 s, sync=0.114 s, total=0.194 s; sync files=36, longest=0.102 s, average=0.004 s; distance=213304 kB, estimate=213304 kB; lsn=0/E904E420, redo lsn=0/E904E420
2025-01-13 19:26:42.814 CET [116626] LOG: database system is ready to accept connectionsVérifier les logs et la présence des données disparues.
La trace ci-dessus indique bien :
consistent recovery state) ;selected new timeline ID: 3), comme après toute
restauration ;last completed transaction was at …).Les lignes perdues sont bien revenues :
SELECT count(*) FROM matable ; count
---------
1000000Remarque :
Sans spécifier de --target-action=promote, on
obtiendrait dans les traces de PostgreSQL, après restore :
LOG: recovery has paused
HINT: Execute pg_wal_replay_resume() to continue.