Dalibo SCOP
| Formation | Module I2 |
| Titre | Point In Time Recovery |
| Révision | 26.09 |
| https://dali.bo/i2_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/i2_epub |
| HTML | https://dali.bo/i2_html |
| Slides | https://dali.bo/i2_slides |
| TP | https://dali.bo/i2_tp |
| TP (solutions) | https://dali.bo/i2_solutions |
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Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
La sauvegarde traditionnelle, qu’elle soit logique ou physique à froid, répond à beaucoup de besoins. Cependant, ce type de sauvegarde montre de plus en plus ses faiblesses pour les gros volumes : la sauvegarde est longue à réaliser et encore plus longue à restaurer. Et plus une sauvegarde met du temps, moins fréquemment on l’exécute. La fenêtre de perte de données devient plus importante.
PostgreSQL propose une solution à ce problème avec la sauvegarde physique à chaud. On peut l’utiliser comme un simple mode de sauvegarde supplémentaire, mais elle permet bien d’autres possibilités, d’où le nom de PITR (Point In Time Recovery).
Ce module fait le tour de la sauvegarde PITR, de la mise en place de
l’archivage (manuelle ou avec l’outil pg_receivewal) à la
sauvegarde des fichiers (en manuel, ou avec l’outil
pg_basebackup). Il discute aussi de la restauration d’une
telle sauvegarde. Nous évoquerons très rapidement quelques outils
externes pour faciliter ces sauvegardes.
Les journaux de transactions (appelés souvent WAL) sont une garantie contre les pertes de données. Il s’agit d’une technique standard de journalisation appliquée à toutes les transactions, pour garantir l’intégrité (la base reste cohérente quoiqu’il arrive) et la durabilité (ce qui est validé ne sera pas perdu).
Ainsi lors d’une modification de donnée, l’écriture au niveau du disque se fait généralement en deux temps :
COMMIT ;Ainsi en cas de crash :
Les écritures dans le journal se font de façon séquentielle, donc
sans grand déplacement de la tête d’écriture (sur un disque dur
classique, c’est l’opération la plus coûteuse). De plus, comme nous
n’écrivons que dans un seul fichier de transactions, la synchronisation
sur disque, lors d’un COMMIT, peut se faire sur ce seul
fichier, si le système de fichiers le supporte. Concrètement, ces
journaux sont des fichiers de 16 Mo par défaut, avec des noms comme
0000000100000026000000AF, dans le répertoire
pg_wal/ de l’instance PostgreSQL (répertoire souvent sur
une partition dédiée).
L’écriture définitive dans les fichiers de données est asynchrone, et généralement lissée, ce qui est meilleur pour les performances qu’une écriture immédiate. Cette opération est appelée « checkpoint » et périodique (5 minutes par défaut, ou plus).
Divers paramètres et fonctionnalités peuvent altérer ce comportement par défaut, par exemple pour des raisons de performances.
À côté de la sécurité et des performances, le mécanisme des journaux de transactions est aussi utilisé pour des fonctionnalités très intéressantes, comme le PITR et la réplication physique, basés sur le rejeu des informations stockées dans ces journaux.
Pour plus d’informations :
Une sauvegarde PITR est d’abord une sauvegarde physique, c’est-à-dire une image au niveau des fichiers.
Sont copiés (presque) tous les fichiers de toutes les bases :
pg_xact/)…L’image physique fait donc la même taille que l’instance d’origine.
Une telle sauvegarde peut se faire sans problème à froid, base
arrêtée, avec un outil aussi simple cp. À chaud ce n’est
pas aussi simple.
(À l’inverse, une sauvegarde logique faite avec
pg_dump ou pg_dumpall ne copie que les
données, et uniquement les définitions des index ou des vues
matérialisées. Les objets (bases, tables…) peuvent être sélectionnés
finement. À la restauration, la fragmentation a disparu, mais les index
et vues matérialisées doivent être reconstruites. Cette restauration
peut être très lente.)
PITR est l’acronyme de Point In Time Recovery, autrement dit restauration à un point dans le temps.
C’est une sauvegarde à chaud et surtout en continu. Là où une
sauvegarde logique du type pg_dump se fait au mieux une
fois toutes les 24 h, la sauvegarde PITR se fait en continu grâce à
l’archivage des journaux de transactions. De ce fait, ce type de
sauvegarde diminue très fortement la fenêtre de perte de données.
Bien qu’elle se fasse à chaud, la sauvegarde est cohérente.
Les données à écrire dans les fichiers de données sont d’abord
écrites dans un journal de transactions, que la transaction soit validée
ou non. Les états des transaction y figurent aussi, ainsi que les
résultats des opérations de maintenance et d’administration
(VACUUM, ANALYZE, gestion des rôles…). Les
journaux de transactions contiennent donc toutes les
modifications survenant sur les fichiers de données, pour les objets
utilisateurs comme pour les objets systèmes.
Pour reconstruire un système, il suffit donc d’avoir ces journaux et
d’avoir un état des fichiers du répertoire des données à un instant t
(base backup). Toutes les actions effectuées après cet instant
t pourront être rejouées en demandant à PostgreSQL d’appliquer les
actions contenues dans les journaux. Les opérations stockées dans les
journaux correspondent à des modifications physiques de fichiers, il
faut donc partir d’une sauvegarde au niveau du système de fichier, un
export avec pg_dump n’est pas utilisable.
Il est donc nécessaire de conserver ces journaux de transactions. Or PostgreSQL les recycle dès qu’il n’en a plus besoin. La solution est de demander au moteur de les archiver ailleurs avant ce recyclage.
On doit aussi disposer de l’ensemble des fichiers qui composent le répertoire des données, y compris les tablespaces si ces derniers sont utilisés.
La restauration a besoin des journaux de transactions archivés. Il n’est pas possible de restaurer avec la seule sauvegarde des fichiers de la base (et encore moins de revenir à un point donné).
Pour être cohérente, une sauvegarde a toujours besoin d’être complétée par les journaux émis pendant qu’elle copiait les fichiers.
Une fois la sauvegarde des fichiers restaurée, et la configuration réalisée pour rejouer les journaux archivés, il sera possible de retrouver une instance cohérente.
Comme les journaux redéroulent toute l’activité depuis le début de la sauvegarde PITR, ils doivent impérativement être rejoués dans l’ordre de leur écriture (et donc de leur nom), et leur contenu entier est appliqué.
Tout ce qui a pu modifier les fichiers de données a été écrit dans
les journaux, et est donc reproduit pendant le rejeu. Par exemple, si
pendant la vie de la base une table a été créée, remplie puis supprimée,
le rejeu des journaux reproduira exactement les modifications des
fichiers de la base. De même pour les opérations de maintenance liées
aux VACUUM, réindexations, analyses de statistiques,
etc.
Une fois rejoués les journaux générés pendant la sauvegarde, la base atteint le « point de cohérence » : elle est utilisable. On peut ensuite continuer à rejouer tout ou partie des journaux générés par la suite. Ces journaux peuvent être très nombreux et représenter des jours d’activité de l’instance PostgreSQL. Le rejeu sera bien sûr beaucoup plus rapide.
Le rejeu s’arrête quand :
Répétons qu’il est critique de ne perdre aucun journal. S’il en manque un, ou s’il est inutilisable, la restauration n’ira pas plus loin, les journaux suivants ne seront pas rejoués.
La base sera cohérente et utilisable uniquement si l’on a pu réappliquer au moins les journaux générés pendant la sauvegarde (point de cohérence).
Tout le travail est réalisé à chaud, que ce soit l’archivage des journaux ou la sauvegarde des fichiers de la base. En effet, il importe peu que les fichiers de données soient modifiés pendant la sauvegarde, car les journaux de transactions archivés permettront de corriger toute incohérence par leur application.
Le rejeu des journaux permet de choisir précisément le moment où s’arrêter. Le DBA peut décider de rejouer :
DROP TABLE
malencontreux par exemple), en précisant l’heure ou la transaction
précise ;Autre avantage majeur, la sauvegarde PITR est le système de sauvegarde qui occasionne le moins de perte de données (RPO). Avec l’archivage continu des journaux de transactions, la fenêtre de perte de données est très fortement réduite. Plus l’activité est intense, plus la fenêtre de temps est petite, car les fichiers des journaux sont de taille fixe, et ils ne sont archivés que complets. (On peut forcer l’archivage à intervalles réguliers pour réduire encore les pertes en période calme.)
Une perte nulle (RPO) ne se réalise qu’avec une autre instance
secondaire utilisant la réplication synchrone, ou éventuellement avec
l’outil pg_receivewal.
À l’inverse, une sauvegarde logique avec pg_dump
entraîne une perte de données bien plus importante, car elle est
généralement quotidienne. Si pg_dump est lancé à 3 h et que
le souci imposant la restauration a lieu à 12 h, on perd 9 heures de
données.
Pour les grandes bases de données (centaines de gigaoctets ou plus), une sauvegarde logique est difficilement envisageable, et une restauration est interminable. Une sauvegarde PITR est généralement plus rapide à faire et à restaurer.
Le premier inconvénient vient directement du fait qu’on copie les fichiers : la sauvegarde et la restauration concernent l’instance complète. Il est impossible de ne restaurer qu’une seule base ou que quelques tables.
La restauration se fait impérativement sur la même architecture (x86/ARM, 32/64 bits, little/big endian). Il est même fortement conseillé de restaurer dans la même version du même système d’exploitation, sous peine de devoir réindexer l’instance ensuite (à cause d’une différence de définition des locales entre deux versions majeures d’une distribution).
De plus, une sauvegarde PITR nécessite un plus grand espace de
stockage. Non seulement il faut sauvegarder les fichiers, y compris les
index et la fragmentation, mais aussi tous les journaux de transactions
sur une certaine période, ce qui peut être volumineux (en tout cas
beaucoup plus que des pg_dump). La volumétrie des journaux
dépend fortement de l’activité.
En cas de problème dans l’archivage et selon la méthode choisie,
l’instance ne voudra pas effacer les journaux non archivés. Il y a donc
un risque d’accumulation de ceux-ci. Il faudra donc surveiller la taille
du pg_wal. En cas de saturation, PostgreSQL s’arrête !
Si un journal est perdu ou corrompu, la restauration ne pourra jamais aller au-delà de ce journal. Le risque augmente avec le nombre de journaux conservés.
Pour réduire le risque de perte d’un journal, et aussi pour accélérer le temps de rejeu, il est conseillé de procéder à des base backups (complet, différentiels… selon l’outil) assez fréquemment.
Enfin, la sauvegarde PITR est plus complexe à mettre en place qu’une
sauvegarde pg_dump. Elle nécessite plus d’étapes, une
réflexion sur l’architecture à mettre en œuvre et une meilleure
compréhension des mécanismes internes à PostgreSQL pour en avoir la
maîtrise.
pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL. Ce qui suit est une présentation très succinte.
pg_basebackup est simple à mettre en place et à utiliser, et permet d’éviter de nombreuses étapes que nous verrons par la suite. De plus, il est livré avec PostgreSQL, et le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable.
Il permet de sauvegarder toute l’instance, à distance, via deux connexions de réplication :
Au final, la sauvegarde comprend les fichiers et les journaux nécessaires. Elle peut être compressée.
pg_basebackup convient pour une copie complète unique. Sa sauvegarde incrémentale est peu adaptée à l’utilisation par un DBA. Il ne sait pas réutiliser une sauvegarde interrompue.
pg_basebackup ne permet pas de continuer à archiver les journaux. Il utilise le protocole de réplication pour récupérer les journaux de transactions nécessaires à une sauvegarde, et uniquement eux, et pas les suivants. Il n’est donc pas capable de gérer le PITR.
Il ne parallélise pas ses opérations de copie.
pg_basebackup convient parfaitement pour une copie ponctuelle, à chaud, d’une base pas trop énorme. C’est parfois suffisant.
Il peut aussi servir de base à un outil ou un script pour la copie des fichiers de l’instance, qui est la partie la plus pénible à scripter. La partie archivage est plus simple. Barman, notamment, utilise pg_basebackup.
Configuration :
pg_basebackup nécessite des connexions de réplication. De plus, par défaut et de manière transparente, il utilise aussi un slot de réplication temporaire, une technique qui fiabilise la sauvegarde ou la réplication en indiquant à l’instance quels journaux elle doit conserver.
Avec la configuration de PostgreSQL par défaut, tout est en place :
wal_level = replica
max_wal_senders = 10
max_replication_slots = 10Ensuite, il faut configurer le fichier pg_hba.conf pour
accepter la connexion du serveur où est exécuté
pg_basebackup. Dans la configuration par défaut, il y a en
général cette ligne qui permet au moins de faire une copie en local avec
l’utilisateur système postgres :
local replication all peer(noter la base replication).
Il vaut mieux un utilisateur dédié à la connexion de réplication (au sens de la base de données) séparé, nommé ici sauve. Il faut donc ajouter cette ligne :
host replication sauve 127.0.0.1/32 scram-sha-256Il faut créer cet utilisateur dédié :
CREATE ROLE sauve LOGIN REPLICATION;
\password sauveDans un but d’automatisation, le mot de passe finira souvent dans un
fichier .pgpass ou équivalent.
La commande suivante :
pg_basebackup, ici en lui demandant une archive
au format tar ;$ pg_basebackup --format=tar --wal-method=stream \
--checkpoint=fast --progress -h 127.0.0.1 -U sauve \
-D /var/lib/postgresql/backups/
644320/644320 kB (100%), 1/1 tablespaceLe résultat est ici un ensemble des deux archives:
$ ls -l /var/lib/postgresql/backups/total 4163772
-rw------- 1 postgres postgres 659785216 Oct 9 11:37 base.tar
-rw------- 1 postgres postgres 16780288 Oct 9 11:37 pg_wal.tarD’autres archives peuvent apparaître s’il y a des tablespaces supplémentaires.
Une sauvegarde avec --format=plain donne une image
complète, non compressée, du PGDATA, répertoire pg_wal
compris (par défaut). C’est l’idéal pour obtenir un clone du répertoire
de données.
Noter que les fichiers de configuration ne sont PAS inclus s’ils ne sont pas dans le PGDATA. Attention donc sur Debian, Ubuntu et leurs versions dérivées.
pg_basebackup n’a pas d’options de restauration. La copie des données est suffisante, éventuellement après décompression, et doit être placée manuellement à la place du PGDATA à (re)créer.
Au démarrage, l’instance repère qu’elle est une sauvegarde restaurée
et réapplique les journaux (ou va les chercher si elle est configurée
ainsi). L’instance restaurée contient au final les données telles
qu’elles étaient à la fin du pg_basebackup
et est donc utilisable. La récupération d’autres journaux relève ensuite
de la configuration de PostgreSQL.
L’outil est développé plus en détail dans notre module BK50.
Une sauvegarde PITR demande peu d’étapes. La première chose à faire
est de mettre en place l’archivage des journaux de transactions.
Généralement on utilisera l’archivage classique avec le paramètre
archive_command, mais il existe une alternative nommée
pg_receivewal.
Lorsque cette étape est réalisée (et fonctionnelle), il est possible de passer à la seconde : la sauvegarde des fichiers. Là aussi, il y a différentes possibilités :
La méthode historique, et la plus utilisée toujours, utilise le
processus archiver. Ce processus fonctionne sur l’instance
sauvegardée et fait partie des processus du serveur PostgreSQL. Seule sa
(bonne) configuration incombe au DBA, notamment le paramètre
archive_command.
Une autre méthode existe : pg_receivewal. Cet outil
livré aussi avec PostgreSQL se comporte comme un serveur secondaire,
tournant sur un autre serveur. Il reconstitue les journaux de
transactions à partir du flux de réplication. Elle est plus rarement
utilisée (l’outil barman par exemple l’utilise), car les bases critiques
ont déjà un serveur en réplication, en général.
Chaque solution a ses avantages et inconvénients.
Dans le cas de l’archivage historique, le serveur PostgreSQL va exécuter une commande, dont le rôle sera de copier les journaux à l’extérieur de son répertoire de travail :
L’exemple pris ici utilise le répertoire
/mnt/nfs1/archivage comme répertoire de copie. Ce
répertoire est en fait un montage NFS. Il faut donc commencer par créer
ce répertoire et s’assurer que l’utilisateur système
postgres peut écrire dedans :
sudo mkdir /mnt/nfs1/archivage
sudo chown postgres:postgres /mnt/nfs1/archivageDans le cas de l’archivage avec pg_receivewal, c’est cet
outil qui va écrire les journaux dans un répertoire de travail. Cette
écriture ne peut se faire qu’en local. Cependant, le répertoire peut se
trouver dans un montage réseau (NFS…).
Après avoir créé le répertoire d’archivage, il faut configurer PostgreSQL pour lui indiquer comment archiver.
Niveau d’archivage :
La valeur par défaut de wal_level est adéquate :
wal_level = replicaCe paramètre indique le niveau des informations écrites dans les
journaux de transactions. Avec un niveau minimal, les
journaux ne servent qu’à garantir la cohérence des fichiers de données
en cas de crash. Dans le cas d’un archivage, il faut écrire plus
d’informations, d’où la nécessité du niveau replica (qui
est celui par défaut). Le niveau logical, nécessaire à la
réplication logique, convient
également.
Mode d’archivage :
Il s’active ainsi sur une instance seule ou primaire :
archive_mode = on(La valeur always permet d’archiver depuis un
secondaire. Avec on, l’instance n’archive les journaux que
si elle est primaire.) Le changement nécessite un redémarrage.
Enfin, une commande d’archivage doit être définie par le paramètre
archive_command. archive_command sert à
archiver un seul fichier à chaque appel.
PostgreSQL l’appelle une fois pour chaque fichier WAL, impérativement dans l’ordre des fichiers. En cas d’échec, elle est répétée indéfiniment jusqu’à réussite, avant de passer à l’archivage du fichier suivant.
Signalons pour mémoire, qu’il existe une alternative : le paramètre
archive_library. Il indique une bibliothèque partagée qui
fait ce travail d’archivage. Sur le papier, une bibliothèque en C est
plus puissante et performante.
PostgreSQL fournit une librairie basic_archive, qui tient plus de la démonstration. Notre blog présente un autre exemple fonctionnel avec une extension en C, capable de compresser les journaux de transactions.
Cependant, à notre connaissance (à l’été 2026), aucun outil courant
n’utilise encore cette fonctionnalité, qui est sans doute plutôt
utilisée par des opérateurs cloud. En production, on ne voit
guère qu’archive_command.
L’utilisation simultanée de archive_command et
archive_library est interdite depuis PostgreSQL 16.
PostgreSQL laisse le soin à l’administrateur de définir la méthode
d’archivage des journaux de transactions suivant son contexte. Si vous
utilisez un outil de sauvegarde, la commande vous sera probablement
fournie. Une simple commande de copie suffit dans la plupart des cas. La
directive archive_command peut alors être positionnée comme
suit :
archive_command = 'cp %p /mnt/nfs1/archivage/%f'Le joker %p est remplacé par le chemin complet vers le
journal de transactions à archiver, par exemple
pg_wal/00000001000000A900000065. Le joker %f
correspond au nom du journal de transactions une fois archivé, par
exemple 00000001000000A900000065. La commande réellement
exécutée ressemblera donc à ceci :
cp pg_wal/00000001000000A900000065 /mnt/nfs1/archivage/00000001000000A900000065En toute rigueur, une copie du fichier ne suffit pas. Par exemple,
dans le cas de la commande cp, le nouveau fichier n’est pas
immédiatement écrit sur disque. La copie est effectuée dans le cache
disque du système d’exploitation. En cas de crash juste après la copie,
il est tout à fait possible de perdre l’archive. Il est donc essentiel
d’ajouter une étape de synchronisation du cache sur disque (ordre
sync).
La commande d’archivage suivante est donnée dans la documentation officielle à titre d’exemple :
archive_command = 'test ! -f /mnt/server/archivedir/%f && cp %p /mnt/server/archivedir/%f'Cette commande a deux inconvénients. Elle ne garantit pas que les données seront synchronisées sur disque. Et si le fichier existe ou a été copié partiellement à cause d’une erreur précédente, la copie ne s’effectuera pas.
Cette protection est une bonne chose. Cependant, il faut être vigilant lorsque l’on rétablit le fonctionnement de l’archiver suite à un incident ayant provoqué des écritures partielles dans le répertoire d’archive, comme une saturation de l’espace disque.
Il est aussi possible de placer dans archive_command le
nom d’un script bash, perl ou autre. L’intérêt est de pouvoir faire plus
qu’une simple copie. On peut y ajouter la demande de synchronisation du
cache sur disque, ou de la gestion d’erreur plus complexe. Il peut aussi
être intéressant de tracer l’action de l’archivage, ou de compresser le
journal avant archivage.
Dans vos commandes et scripts, il faut s’assurer d’une chose : la commande d’archivage doit retourner 0 en cas de réussite et surtout une valeur différente de 0 en cas d’échec.
Si le code retour de la commande est compris entre 1 et 125, PostgreSQL va tenter périodiquement d’archiver le fichier jusqu’à ce que la commande réussisse (autrement dit, renvoie 0).
Tant qu’un fichier journal n’est pas considéré comme archivé avec succès, PostgreSQL ne le supprimera ou recyclera pas ! Il ne cherchera pas non plus à archiver les fichiers suivants.
De plus si le code retour de la commande est supérieur à 125, le
processus archiver redémarrera, et l’erreur ne sera pas
comptabilisée dans la vue pg_stat_archiver !
Ce cas de figure inclut les erreurs de
type command not found associées aux codes retours 126 et
127, ou le cas de rsync, qui renvoie un code retour 255 en
cas d’erreur de syntaxe ou de configuration du ssh.
Il est donc important de surveiller le processus d’archivage et de faire remonter les problèmes à un opérateur. Les causes d’échec sont nombreuses : problème réseau, montage inaccessible, erreur de paramétrage de l’outil, droits insuffisants ou expirés, génération de journaux trop rapide…
À titre d’exemple encore, les commandes fournies par pgBackRest ou barman ressemblent à ceci :
# pgBackRest
archive_command='/usr/bin/pgbackrest --stanza=prod archive-push %p'# barman
archive_command='/usr/bin/barman-wal-archive backup prod %p'Enfin, le paramétrage suivant archive « dans le vide ». Cette astuce
est utilisée lors de certains dépannages, ou pour éviter le redémarrage
que nécessiterait la désactivation de archive_mode.
archive_mode = on
archive_command = '/bin/true'Si l’activité en écriture est très réduite en volume, il peut se passer des heures entre deux archivages de journaux. Il est alors conseillé de forcer un archivage périodique, même si le journal n’a pas été rempli complètement, en indiquant un délai maximum entre deux archivages :
archive_timeout = '5min'(La valeur par défaut, 0, désactive ce comportement.)
Ainsi, la perte de données maximale sera de cette durée.
Comme la taille d’un fichier journal, même incomplet, reste fixe (16 Mo par défaut), la consommation en terme d’espace disque sera plus importante (la compression par l’outil d’archivage peut compenser cela), et le temps de restauration plus long.
Il ne reste plus qu’à indiquer à PostgreSQL de recharger sa
configuration pour que l’archivage soit en place (avec
SELECT pg_reload_conf(); ou la commande reload
adaptée au système). Dans le cas où il a fallu définir
wal_level = replica ou archive_mode = on, il
faudra relancer PostgreSQL.
PostgreSQL archive les journaux impérativement dans l’ordre où ils ont été générés.
S’il y a un problème d’archivage d’un journal, les suivants ne seront
pas archivés non plus, et vont s’accumuler dans pg_wal ! De
plus, une saturation de la partition portant pg_wal mènera
à l’arrêt de l’instance PostgreSQL !
La supervision se fait de quatre manières complémentaires.
Taille :
Si le répertoire pg_wal commence à grossir fortement,
c’est que PostgreSQL n’arrive plus à recycler ses journaux de
transactions : c’est un indicateur d’une commande d’archivage n’arrivant
pas à faire son travail pour une raison ou une autre. Ce peut être
temporaire si l’archivage est juste lent. Les causes classiques sont un
réseau saturé, une compression des journaux trop lente, ou des écritures
trop intenses. Si l’archivage est complètement bloqué (à cause d’un
disque saturé par exemple), ce répertoire grossira indéfiniment.
Vue pg_stat_archiver :
La vue système pg_stat_archiver indique les derniers
journaux archivés et les dernières erreurs. Dans l’exemple suivant, il y
a eu un problème pendant quelques secondes, d’où 6 échecs, avant que
l’archivage reprenne :
SELECT * FROM pg_stat_archiver \gx-[ RECORD 1 ]------+------------------------------
archived_count | 156
last_archived_wal | 0000000200000001000000D9
last_archived_time | 2020-01-17 18:26:03.715946+00
failed_count | 6
last_failed_wal | 0000000200000001000000D7
last_failed_time | 2020-01-17 18:24:24.463038+00
stats_reset | 2020-01-17 16:08:37.980214+00Comme dit plus haut, pour que cette supervision soit fiable, la
commande exécutée doit renvoyer un code retour inférieur ou égal à 125.
Dans le cas contraire, le processus archiver redémarre et
l’erreur n’apparaît pas dans la vue !
L’ordre SELECT pg_switch_wal() force un changement de
journal, et donc l’archivage du journal en cours, à condition qu’il y
ait eu une activité minimale. Cette commande est pratique pour
tester.
Traces :
On trouvera la sortie et surtout les messages d’erreurs du script d’archivage dans les traces (qui dépendent bien sûr du script utilisé) :
2020-01-17 18:24:18.427 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3
2020-01-17 18:24:18.427 UTC [15431] DETAIL: The failed archive command was:
rsync pg_wal/0000000200000001000000D7 /opt/pgsql/archives/0000000200000001000000D7
rsync: change_dir#3 "/opt/pgsql/archives" failed: No such file or directory (2)
rsync error: errors selecting input/output files, dirs (code 3) at main.c(695)
[Receiver=3.1.2]
2020-01-17 18:24:19.456 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3
2020-01-17 18:24:19.456 UTC [15431] DETAIL: The failed archive command was:
rsync pg_wal/0000000200000001000000D7 /opt/pgsql/archives/0000000200000001000000D7
rsync: change_dir#3 "/opt/pgsql/archives" failed: No such file or directory (2)
rsync error: errors selecting input/output files, dirs (code 3) at main.c(695)
[Receiver=3.1.2]
2020-01-17 18:24:20.463 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3C’est donc le premier endroit à regarder en cas de souci ou lors de la mise en place de l’archivage.
pg_wal/archive_status :
Enfin, on peut monitorer les fichiers présents dans
pg_wal/archive_status. Les fichiers .ready, de
taille nulle, indiquent en permanence quels sont les journaux prêts à
être archivés. Théoriquement, leur nombre doit donc rester faible et
retomber rapidement à 0 ou 1. Le service ready_archives de
la sonde Nagios check_pgactivity se
base sur ce répertoire.
SELECT * FROM pg_ls_dir ('pg_wal/archive_status') ORDER BY 1; pg_ls_dir
--------------------------------
0000000200000001000000DE.done
0000000200000001000000DF.done
0000000200000001000000E0.done
0000000200000001000000E1.ready
0000000200000001000000E2.ready
0000000200000001000000E3.ready
0000000200000001000000E4.ready
0000000200000001000000E5.ready
0000000200000001000000E6.ready
00000002.history.donepg_receivewal est une alternative à l’archiver.
L’outil se fait passer pour un serveur secondaire utilisant la réplication en flux (streaming replication). Il reçoit en continu les journaux de transactions, et les reconstitue en local. Il fonctionne habituellement sur un autre serveur, où seront archivés les journaux.
Pour ne perdre aucune transaction, on peut utiliser
une réplication synchrone (paramètres synchronous_commit et
synchronous_standby_names)… si l’on accepte le gros impact
sur la latence des transactions.
Il est fortement conseillé d’ajouter un slot de réplication pour ne perdre aucun journal. Penser au paramétrage associé pour éviter que l’arrêt de pg_receivewal n’entraîne une dangereuse accumulation des journaux sur le primaire.
pg_receivewal est assez peu utilisé. De fait, une base assez importante pour avoir besoin d’un RPO à zéro a en général aussi un secondaire synchrone.
Il est un composant de l’outil de sauvegarde PITR barman. Les auteurs
de pgBackRest préfèrent garder l’archive_command car ils
peuvent ainsi mieux paralléliser des débits élevés, et aussi compresser
le flux de journaux à la source.
Rien n’interdit de doubler un outil PITR classique avec pg_receivewal, mais la purge des journaux copiés en double reste à la charge du DBA.
Une fois l’archivage en place, une sauvegarde à chaud a lieu en trois temps :
La fonction de démarrage s’appelle pg_backup_start() à
partir de la version 15 mais avait pour nom
pg_start_backup() auparavant. De la même façon, la fonction
d’arrêt s’appelle pg_backup_stop() à partir de la version
15, mais pg_stop_backup() avant.
À cause de ces limites et de différents problèmes, la sauvegarde exclusive est déclarée obsolète depuis la 9.6, et n’est plus disponible depuis la version 15. Même sur les versions antérieures, il est conseillé d’utiliser dès maintenant des scripts utilisant les sauvegardes concurrentes.
Tout ce qui suit ne concerne plus que la sauvegarde concurrente.
La sauvegarde concurrente peut être lancée plusieurs fois en parallèle. C’est utile pour créer des secondaires alors qu’une sauvegarde physique tourne, par exemple. Elle est nettement plus complexe à gérer par script. Elle peut être exécutée depuis un serveur secondaire, ce qui allège la charge sur le primaire.
Pendant la sauvegarde, l’utilisateur ne verra aucune différence (à part peut-être la conséquence d’I/O saturées pendant la copie). Aucun verrou n’est posé. Lectures, écritures, suppression et création de tables, archivage de journaux et autres opérations continuent comme si de rien n’était.
La description du mécanisme qui suit est essentiellement destinée à la compréhension et l’expérimentation. En production, un script maison reste une possibilité, mais préférez des outils dédiés et fiables : pg_basebackup, pgBackRest…
Les sauvegardes manuelles servent cependant encore quand on veut
utiliser une sauvegarde par snapshot de partition ou de baie, ou avec
rsync (car pg_basebackup ne sait pas synchroniser vers une
sauvegarde interrompue ou ancienne), et quand les outils conseillés ne
sont pas utilisables ou disponibles sur le système.
L’exécution de pg_backup_start() peut se faire depuis
n’importe quelle base de données de l’instance.
(Rappelons que pour les versions avant la 15, la fonction s’appelle
pg_start_backup(). Pour effectuer une sauvegarde
non-exclusive avec ces versions, il faudra positionner un
troisième paramètre à false.)
Le label (le texte en premier argument) n’a aucune importance pour PostgreSQL (il ne sert qu’à l’administrateur, pour reconnaître le backup).
Le deuxième argument est un booléen qui permet de demander un
checkpoint immédiat, si l’on est pressé et si un pic d’I/O
n’est pas gênant. Sinon il faudra attendre souvent plusieurs minutes
(selon la configuration du déclenchement du prochain checkpoint,
dépendant des paramètres checkpoint_timeout et
max_wal_size et de la rapidité d’écriture imposée par
checkpoint_completion_target).
La session qui exécute la commande pg_backup_start()
doit être la même que celle qui exécutera plus tard
pg_backup_stop(). Nous verrons que cette dernière fonction
fournira de quoi créer deux fichiers, qui devront être nommés
backup_label et tablespace_map. Si la
connexion est interrompue avant pg_backup_stop(), alors la
sauvegarde doit être considérée comme invalide.
En plus de rester connectés à la base, les scripts qui gèrent la sauvegarde concurrente doivent donc récupérer et conserver les informations renvoyées par la commande de fin de sauvegarde.
La sauvegarde PITR est donc devenue plus complexe au fil des versions, et il est donc recommandé d’utiliser plutôt pg_basebackup ou des outils la supportant (barman, pgBackRest…).
La deuxième étape correspond à la sauvegarde des fichiers. Le choix de l’outil dépend de l’administrateur. Cela n’a aucune incidence au niveau de PostgreSQL.
La sauvegarde doit comprendre aussi les tablespaces si l’instance en dispose.
Snapshot :
Il est possible d’effectuer cette étape de copie des fichiers par snapshot au niveau de la baie, de l’hyperviseur, ou encore de l’OS (LVM, ZFS…).
Un snapshot cohérent, y compris entre les tablespaces, permet
théoriquement de réaliser une sauvegarde en se passant des étapes
pg_backup_start() et pg_backup_stop(). La
restauration de ce snapshot équivaudra pour PostgreSQL à un redémarrage
brutal.
Pour une sauvegarde PITR, il faudra cependant toujours encadrer le snapshot des appels aux fonctions de démarrage et d’arrêt ci-dessus, et c’est généralement ce que font les outils comme Veeam ou Tina. L’utilisation d’un tel outil implique de vérifier qu’il sait gérer les sauvegardes non exclusives pour utiliser PostgreSQL 15 et supérieurs.
Le point noir de la sauvegarde par snapshot est d’être liée au même système matériel que l’instance PostgreSQL (disque, hyperviseur, datacenter…) Une défaillance grave du matériel, ou un bug de la baie, peut donc emporter, corrompre ou bloquer la sauvegarde en même temps que les données originales. La sécurité de l’instance est donc reportée sur celle de l’infrastructure sous-jacente : il vaut mieux que celle-ci soit répliquée sur plusieurs sites. Une copie parallèle, hors infrastructure, des données de manière plus classique reste conseillée pour éviter un désastre total, et pour parer à la malveillance.
Copie manuelle :
La sauvegarde se fait à chaud : il est donc possible que pendant ce temps des fichiers changent, disparaissent avant d’être copiés ou apparaissent sans être copiés. Cela n’a pas d’importance en soi car les journaux de transactions corrigeront cela (leur archivage doit donc commencer avant le début de la sauvegarde et se poursuivre sans interruption jusqu’à la fin).
Il faut s’assurer que l’outil de sauvegarde supporte
cela, c’est-à-dire qu’il soit capable de différencier les codes
d’erreurs dus à « des fichiers ont bougé ou disparu lors de la
sauvegarde » des autres erreurs techniques. tar par exemple
convient : il retourne 1 pour le premier cas d’erreur, et 2 quand
l’erreur est critique. rsync est très courant
également.
Sur les plateformes Microsoft Windows, peu d’outils sont capables de
copier des fichiers en cours de modification. Assurez-vous d’en utiliser
un possédant cette fonctionnalité (il existe différents émulateurs des
outils GNU sous Windows). Le plus sûr et simple est sans doute de
renoncer à une copie manuelle des fichiers et d’utiliser
pg_basebackup.
Exclusions :
Des fichiers et répertoires sont à ignorer, pour gagner du temps ou faciliter la restauration. Voici la liste exhaustive (disponible aussi dans la documentation officielle) :
postmaster.pid, postmaster.opts,
pg_internal.init ;pg_wal, ainsi que les sous-répertoires (mais à archiver
séparément !) ;pg_replslot : les slots de réplication seront au mieux
périmés, au pire gênants sur l’instance restaurée ;pg_dynshmem, pg_notify,
pg_serial, pg_snapshots,
pg_stat_tmp et pg_subtrans ne doivent pas être
copiés (ils contiennent des informations propres à l’instance, ou qui ne
survivent pas à un redémarrage) ;pgsql_tmp
(fichiers temporaires) ;On n’oubliera pas les fichiers de configuration s’ils ne sont pas dans le PGDATA.
La dernière étape correspond à l’exécution de la procédure stockée
SELECT * FROM pg_backup_stop().
N’oubliez pas d’exécuter pg_backup_stop(), de vérifier
qu’il finit avec succès et de récupérer les informations qu’il renvoie
!
Cet oubli trop courant rend vos sauvegardes inutilisables !
PostgreSQL va alors :
pg_backup_stop() ne rendra pas la main (par défaut) tant
que ce dernier journal n’aura pas été archivé avec succès.La fonction renvoie :
backup_label ;tablespace_map.SELECT * FROM pg_stop_backup() \gxNOTICE: all required WAL segments have been archived
-[ RECORD 1 ]---------------------------------------------------------------
lsn | 22/2FE5C788
labelfile | START WAL LOCATION: 22/2B000028 (file 00000001000000220000002B)+
| CHECKPOINT LOCATION: 22/2B000060 +
| BACKUP METHOD: streamed +
| BACKUP FROM: master +
| START TIME: 2019-12-16 13:53:41 CET +
| LABEL: rr +
| START TIMELINE: 1 +
|
spcmapfile | 134141 /tbl/froid +
| 134152 /tbl/quota +
|Ces informations se retrouvent aussi dans un fichier
.backup mêlé aux journaux :
# cat /var/lib/postgresql/12/main/pg_wal/00000001000000220000002B.00000028.backup
START WAL LOCATION: 22/2B000028 (file 00000001000000220000002B)
STOP WAL LOCATION: 22/2FE5C788 (file 00000001000000220000002F)
CHECKPOINT LOCATION: 22/2B000060
BACKUP METHOD: streamed
BACKUP FROM: master
START TIME: 2019-12-16 13:53:41 CET
LABEL: rr
START TIMELINE: 1
STOP TIME: 2019-12-16 13:54:04 CET
STOP TIMELINE: 1Il faudra créer le fichier tablespace_map avec le
contenu du champ spcmapfile :
134141 /tbl/froid
134152 /tbl/quota… ce qui n’est pas trivial à scripter.
Ces deux fichiers devront être placés dans la sauvegarde, pour être présent d’entrée dans le PGDATA du serveur restauré.
À partir du moment où pg_backup_stop() rend la main, il
est possible de restaurer la sauvegarde obtenue puis de rejouer les
journaux de transactions suivants en cas de besoin, sur un autre serveur
ou sur ce même serveur.
Tous les journaux archivés avant celui précisé par le champ
START WAL LOCATION dans le fichier
backup_label ne sont plus nécessaires pour la récupération
de la sauvegarde du système de fichiers et peuvent donc être supprimés.
Attention, il y a plusieurs compteurs hexadécimaux différents dans le
nom du fichier journal, qui ne sont pas incrémentés de gauche à
droite.
pg_basebackup a été décrit plus haut. Il a l’avantage
d’être simple à utiliser, de savoir quels fichiers ne pas copier, de
fiabiliser la sauvegarde par un slot de réplication. Il ne réclame en
général pas de configuration supplémentaire.
Si l’archivage est déjà en place, copier les journaux est inutile
(--wal-method=none). Nous verrons plus tard comment lui
indiquer où les chercher.
L’inconvénient principal de pg_basebackup reste son
incapacité à reprendre une sauvegarde interrompue ou à opérer une
sauvegarde différentielle ou incrémentale, du moins avant
PostgreSQL 17.
La fréquence dépend des besoins. Une sauvegarde par jour est le plus commun, mais il est possible d’espacer encore plus la fréquence.
Cependant, il faut conserver à l’esprit que plus la sauvegarde est ancienne, plus la restauration sera longue, car un plus grand nombre de journaux seront à rejouer.
La vue pg_stat_progress_basebackup permet de suivre la
progression de la sauvegarde de base, quelque soit l’outil utilisé, à
condition qu’il passe par le protocole de réplication. Cela permet ainsi
de savoir à quelle phase la sauvegarde se trouve, quelle volumétrie a
été envoyée, celle à envoyer, etc.
Dans cet exemple, la sauvegarde a fini à 02 h du matin (le moment où
une fonction pg_backup_stop() est appelée par un outil ou
un script). La sauvegarde des fichiers de données s’est effectuée en
parallèle de l’archivage des journaux, qui continue indéfiniment
ensuite.
À 06 h, le DBA a créé un « point de restauration », ainsi (le nom est arbitraire) :
SELECT pg_create_restore_point ('label'); pg_create_restore_point
-------------------------
26/9B000090Ces points de restauration sont totalement optionnels, et peuvent être créés avant certaines opérations (par exemple un batch ou une mise en production), ou périodiquement.
Une catastrophe quelconque frappe à 13 h et il faut restaurer.
La ligne de temps de ce schéma correspond aux heures des transactions originales.
Pour restaurer, le DBA copie la sauvegarde de base, modifie la configuration et démarre l’instance qui commence à rejouer les journaux. Elle atteint le point de cohérence (correspondant à la fin de la sauvegarde), et est donc dans l’état correspondant à la fin de la sauvegarde, donc comme à 02 h.
Deux possibilités sont montrées ici :
label, pour avoir une image de la base à
06 h ;Nous verrons qu’il lui suffira de choisir les bons paramètres (ici
recovery_target_name ou
recovery_target_time).
La restauration se déroule en trois, voire quatre étapes suivant qu’elle est effectuée sur le même serveur ou sur un autre serveur. Dans le cas où la restauration a lieu sur le même serveur, les étapes préliminaires suivantes sont à effectuer.
Il faut arrêter PostgreSQL s’il n’est pas arrêté. Cela arrive quand la restauration a pour but, par exemple, de récupérer des données qui ont été supprimées par erreur.
Ensuite, il faut supprimer (ou archiver) l’ancien répertoire des
données pour pouvoir y placer la sauvegarde des fichiers. Écraser
l’ancien répertoire n’est pas suffisant, il faut le supprimer, ainsi que
les répertoires des tablespaces au cas où l’instance en possède.
(L’exception est l’utilisation d’outils capable de trouver les
différences entre les fichiers à restaurer et ceux présents, pour gagner
du temps, comme rsync ou
pgbackrest restore --delta.) Cela est valable aussi pour
chaque tablespace. Une exception : on peut vouloir mettre de côté le
dernier WAL (incomplet) d’une instance que l’on restaure pour ne perdre
aucune transaction (voir plus bas).
La sauvegarde des fichiers peut enfin être restaurée. Il faut bien porter attention à ce que les fichiers soient restaurés au même emplacement, tablespaces compris.
Attention, pour des raisons de sécurité et de fiabilité, les répertoires choisis pour la restauration des données de votre instance ne doivent pas être à la racine d’un point de montage.
Si un ou plusieurs points de montage sont dédiés à l’utilisation de
PostgreSQL, positionnez toujours les données dans un sous-répertoire,
voire deux niveaux en dessous du point de montage (eg.
<point de montage>/<version majeure>/<nom instance>).
Une fois cette étape effectuée, il peut être intéressant de faire un peu de ménage. Des outils comme pgBackRest ou Barman, ou un bon script, rendent cette étape inutile, car ils n’auront pas copié les fichiers inutiles.
Par exemple, le fichier postmaster.pid peut poser un
problème au démarrage. On peut supprimer les traces, si elles sont dans
$PGDATA/log/, pour éviter toute confusion entre l’ancienne
et la nouvelle incarnation de l’instance, surtout si on restaure sur une
nouvelle machine.
Si des journaux de transactions sont compris dans la sauvegarde
($PGDATA/pg_wal/), il est préférable de les supprimer. De
toute façon, PostgreSQL les ignorera s’ils sont dans les archives. La
commande sera similaire à celle-ci :
$ rm postmaster.pid log/* pg_wal/[0-9A-F]*Enfin, si on restaure après un crash, on peut chercher à récupérer le
dernier journal en cours lors de l’arrêt, incomplet et qui n’a pu être
archivé. S’il n’a pas disparu avec le disque par exemple, le récupérer
peut permettre de sauver les transactions qui y figurent. Ce dernier
journal sera pris en compte après le rejeu des journaux archivés, après
l’échec de la restore_command sur ce journal.
Quand PostgreSQL démarre après avoir subi un arrêt brutal, il ne
restaure que les journaux en place dans pg_wal/, puis il
s’ouvre en écriture. Pour une restauration, il faut lui indiquer qu’il
doit plutôt demander les journaux quelque part, et les rejouer tous
jusqu’à épuisement, avant de s’ouvrir. Pour cela, il suffit de créer un
fichier vide recovery.signal dans le répertoire des
données.
Pour la récupération des journaux, le paramètre essentiel est
restore_command. Il contient une commande symétrique des
paramètres archive_command (ou
archive_library) pour l’archivage. Il s’agit d’une commande
copiant un journal dans le répertoire des journaux pg_wal/.
Cette commande est souvent fournie par l’outil de sauvegarde PITR s’il y
en a un. Si nous poursuivons notre exemple, ce paramètre pourrait
être :
restore_command = 'cp /mnt/nfs1/archivage/%f %p'Cette commande est appelée après la restauration de chaque journal pour récupérer le suivant, qui est restauré, et ainsi de suite.
Techniquement, la commande est lancée depuis le PGDATA, en remplaçant
%f par le nom du journal attendu (par exemple
0000000100000098000000E0) et %p par
pg_wal/RECOVERYXLOG. Ce dernier fichier sera ensuite
renommé avec le nom du journal.
Les traces montrent aussi que PostgreSQL cherche les fichiers
d’historique des timelines, qui portent des noms comme
00000002.history, mélangés aux journaux dans le dépôt. S’il
trouve un de ces fichiers, PostgreSQL le sauve temporairement sous le
nom pg_wal/RECOVERYHISTORY. Il en a besoin pour savoir
quelle chaîne de journaux suivre quand il y a eu des restaurations ou
bascules sur un secondaire (voir plus loin).
Il n’y a aucune parallélisation prévue, mais des outils de sauvegarde PITR peuvent en faire en arrière-plan pendant l’exécution de la commande (par exemple pgBackRest en mode asynchrone ).
Si le but est de restaurer tous les journaux archivés, il n’est pas
nécessaire d’aller plus loin dans la configuration. La restauration se
poursuivra jusqu’à ce que restore_command tombe en erreur,
ce qui signifie l’épuisement de tous les journaux disponibles, et la fin
de la restauration.
Au cas où vous rencontreriez une instance en version 11 ou
antérieure : il faut savoir que la restauration se paramétrait dans un
fichier texte nommé recovery.conf, dans le PGDATA,
contenant recovery_command et éventuellement les options de
restauration.
Si l’on ne veut pas simplement restaurer tous les journaux, par exemple pour s’arrêter avant une fausse manipulation désastreuse, plusieurs paramètres permettent de préciser le point d’arrêt :
recovery_target_name (le nom correspond à un label
enregistré précédemment dans les journaux de transactions grâce à la
fonction pg_create_restore_point()) ;recovery_target_time ;recovery_target_xid, numéro de transaction qu’il est
possible de chercher dans les journaux eux-mêmes grâce à l’utilitaire
pg_waldump (voir cet
article) ;recovery_target_lsn, que là aussi on doit aller chercher
dans les journaux eux-mêmes.Évidemment, il ne faudra choisir qu’un paramètre parmi ceux-là.
Avec le paramètre recovery_target_inclusive (par défaut
à true), il est possible de préciser si la restauration se
fait en incluant les transactions au nom, à l’heure ou à l’identifiant
de transaction demandé, ou en les excluant.
Dans les cas complexes, nous verrons plus tard que choisir la
timeline peut être utile (avec
recovery_target_timeline, en général à
latest).
Exemples de paramétrage :
recovery_target_name = 'label';recovery_target_time = '2022-12-31 12:45:00 UTC'recovery_target_lsn = '0/2000060'recovery_target_xid = '1100842'Ces restaurations à un moment précis ne sont possibles que si elles
correspondent à un état cohérent d’après la fin du
base backup, soit après le moment du
pg_stop_backup.
Si l’on a un historique de plusieurs sauvegardes, il faudra en choisir une antérieure au point de restauration voulu. Ce n’est pas forcément la dernière. Les outils ne sont pas forcément capables de deviner la bonne sauvegarde à restaurer.
Il est possible de demander à la restauration de s’arrêter une fois arrivée au stade voulu avec :
recovery_target_action = pauseC’est même l’action par défaut si une des options d’arrêt ci-dessus a
été choisie : cela permet à l’utilisateur de vérifier que le serveur est
bien arrivé au point qu’il désirait. Les alternatives sont
promote (ouverture en écriture après le rejeu) et
shutdown.
Si la cible est atteinte mais que l’on décide de continuer la restauration jusqu’à un autre point (évidemment postérieur), il faut modifier la cible de restauration dans le fichier de configuration, et redémarrer PostgreSQL. C’est le seul moyen de rejouer d’autres journaux sans ouvrir l’instance en écriture.
Si l’on est arrivé au point de restauration voulu, un message de ce genre apparaît :
LOG: recovery stopping before commit of transaction 8693270, time 2021-09-02 11:46:35.394345+02
LOG: pausing at the end of recovery
HINT: Execute pg_wal_replay_resume() to promote.(Le terme promote pour une restauration est un peu abusif.)
pg_wal_replay_resume() — malgré ce que pourrait laisser
croire son nom ! — provoque ici l’arrêt immédiat de la restauration,
donc ignore les opérations contenues dans les WALs que l’on n’a pas
souhaités restaurer, puis le serveur s’ouvre en écriture sur une
nouvelle timeline.
Attention : jusque PostgreSQL 12 inclus, si un
recovery_target était spécifié mais n’était toujours
pas atteint à la fin du rejeu des archives, alors le mode
recovery se terminait et le serveur était promu sans erreur, et
ce, même si recovery_target_action avait la valeur
pause ! (À condition, bien sûr, que le point de cohérence
ait tout de même été dépassé.) Il faut donc être vigilant quant aux
messages dans le fichier de trace de PostgreSQL !
Depuis PostgreSQL 13, l’instance détecte le problème et s’arrête avec
un message FATAL : la restauration ne s’est pas déroulée
comme attendu. S’il manque juste certains journaux de transactions, cela
permet de relancer PostgreSQL après correction de l’oubli.
La documentation officielle complète sur le sujet est sur le site du projet.
La dernière étape est particulièrement simple. Il suffit de démarrer PostgreSQL. PostgreSQL va comprendre qu’il doit rejouer les journaux de transactions.
Les éventuels journaux présents sont rejoués, puis
restore_command est appelé pour fournir d’autres journaux,
jusqu’à ce que la commande ne trouve plus rien dans les archives.
Les journaux doivent se dérouler au moins jusqu’à rencontrer le
« point de cohérence », c’est-à-dire la mention insérée par
pg_backup_stop(). Avant ce point, il n’est pas possible de
savoir si les fichiers issus du base backup sont à jour ou pas,
et il est impossible de démarrer l’instance. Le message apparaît dans
les traces et, dans le doute, on doit vérifier sa présence :
2020-01-17 16:08:37.285 UTC [15221] LOG: restored log file "000000010000000100000031"…
2020-01-17 16:08:37.789 UTC [15221] LOG: restored log file "000000010000000100000032"…
2020-01-17 16:08:37.949 UTC [15221] LOG: consistent recovery state reached
at 1/32BFDD88
2020-01-17 16:08:37.949 UTC [15217] LOG: database system is ready to accept
read only connections
2020-01-17 16:08:38.009 UTC [15221] LOG: restored log file "000000010000000100000033"…Au moment où ce message apparaît, le rejeu n’est pas terminé, mais il a atteint un stade où l’instance est cohérente et utilisable.
PostgreSQL continue ensuite jusqu’à arriver à la limite fixée,
jusqu’à ce qu’il ne trouve plus de journal à rejouer
(restore_command tombe en erreur), ou que le bloc de
journal lu soit incohérent (ce qui indique qu’on est arrivé à la fin
d’un journal qui n’a pas été terminé, le journal courant au moment du
crash par exemple). PostgreSQL vérifie qu’il n’existe pas une
timeline supérieure sur laquelle basculer (par exemple s’il
s’agit de la deuxième restauration depuis la sauvegarde du PGDATA).
Puis il va s’ouvrir en écriture (sauf si vous avez demandé
recovery_target_action = pause).
2020-01-17 16:08:45.938 UTC [15221] LOG: restored log file "00000001000000010000003C"
from archive
2020-01-17 16:08:46.116 UTC [15221] LOG: restored log file "00000001000000010000003D"…
2020-01-17 16:08:46.547 UTC [15221] LOG: restored log file "00000001000000010000003E"…
2020-01-17 16:08:47.262 UTC [15221] LOG: restored log file "00000001000000010000003F"…
2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: invalid record length at 1/3F0000A0:
wanted 24, got 0
2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: redo done at 1/3F000028
2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: last completed transaction was
at log time 2020-01-17 14:59:30.093491+00
2020-01-17 16:08:47.860 UTC [15221] LOG: restored log file "00000001000000010000003F"…
cp: cannot stat ‘/opt/pgsql/archives/00000002.history’: No such file or directory
2020-01-17 16:08:47.966 UTC [15221] LOG: selected new timeline ID: 2
2020-01-17 16:08:48.179 UTC [15221] LOG: archive recovery complete
cp: cannot stat ‘/opt/pgsql/archives/00000001.history’: No such file or directory
2020-01-17 16:08:51.613 UTC [15217] LOG: database system is ready
to accept connectionsLe fichier recovery.signal est effacé pour ne pas poser
problème en cas de crash immédiat. (Ne l’effacez jamais
manuellement !)
Le fichier backup_label d’une sauvegarde exclusive est
renommé en backup_label.old.
La durée de la restauration est fortement dépendante du nombre de
journaux. Ils sont rejoués séquentiellement. Mais avant cela, un fichier
journal peut devoir être récupéré, décompressé, et restauré dans
pg_wal.
Il est donc préférable qu’il n’y ait pas trop de journaux à rejouer, et donc qu’il n’y ait pas trop d’espaces entre sauvegardes complètes successives.
La version 15 a optimisé le rejeu en permettant l’activation du prefetch des blocs de données lors du rejeu des journaux.
Un outil comme pgBackRest en mode asynchrone permet de paralléliser la récupération des journaux, ce qui permet de les récupérer via le réseau et de les décompresser par avance pendant que PostgreSQL traite les journaux précédents.
Lorsque le mode recovery s’arrête, au point dans le temps
demandé ou faute d’archives disponibles, l’instance accepte les
écritures. De nouvelles transactions se produisent alors sur les
différentes bases de données de l’instance. Dans ce cas, l’historique
des données prend un chemin différent par rapport aux archives de
journaux de transactions produites avant la restauration. Par exemple,
dans ce nouvel historique, il n’y a pas le DROP TABLE
malencontreux qui a imposé de restaurer les données. Cependant, cette
transaction existe bien dans les archives des journaux de
transactions.
On a alors plusieurs historiques des transactions, avec des
« bifurcations » aux moments où on a réalisé des restaurations.
PostgreSQL permet de garder ces historiques grâce à la notion de
timeline. Une timeline est donc l’un de ces
historiques. Elle est identifiée par un numéro et se matérialise par un
ensemble de journaux de transactions. Le numéro de la timeline
est le premier nombre hexadécimal du nom des segments de journaux de
transactions, en 8ᵉ position (le second est le numéro du journal, et le
troisième, à la fin, le numéro du segment). Ainsi, lorsqu’une instance
s’ouvre après une restauration PITR, elle peut archiver immédiatement
ses journaux de transactions au même endroit, les fichiers ne seront pas
écrasés vu qu’ils seront nommés différemment. Par exemple, après une
restauration PITR s’arrêtant à un point situé dans le segment
000000010000000000000009 :
$ ls -1 /backup/postgresql/archived_wal/
000000010000000000000007
000000010000000000000008
000000010000000000000009
00000001000000000000000A
00000001000000000000000B
00000001000000000000000C
00000001000000000000000D
00000001000000000000000E
00000001000000000000000F
000000010000000000000010
000000010000000000000011
000000020000000000000009
00000002000000000000000A
00000002000000000000000B
00000002000000000000000C
00000002.historyNoter les timelines 1 et 2 en 8ᵉ position
des noms des fichiers. Il y a deux fichiers finissant par
09 : le premier 000000010000000000000009
contient des informations communes aux deux timelines mais sa
fin ne figure pas dans la timeline 2. Les fichiers
00000001000000000000000A à
000000010000000000000011 contiennent des informations qui
ne figurent que dans la timeline 1. Les fichiers
00000002000000000000000Ajusque
00000002000000000000000C sont uniquement dans la
timeline 2. Le fichier 00000002.history contient
l’information sur la transition entre les deux timelines.
Ce fichier sert pendant le recovery, quand l’instance doit
choisir les timelines à suivre et les fichiers à restaurer. Les
timelines connues avec leur point de départ sont suivies grâce
aux fichiers d’historique, nommés d’après le numéro hexadécimal sur huit
caractères de la timeline et le suffixe .history,
et archivés avec les journaux. En partant de la timeline
qu’elle quitte, l’instance restaure les fichiers historiques des
timelines suivantes pour choisir la première disponible. Une
fois la restauration finie, avant de s’ouvrir en écriture, l’instance
archive un nouveau fichier .history pour la nouvelle
timeline sélectionnée. Il contient l’adresse du point de départ
dans la timeline qu’elle quitte, c’est-à-dire le point de
bifurcation entre la 1 et la 2 :
$ cat 00000002.history
1 0/9765A80 before 2015-10-20 16:59:30.103317+02Puis l’instance continue normalement, et archive ses journaux
commençant par 00000002.
Après une seconde restauration, repartant de la timeline 2, l’instance choisit la timeline 3 et écrit un nouveau fichier :
$ cat 00000003.history
1 0/9765A80 before 2015-10-20 16:59:30.103317+02
2 0/105AF7D0 before 2015-10-22 10:25:56.614316+02Ce fichier reprend les timelines précédemment suivies par l’instance. En effet, l’enchaînement peut être complexe s’il y a eu plusieurs retours en arrière ou restauration.
À la restauration, on peut choisir la timeline cible en
configurant le paramètre recovery_target_timeline. Il vaut
par défaut latest, et la restauration suit donc les
changements de timeline depuis le moment de la sauvegarde.
Pour choisir une autre timeline que la dernière, il faut
donner le numéro de la timeline cible comme valeur du paramètre
recovery_target_timeline. Les timelines permettent ainsi
d’effectuer plusieurs restaurations successives à partir du même
base backup, avec des retours en arrière, et d’archiver vers le
même dépôt sans mélanger les journaux.
Bien sûr, pour restaurer dans une timeline précise, il faut
que le fichier .history correspondant soit encore présent
dans les archives, sous peine d’erreur.
Un changement de timeline ne se produit que lors d’une restauration explicite, et pas en cas de recovery après crash, notamment. (Cela arrive aussi quand un serveur secondaire est promu : il crée une nouvelle timeline.)
Il y a quelques pièges :
pg_controldata, est en décimal. Mais les fichiers
.history portent un numéro en hexadécimal (par exemple
00000014.history pour la timeline 20). On peut fournir les
deux à recovery_target_timeline (20 ou
'0x14'). Attention, il n’y a pas de contrôle ! recovery_target_timeline était current : la
restauration se faisait donc dans la même timeline que le
base backup. Si entre-temps il y avait eu une bascule ou une
précédente restauration, la nouvelle timeline n’était pas
automatiquement suivie !Ce schéma illustre ce processus de plusieurs restaurations successives, et la création de différentes timelines qui en résulte.
On observe ici les éléments suivants avant la première restauration :
x12 ;On décide d’arrêter l’instance alors qu’elle est arrivée à la
transaction x47, par exemple parce qu’une nouvelle
livraison de l’application a introduit un bug qui provoque des pertes de
données. L’objectif est de restaurer l’instance avant l’apparition du
problème afin de récupérer les données dans un état cohérent, et de
relancer la production à partir de cet état. Pour cela, on restaure les
fichiers de l’instance à partir de la dernière sauvegarde, puis on
modifie le fichier de configuration pour que l’instance, lors de sa
phase de recovery :
x12) ;x42).On démarre ensuite l’instance et on l’ouvre en écriture, on constate
alors que celle-ci bascule sur la timeline 2, la bifurcation
s’effectuant à la transaction x42. L’instance étant de
nouveau ouverte en écriture, elle va générer de nouveaux WAL, qui seront
associés à la nouvelle timeline : ils n’écrasent pas les
fichiers WAL archivés de la timeline 1, ce qui permet de les
réutiliser pour une autre restauration en cas de besoin (par exemple si
la transaction x42 utilisée comme point d’arrêt était trop
loin dans le passé, et que l’on désire restaurer de nouveau jusqu’à un
point plus récent).
Un peu plus tard, on a de nouveau besoin d’effectuer une restauration
dans le passé - par exemple, une nouvelle livraison applicative a été
effectuée, mais le bug rencontré précédemment n’était toujours pas
corrigé. On restaure donc de nouveau les fichiers de l’instance à partir
de la même sauvegarde, puis on configure PostgreSQL pour suivre la
timeline 2 (paramètre
recovery_target_timeline = 2) jusqu’à la transaction
x55. Lors du recovery, l’instance va :
x12) ;x42) ;x55).On démarre ensuite l’instance et on l’ouvre en écriture, on constate
alors que celle-ci bascule sur la timeline 3, la bifurcation
s’effectuant cette fois à la transaction x55.
Enfin, on se rend compte qu’un problème bien plus ancien et subtil a
été introduit précédemment aux deux restaurations effectuées. On décide
alors de restaurer l’instance jusqu’à un point dans le temps situé bien
avant, jusqu’à la transaction x20. On restaure donc de
nouveau les fichiers de l’instance à partir de la même sauvegarde, et on
configure le serveur pour restaurer jusqu’à la transaction
x20. Lors du recovery, l’instance va :
x12) ;x20).Comme la création des deux timelines précédentes est
archivée dans les fichiers history, l’ouverture de l’instance
en écriture va basculer sur une nouvelle timeline (4). Suite à
cette restauration, toutes les modifications de données provoquées par
des transactions effectuées sur la timeline 1 après la
transaction x20, ainsi que celles effectuées sur les
timelines 2 et 3, ne sont donc pas présentes dans
l’instance.
Une fois le nouveau primaire en place, la production peut reprendre, mais il faut vérifier que la sauvegarde PITR est elle aussi fonctionnelle.
Ce nouveau primaire a généralement commencé à archiver ses journaux à
partir du dernier journal récupéré de l’ancien primaire, renommé avec
l’extension .partial, juste avant la bascule sur la
nouvelle timeline. Il faut bien sûr vérifier que l’archivage
des nouveaux journaux fonctionne.
Sur l’ancien primaire, les derniers journaux générés juste avant
l’incident n’ont pas forcément été archivés. Ceux-ci possèdent un
fichier témoin .ready dans
pg_wal/archive_status. Même s’ils ont été copiés
manuellement vers le nouveau primaire avant sa promotion, celui-ci ne
les a pas archivés.
Rappelons qu’un « trou » dans le flux des journaux dans le dépôt des archives empêchera la restauration d’aller au-delà de ce point !
Il est possible de forcer l’archivage des fichiers
.ready depuis l’ancien primaire, avant la bascule, en
exécutant à la main les archive_command que PostgreSQL
aurait générées, mais la facilité pour le faire dépend de l’outil. La
copie de journaux à la main est donc risquée.
De plus, s’il y a eu plusieurs restaurations successives, qui ont
provoqué quelques archivages et des apparitions de timelines
dans le même dépôt d’archives, avant d’être abandonnées, il faut faire
attention au paramètre recovery_target_timeline
(latest ne convient plus), ce qui complique une future
restauration.
Pour faciliter des restaurations ultérieures, il est recommandé de procéder au plus tôt à une sauvegarde complète du nouveau primaire.
Quant aux éventuelles instances secondaires, il est vraisemblable qu’elles doivent être reconstruites suite à la restauration de l’instance primaire. (Si elles ont appliqué des journaux qui ont été perdus et n’ont pas été repris par le primaire restauré, ces secondaires ne pourront se raccrocher. Consulter les traces.)
L’un des problèmes de la sauvegarde PITR est la place prise sur disque par les journaux de transactions. Si un journal de 16 Mo (par défaut) est généré toutes les minutes, le total est de 23 Go de journaux par jour, et parfois beaucoup plus. Il n’est pas forcément possible de conserver autant de journaux.
Un premier moyen est de reduire la volumétrie à la source en espaçant
les checkpoints. Le graphique ci-dessus représente la volumétrie générée
par un simple test avec pgbench (OLTP classique donc) avec
checkpoint_timeout variant entre 1 et 30 minutes : les
écarts sont énormes.
La raison est que, pour des raisons de fiabilité, un bloc modifié est
intégralement écrit (8 ko) dans les journaux à sa première modification
après un checkpoint. Par la suite, seules les modifications de ce bloc,
souvent beaucoup plus petites, sont journalisées. (Ce comportement
dépend du paramètre full_page_writes, activé
par défaut et qu’il est impératif de laisser tel quel, sauf peut-être
sur ZFS.)
Espacer les checkpoints permet d’économiser des écritures de blocs complets, si l’activité s’y prête (en OLTP surtout). Il y a un intérêt en performances, mais surtout en place disque économisée quand les journaux sont archivés, aussi accessoirement en CPU s’ils sont compressés, et en trafic réseau s’ils sont répliqués. Un exemple figure dans ce billet du blog Dalibo.
Par cohérence, si l’on monte checkpoint_timeout, il faut
penser à augmenter aussi max_wal_size, et vice-versa. Des
valeurs courantes sont respectivement 15 minutes, parfois plus, et
plusieurs gigaoctets.
Il y a cependant un inconvénient : un écart plus grand entre checkpoints peut allonger la restauration après un arrêt brutal, car il y aura plus de journaux à rejouer, parfois des centaines ou des milliers.
PostgreSQL peut compresser les journaux à la source, avec le
paramètre wal_compression (hélas désactivé par défaut). La
compression est opérée par PostgreSQL au niveau de la page, avec un gros
gain en volumétrie (souvent plus de 50 % !). Les journaux font toujours
16 Mo (par défaut), mais ils sont moins nombreux. Cela accélère la
réplication et la reprise après un crash.
Cette compression des journaux est totalement transparente pour l’archivage ou la restauration. Le prix est une augmentation de la consommation en CPU, souvent négligeable.
Cependant, cette compression ne concerne que les insertions de blocs de données complets, donc pas l’intégralité des journaux.
Les algorithmes de compression disponibles sont (depuis
PostgreSQL 15) : pglz, lz4 ou
zstd. on est le synonyme de pglz…
qui est sans doute le moins bon des trois, surtout en terme de
consommation CPU. Ce
petit test de Michael Paquier montre que l’impact sur le taux de
compression est assez faible.
Une solution complémentaire est la compression à la volée des
journaux archivés dans l’archive_command. Les outils
classiques comme gzip, bzip2,
lzma, xz, etc. conviennent. Tous les outils
PITR incluent plusieurs de ces algorithmes. Un fichier de 16 Mo aura
généralement une taille compressée comprise entre 3 et 6 Mo. Cette
compression reste utile même si wal_compression est
activé.
Cependant, attention au temps de compression des journaux : en cas
d’écritures lourdes, une compression élevée, mais lente, peut mener à un
retard conséquent de l’archivage par rapport à l’écriture des journaux,
jusque saturation de pg_wal/, et arrêt de l’instance. Il
est courant de se contenter de gzip -1 ou
lz4 -1 pour les journaux, et de ne compresser agressivement
que les sauvegardes des fichiers de la base.
Il n’est pas conseillé de réinventer la roue et d’écrire soi-même des scripts de sauvegarde PITR. En effet, il faut prévoir de nombreux cas et bien gérer les erreurs. La sauvegarde concurrente est également difficile à manier.
Des outils reconnus existent, dont nous évoquerons brièvement les plus connus parmi ceux qui sont libres. Ils ne font pas partie du projet PostgreSQL à proprement parler, et doivent être installés séparément. Il en existe d’autres, parfois payants.
Les outils décrits succinctement plus bas permettent :
Ces outils ne sont pas adaptés à l’utilisation de snapshots. Il faudra se tourner vers des outils propriétaires pour cela.
Leur philosophie peut différer, notamment en terme de centralisation ou de compromis entre simplicité et fonctionnalités. Ces dernières s’enrichissent d’ailleurs au fil du temps.
pgBackRest est un outil de gestion de sauvegardes PITR écrit en C, par David Steele. Le code source est sous licence MIT.
Il met l’accent sur les performances avec de gros volumes et les fonctionnalités, au prix d’une complexité à la configuration :
pg_wal ;pgBackRest n’utilise pas pg_receivewal pour garantir la
sauvegarde du dernier journal (non terminé) avant un sinistre. Les
auteurs considèrent que dans ce cas un secondaire synchrone est plus
adapté et plus fiable.
Le projet est très actif et considéré comme fiable, et les fonctionnalités proposées sont intéressantes.
Pour la supervision de l’outil, une sonde Nagios est fournie par un des développeurs : check_pgbackrest.
barman est un outil créé par 2ndQuadrant (racheté depuis par EDB). Il a pour but de faciliter la mise en place de sauvegardes PITR. Il gère à la fois la sauvegarde et la restauration.
La commande barman dispose par exemple de ces
actions :
list-server, pour connaître la liste des serveurs
configurés ;backup, pour lancer une sauvegarde de base ;list-backup, pour connaître la liste des sauvegardes de
base ;show-backup, pour afficher des informations sur une
sauvegarde ;delete, pour supprimer une sauvegarde ;recover, pour restaurer une sauvegarde (la restauration
peut se faire à distance).À la différence de pgBackRest, barman repose sur les outils internes de PostgreSQL :
pg_basebackup pour la copie des fichiers ;pg_receivewal (optionnellement) pour streamer
les journaux à archiver.Il supporte aussi les dépôts S3 ou blob Azure.
Un outil annexe, barman-cli-cloud, permet de sauvegarder directement dans le cloud sans serveur Barman dédié. Cet outil est inclus dans l’opérateur Kubernetes CloudNativePG, également issu d’EDB.
Voir : Site web de barman
WAL-G est une réécriture d’un ancien outil assez populaire, WAL-E, par Citus et Yandex, et actif.
De par sa conception, il est optimisé pour l’archivage des journaux de transactions vers des stockages cloud (Amazon S3, Google, Yandex), la compression multiprocesseur par différents algorithmes et l’optimisation du temps de restauration. Il supporte aussi MySQL/MariaDB et SQL Server (et d’autres dans le futur).
Du fait du dynamisme du projet, l’écosystème des outils autour de PostgreSQL est très changeant. À côté des outils évoqués ci-dessus, que nous recommandons, on trouve de nombreux projets autour du thème de la gestion des sauvegardes.
Certains de ces projets répondent à des problématiques de manière plus sûre ou spécifique.
D’autres sont assez anciens et plus guère maintenus, comme WAL-E, remplacé par WAL-G. D’autres ont été rendus inutiles par l’évolution de PostgreSQL ces dernières années, comme walmgr, de la suite Skytools ; ou OmniPITR ; ou encore Pitrery, de Nicolas Thauvin, issu du labo R&D de Dalibo, encore supporté jusque fin 2026 et jusque PostgreSQL 14, qui s’appuyait uniquement sur la sauvegarde concurrente et visait la simplicité d’utilisation pour des bases de taille petite ou moyenne. D’autres enfin sont simplement peu actifs et peu rencontrés en production, par exemple pg_rman, développé par NTT.
Le choix d’un outil de sauvegarde est structurant. Il faut bien définir ses besoins.
Signalons d’abord qu’une sauvegarde logique (pg_dump, pg_back) répond déjà à bien
des besoins. Toutes les bases n’ont pas besoin de la complexité du
PITR.
Où les sauvegardes doivent-elles être stockées ? Un partage NFS est courant, un S3 l’est aussi à présent.
A-t-on besoin de sauvegardes différentielles/incrémentales, l’outil les gère-t-il ?
Quelles ressources sont à disposition ? Y a-t-il un serveur de sauvegardes dédié ? Si oui, a-t-il la puissance pour compresser fortement une grosse base, ou faut-il que ce soit fait à la source, auquel cas les ressources doivent être du côté du serveur de base de données ? Ou accepte-t-on des sauvegardes plus volumineuses ?
La capacité de gérer la compression et la parallélisation de l’archivage face à des écritures massives est importante. pgBackRest a d’abord été conçu pour ce besoin.
Vise-t-on un RPO de zéro ? Un réplica est-il disponible ? Peut-il servir à faire la sauvegarde ?
De quel type d’accès aux serveurs de bases de données dispose-t-on ? Le mode pull est-il acceptable ? recommandé ?
Quel est l’environnement ? La plupart des outils sont diffusés par le
PGDG sur les grandes distributions Linux ; mais CloudNativePG impose
(pour le moment) barman-cli-cloud.
Quel est l’historique et la pérennité de l’outil envisagé ? On ne confie pas une chose aussi importante que la sauvegarde à un outil apparu récemment, peu utilisé et mal documenté.
Enfin, sait-on correctement superviser les sauvegardes (fraîcheur des sauvegardes, « trous » dans les journaux) ?
Cette méthode de sauvegarde est la seule utilisable dès que les besoins de performance de sauvegarde et de restauration augmentent (Recovery Time Objective ou RTO), ou que le volume de perte de données doit être drastiquement réduit (Recovery Point Objective ou RPO).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/i2_solutions.
NB : Ce TP a été mis à jour pour la version 18 de PostgreSQL. Adapter les chemins pour les autres versions au besoin.
Dans ce qui suit, la plupart des commandes seront à lancer en tant
que postgres, les ordres sudo nécessitant
un utilisateur privilégié.
Vous aurez besoin de plusieurs terminaux sous postgres (application, sauvegardes, restauration), et d’un terminal pour l’utilisateur privilégié..
Préparer la réplication dans
postgresql.confetpg_hba.conf:
- activer l’archivage ;
- simuler un archivage fonctionnel avec
/bin/truecomme valeur pour la commande d’archivage (archive_command) ;- autoriser les connexions de réplication en streaming en local.
Pour insérer des données :
- en arrière-plan dans un autre terminal, générer de l’activité avec
pgbenchen tant qu’utilisateur postgres :$ createdb bench $ export PGOPTIONS='-c synchronous_commit=off' $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench -i -s 100 bench $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench bench -n -P 3 -T 1800
- surveiller l’évolution de l’activité sur la table
pgbench_history, par exemple ainsi :$ watch -n 1 "psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history ;'"
En parallèle, sauvegarder l’instance avec :
pg_basebackupau format tar, compressé avec gzip ;- sans oublier les journaux ;
- avec l’option
--max-rate=10Mpour ralentir la sauvegarde ;- le répertoire de sauvegarde sera
/var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak;- surveiller la progression dans une autre session avec la vue système adéquate.
Une fois la sauvegarde terminée : quels sont les fichiers générés ?
- Arrêter la session
pgbench;- Noter l’heure exacte de dernière modification dans
pgbench_history.
- Arrêter l’instance.
- Faire une copie à froid des données (par exemple avec
cp -rfp) vers/var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak(cette copie resservira plus tard).
- Vider le répertoire des données ;
- Restaurer la sauvegarde
pg_basebackupen décompressant ses deux archives (tar -C … -xzf …) dans le répertoire de données original ;- Redémarrer l’instance.
Une fois l’instance restaurée et démarrée, vérifier les traces : la base doit accepter les connexions.
Quelle est la dernière donnée restaurée (dans
pgbench_history) ? Y a-t-il un écart ? Est-ce normal ?
Tenter une nouvelle restauration depuis l’archive
pg_basebackupsans restaurer les journaux de transaction. Que se passe-t-il ? Consulter le fichierbackup_label.
(Optionnel) Copier une partie des journaux sauvegardés dans
pg_walet tenter un démarrage. Que se passe-t-il ?
(Optionnel) Chercher l’enregistrement suivant parmi les journaux avec :
/usr/pgsql-18/bin/pg_waldump <NOMJOURNAL1> <NOMJOURNAL2> |grep -i BACKUP
Restaurer à nouveau la sauvegarde par
pg_basebackup. Quelle est la timeline ?
Si après le TP précédent l’instance n’est pas fonctionnelle, remettre en place la copie à froid de l’instance depuis
/var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak/.
Configurer l’archivage vers un répertoire
/archives, par exemple avecrsync.
Configurer la commande de restauration inverse ;
Démarrer PostgreSQL.
Générer à nouveau de l’activité avec
pgbench: en tant qu’utilisateur postgres :$ createdb bench # si pas déjà fait précédemment $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench -i -s 100 bench # idem $ export PGOPTIONS='-c synchronous_commit=off' $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench bench -n -P 3 -T 1800
Vérifier que l’archivage fonctionne dans le répertoire
/archives, dans les traces et dans la vuepg_stat_archiver.
En parallèle, lancer une nouvelle sauvegarde avec
pg_basebackupau formatplain(non compressé).
Utiliser
pg_verify_backuppour contrôler l’intégrité de la sauvegarde.
À quoi correspond le fichier finissant par
.backupdans les archives ?
Arrêter
pgbenchet noter la date des dernières données insérées.
Effacer le PGDATA ;
Restaurer la sauvegarde précédente sans les journaux ;
Configurer larestore_command;.
Créer le fichierrecovery.signal;
Démarrer PostgreSQL.
Vérifier les traces, ainsi que les données restaurées une fois le service démarré.
Vérifier quelles données ont été restaurées.
NB : Ce TP a été mis à jour pour la version 18 de PostgreSQL. Adapter les chemins pour les autres versions au besoin.
Dans ce qui suit, la plupart des commandes seront à lancer en tant
que postgres, les ordres sudo nécessitant
un utilisateur privilégié.
Vous aurez besoin de plusieurs terminaux sous postgres (application, sauvegardes, restauration), et un pour l’utilisateur privilégié.
Préparer la réplication dans
postgresql.confetpg_hba.conf:
- activer l’archivage ;
- simuler un archivage fonctionnel avec
/bin/truecomme valeur pour la commande d’archivage (archive_command) ;- autoriser les connexions de réplication en streaming en local.
On n’aura pas encore besoin de l’archivage ici.
S’il est déjà actif, on peut se contenter d’inhiber ainsi la commande
d’archivage (cela économise le redémarrage suite à modification de
archive_mode) :
archive_mode = on
archive_command = '/bin/true'dans /var/lib/pgsql/18/data/postgresql.conf (pour les
paquets RPM du PGDG ; sur Debian/Ubuntu, le postgresql.conf
est dans /etc/postgresql/18/main/).
Vérifier l’autorisation de connexion en réplication dans
pg_hba.conf. Si besoin, mettre à jour la ligne en fin de
fichier :
local replication all peerCela va ouvrir l’accès sans mot de passe depuis l’utilisateur système postgres.
Redémarrer PostgreSQL :
sudo systemctl restart postgresql-18(Sous Debian, le nom du service est plutôt
postgresql@18-main.)
Pour insérer des données :
- en arrière-plan dans un autre terminal, générer de l’activité avec
pgbenchen tant qu’utilisateur postgres :$ createdb bench $ export PGOPTIONS='-c synchronous_commit=off' $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench -i -s 100 bench $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench bench -n -P 3 -T 1800
- surveiller l’évolution de l’activité sur la table
pgbench_history, par exemple ainsi :$ watch -n 1 "psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history ;'"
pgbench est un outil fourni avec PostgreSQL.
Les commandes suivantes créent une base de 1,5 Go :
createdb bench
/usr/pgsql-18/bin/pgbench -i -s 100 benchL’option suivante ne sert qu’à accélérer les tests (ne pas utiliser en production au risque de perdre quelques données en cas de crash) :
export PGOPTIONS='-c synchronous_commit=off'Celle-ci génère quelques centaines de transactions/seconde, limitées par un processeur :
/usr/pgsql-18/bin/pgbench bench -n -P 3 -T 1800En parallèle, sauvegarder l’instance avec :
pg_basebackupau format tar, compressé avec gzip ;- sans oublier les journaux ;
- avec l’option
--max-rate=10Mpour ralentir la sauvegarde ;- le répertoire de sauvegarde sera
/var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak;- surveiller la progression dans une autre session avec la vue système adéquate.
(Le répertoire de sauvegarde correspond à une installation par défaut sur un Linux Red Hat ou similaire. Adapter le chemin sur un système Debian/Ubuntu.)
En tant que postgres :
pg_basebackup -D /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak -Ft \
--checkpoint=fast --gzip --progress --max-rate=30M
1583675/1583675 kB (100%), 1/1 tablespaceÉvidemment, en production, il ne faut pas sauvegarder sur le même serveur, et encore moins le même disque, que les données.
La progression peut se suivre depuis psql avec :
\x on
SELECT * FROM pg_stat_progress_basebackup ;
\watch 1-[ RECORD 1 ]--------+---------------------------------
pid | 19763
phase | waiting for checkpoint to finish
backup_total |
backup_streamed | 0
tablespaces_total | 0
tablespaces_streamed | 0
-[ RECORD 1 ]--------+-------------------------
pid | 19763
phase | streaming database files
backup_total | 1711215360
backup_streamed | 29354496
tablespaces_total | 1
tablespaces_streamed | 0
…La sauvegarde devrait durer trois minutes.
Une fois la sauvegarde terminée : quels sont les fichiers générés ?
Les fichiers générés sont :
ls -lha /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak…
-rw-------. 1 postgres postgres 180K Sep 4 16:58 backup_manifest
-rw-------. 1 postgres postgres 88M Sep 4 16:58 base.tar.gz
-rw-------. 1 postgres postgres 5.1M Sep 4 16:58 pg_wal.tar.gzOn obtient donc :
Ce dernier peut se consulter avec :
jq < /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/backup_manifest |less…
{
"Path": "base/1/3466",
"Size": 0,
"Last-Modified": "2026-09-04 06:17:19 GMT",
"Checksum-Algorithm": "CRC32C",
"Checksum": "00000000"
},
…
- Arrêter la session
pgbench;- Noter l’heure exacte de dernière modification dans
pgbench_history.
L’activité avec pgbench s’arrête avec un simple
Ctrl-C. Noter l’heure de dernière modification :
psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history;' max
----------------------------
2026-09-04 17:31:09.360418
- Arrêter l’instance ;
- Faire une copie à froid des données (par exemple avec
cp -rfp) vers/var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak(cette copie resservira plus tard).
En tant qu’utilisateur privilégié :
sudo systemctl stop postgresql-18En tant qu’utilisateur postgres :
cp -rfp /var/lib/pgsql/18/data /var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bakCe répertoire de données correspond à une installation par défaut sur
un Linux Red Hat, Rocky Linux ou similaire. Sur un système
Debian/Ubuntu, les données sont par défaut dans
/var/lib/postgresql/18/main/.
- Vider le répertoire des données ;
- Restaurer la sauvegarde
pg_basebackupen décompressant ses deux archives (tar -C … -xzf …) dans le répertoire de données original ;- Redémarrer l’instance.
On restaure dans le répertoire de données l’archive de base, puis les
journaux dans leur sous-répertoire pg_wal/.
La suppression des traces est optionnelle, mais elle évite de mélanger celles d’avant et celles d’après la restauration.
En tant qu’utilisateur postgres :
# Purge du répertoire existant
rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/*
# Décompression du PGDATA
tar -C /var/lib/pgsql/18/data \
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
# Décompression des journaux
tar -C /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal \
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/pg_wal.tar.gz
# Vérification de la présence des journaux
ls -l /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/total 49152
-rw-------. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:32 000000010000000000000059
-rw-------. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:33 00000001000000000000005A
-rw-------. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:33 00000001000000000000005B
drwx------. 2 postgres postgres 80 Sep 4 17:06 archive_status
drwx------. 2 postgres postgres 6 Sep 4 16:32 summaries# Purge des traces
rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/log/*En tant qu’utilisateur privilégié :
# Démarrage de l'instance restaurée
sudo systemctl start postgresql-18Une fois l’instance restaurée et démarrée, vérifier les traces : la base doit accepter les connexions.
En tant postgres ou root :
tail -F /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-*.log…
… LOG: listening on Unix socket "/tmp/.s.PGSQL.5432"
… LOG: database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 17:29:08 CEST
… LOG: starting backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8, checkpoint LSN 0/510F5D78, on timeline ID 1
… LOG: redo starts at 0/5106DCA8
… LOG: completed backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8 and end LSN 0/54FF3C88
… LOG: consistent recovery state reached at 0/54FF3C88
… LOG: redo done at 0/54FF3C88 system usage: CPU: user: 0.08 s, system: 0.07 s, elapsed: 0.16 s
… LOG: checkpoint starting: end-of-recovery immediate wait
… LOG: checkpoint complete: wrote 8353 buffers (51.0%), wrote 3 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 4 recycled; write=0.292 s, sync=0.634 s, total=0.985 s; sync files=23, longest=0.622 s, average=0.028 s; distance=65096 kB, estimate=65096 kB; lsn=0/55000028, redo lsn=0/55000028
… LOG: database system is ready to accept connections
…PostgreSQL considère qu’il a été interrompu brutalement et part en recovery. Noter en particulier la mention consistent recovery state reached : la sauvegarde est bien cohérente.
Quelle est la dernière donnée restaurée (dans
pgbench_history) ? Y a-t-il un écart ? Est-ce normal ?
psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history;' max
----------------------------
2026-09-04 17:29:44.286013Il y a un petit écart.
Grâce aux journaux (pg_wal) restaurés, l’ensemble des
modifications survenues pendant la sauvegarde ont bien
été récupérées.
Par contre, les données générées après la sauvegarde n’ont, elles, pas été récupérées. Il aurait fallu des journaux postérieurs à la sauvegarde.
Tenter une nouvelle restauration depuis l’archive
pg_basebackupsans restaurer les journaux de transaction. Que se passe-t-il ? Consulter le fichierbackup_label.
En tant qu’utilisateur privilégié :
sudo systemctl stop postgresql-18rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/*
# Décompression de l'archive de base
tar -C /var/lib/pgsql/18/data \
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/log/*
ls /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/Il n’y a plus les journaux :
archive_status summariesEt le redémarrage donne :
sudo systemctl start postgresql-18Job for postgresql-18.service failed because the control process exited with error code.
See "systemctl status postgresql-18.service" and "journalctl -xeu postgresql-18.service" for details.Pour trouver la cause, il faut aller chercher dans les traces :
tail /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-*.log… LOG: starting backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8, checkpoint LSN 0/510F5D78, on timeline ID 1
… LOG: invalid checkpoint record
… FATAL: could not locate required checkpoint record at 0/510F5D78
… HINT: If you are restoring from a backup, touch "/var/lib/pgsql/18/data/recovery.signal" or "/var/lib/pgsql/18/data/standby.signal" and add required recovery options.
If you are not restoring from a backup, try removing the file "/var/lib/pgsql/18/data/backup_label".
Be careful: removing "/var/lib/pgsql/18/data/backup_label" will result in a corrupt cluster if restoring from a backup.
… LOG: startup process (PID 30842) exited with exit code 1
… LOG: terminating any other active server processes
… LOG: shutting down due to startup process failure
… LOG: database system is shut downPostgreSQL ne trouve pas les journaux nécessaires à sa restauration à un état cohérent, le service refuse de démarrer.
Il a trouvé le point de départ 0/5106DCA8 dans le
fichier backup_label créé au début de la sauvegarde, mais
aucun checkpoint postérieur dans les journaux (et pour cause).
cat /var/lib/pgsql/18/data/backup_label START WAL LOCATION: 0/5106DCA8 (file 000000010000000000000051)
CHECKPOINT LOCATION: 0/510F5D78
BACKUP METHOD: streamed
BACKUP FROM: primary
START TIME: 2026-09-04 17:29:08 CEST
LABEL: pg_basebackup base backup
START TIMELINE: 1Supprimer le backup_label permettrait peut-être de
démarrer l’instance mais celle-ci serait alors dans un état incohérent !
Il y a de bonnes chances que le démarrage s’achève par :
… LOG: database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 17:29:08 CEST
… LOG: invalid checkpoint record
… PANIC: could not locate a valid checkpoint record at 0/510F5D78
… LOG: startup process (PID 31394) was terminated by signal 6: Aborted
… LOG: terminating any other active server processes
… LOG: shutting down due to startup process failure
… LOG: database system is shut downEn résumé : la restauration n’est pas possible sans les journaux !
(Optionnel) Copier une partie des journaux sauvegardés dans
pg_walet tenter un démarrage. Que se passe-t-il ?
Décompression des journaux dans /tmp :
tar -C /tmp -xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb2.bak/pg_wal.tar.gzCopie des premiers :
mv /tmp/000000010000000000000051 /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/
mv /tmp/000000010000000000000052 /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/
…La base redémarrera… mais on a une bonne chance d’avoir ensuite ce message puis un arrêt :
… LOG: restarting backup recovery with redo LSN 1> - le répertoire de sauvegarde sera `/var/lib/psql/backups/data.bb.bak` ;/4980DC78
… LOG: database system was not properly shut down; automatic recovery in progress
… LOG: redo starts at 1/4980DC78
… LOG: redo done at 1/D0FFFC10 system usage: CPU: user: 4.45 s, system: 4.51 s, elapsed: 9.43 s
… FATAL: WAL ends before end of online backup
… HINT: All WAL generated while online backup was taken must be available at recovery.
… LOG: startup process (PID 33428) exited with exit code 1
… LOG: terminating any other active server processes
… LOG: shutting down due to startup process failure
… LOG: database system is shut downIl faut vraiment tous les journaux.
(Optionnel) Chercher l’enregistrement suivant parmi les journaux avec :
/usr/pgsql-18/bin/pg_waldump <NOMJOURNAL1> <NOMJOURNAL2> |grep -i BACKUP
PostgreSQL attend de trouver l’enregistrement BACKUP_END
posé par pg_backup_stop().
Pour le chercher il faut avoir tous les journaux archivés :
tar -C /tmp -xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb2.bak/pg_wal.tar.gzRecherche dans les journaux, en fournissant les deux bornes :
cd /tmp
/usr/pgsql-18/bin/pg_waldump 000000010000000000000051 000000010000000000000054 \
|grep -i BACKUPrmgr: XLOG len (rec/tot): 34/ 34, tx: 0, lsn: 0/54FF3C60, prev 0/54FF3C38, desc: BACKUP_END 0/5106DCA8BACKUP_END 0/5106DCA8 indique de quel backup il
s’agit.
L’entrée 0/54FF3C38 indique le journal final, et il
finit donc par 54… et désigne ainsi le dernier journal de
l’archive.
Si l’on affiche tout le journal avec :
/usr/pgsql-18/bin/pg_waldump 000000010000000000000054 il finira par ceci :
rmgr: XLOG len (rec/tot): 34/ 34, tx: 0, lsn: 0/54FF3C60, prev 0/54FF3C38, desc: BACKUP_END 0/5106DCA8
rmgr: XLOG len (rec/tot): 24/ 24, tx: 0, lsn: 0/54FF3C88, prev 0/54FF3C60, desc: SWITCH SWITCH indique une demande de changement de journal,
(provoquant ensuite un éventuel archivage).
Restaurer à nouveau la sauvegarde par
pg_basebackup. Quelle est la timeline ?
Pour repartir d’une base propre :
En tant qu’utilisateur privilégié :
sudo systemctl stop postgresql-18rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/*
tar -C /var/lib/pgsql/18/data \
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
tar -C /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal \
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/pg_wal.tar.gz
rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/log/*En tant qu’utilisateur privilégié :
sudo systemctl start postgresql-18La timeline est visible par divers moyens :
pg_controldata ;SELECT * FROM pg_control_checkpoint() \gx-[ RECORD 1 ]--------+-------------------------
checkpoint_lsn | 0/55000028
redo_lsn | 0/55000028
redo_wal_file | 000000010000000000000055
timeline_id | 1
prev_timeline_id | 1
full_page_writes | t
next_xid | 0:8639
next_oid | 24576
next_multixact_id | 1
next_multi_offset | 0
oldest_xid | 744
oldest_xid_dbid | 1
oldest_active_xid | 0
oldest_multi_xid | 1
oldest_multi_dbid | 1
oldest_commit_ts_xid | 0
newest_commit_ts_xid | 0
checkpoint_time | 2026-09-04 19:18:31+02En l’occurence, après un simple redémarrage sans
recovery_signal, la timeline reste la même
qu’avant.
Si après le TP précédent l’instance n’est pas fonctionnelle, remettre en place la copie à froid de l’instance depuis
/var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak/.
sudo systemctl stop postgresql-18 # si nécessairerm -rf /var/lib/pgsql/18/data
cp -rfp /var/lib/pgsql/18/data.old /var/lib/pgsql/18/datasudo systemctl start postgresql-18Vérifier qu’il est possible de se connecter par
psql.
Configurer l’archivage vers un répertoire
/archives, par exemple avecrsync; Configurer la commande de restauration inverse ; Démarrer PostgreSQL.
Créer un répertoire d’archivage, s’il n’existe pas déjà, et vérifier que postgres a les droits nécessaires pour l’utiliser :
sudo mkdir /archives
sudo chown postgres: /archives
sudo chmod 700 /archivesLà encore, en production, ce sera plutôt un partage distant. L’utilisateur système postgres doit avoir le droit d’y écrire.
La commande d’archivage se définit dans
postgresql.conf :
archive_mode = on
archive_command = 'rsync %p /archives/%f'et on peut y définir aussi tout de suite la commande de restauration :
restore_command = 'rsync /archives/%f %p'Si archive_mode n’était pas déjà à on, il
faut redémarrer (sinon reload suffit) :
sudo systemctl start postgresql-18(Sous Debian, le nom du service est plutôt
postgresql@18-main.)
Vérifier le bon démarrage :
systemctl status postgresql-18Générer à nouveau de l’activité avec
pgbench: en tant qu’utilisateur postgres :$ createdb bench # si pas déjà fait précédemment $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench -i -s 100 bench # idem $ export PGOPTIONS='-c synchronous_commit=off' $ /usr/pgsql-18/bin/pgbench bench -n -P 3 -T 1800
Cela devrait générer quelque centaines de transactions par seconde selon la machine.
Vérifier que l’archivage fonctionne dans le répertoire
/archives, dans les traces et dans la vuepg_stat_archiver.
ls -lha /archives…
-rw-------. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BB
-rw-------. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BC
-rw-------. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BD
…Si cela ne fonctionne pas, il faut aller voir les traces dans le
dernier fichier en date sous
/var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-*.log (paquets RPM du
PGDG),
ou dans /var/log/postgresql/postgresql-18-main.log (paquets
Debian).
Par exemple, une erreur de frappe dans archive_command
peut donner ces messages :
…ERROR: invalid value for parameter "archive_command": "rsync % p /archives/%f"
…DETAIL: String contains unexpected placeholder "% ".
…WARNING: archiving write-ahead log file "0000000100000000000000C5" failed too many times, will try again laterLa vue pg_stat_archiver doit indiquer que les erreurs
d’archivage sont plus anciennes que les succès, comme ci-dessous.
pg_switch_wal() peut aider à forcer un archivage si
l’activité est trop faible.
SELECT pg_switch_wal() ;
TABLE pg_stat_archiver \gx pg_switch_wal
---------------
0/CC1232A8
(1 row)
-[ RECORD 1 ]------+------------------------------
archived_count | 16
last_archived_wal | 0000000100000000000000CB
last_archived_time | 2024-11-11 18:32:34.427199+01
failed_count | 36
last_failed_wal | 0000000100000000000000C5
last_failed_time | 2024-11-11 18:32:08.631785+01
stats_reset | 2024-11-10 17:55:27.850351+01En parallèle, lancer une nouvelle sauvegarde avec
pg_basebackupau formatplain(non compressé).
En tant que postgres :
# suppression de l'ancienne sauvegarde
rm -rf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bakpg_basebackup -D /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak -Fp \
--checkpoint=fast --progress --max-rate=10M
1586078/1586078 kB (100%), 1/1 tablespaceLa taille de la sauvegarde sera bien sûr nettement plus grosse qu’en tar compressé.
Utiliser
pg_verify_backuppour contrôler l’intégrité de la sauvegarde.
Si tout va bien, le message sera lapidaire :
/usr/pgsql-18/bin/pg_verifybackup /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bakbackup successfully verifiedS’il y a un problème, des messages de ce genre apparaîtront :
pg_verifybackup: error: "global/TEST" is present on disk but not in the manifest
pg_verifybackup: error: "global/2671" is present in the manifest but not on disk
pg_verifybackup: error: "postgresql.conf" has size 29507 on disk but size 29506 in the manifestÀ quoi correspond le fichier finissant par
.backupdans les archives ?
En effet, parmi les journaux archivés, figure ce fichier :
ls -1 /archives…
000000010000000100000003
000000010000000100000003.00D75CA8.backup
000000010000000100000004
…Son contenu correspond au futur backup_label :
cat /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/backup_labelSTART WAL LOCATION: 1/3D75CA8 (file 000000010000000100000003)
CHECKPOINT LOCATION: 1/4E03970
BACKUP METHOD: streamed
BACKUP FROM: primary
START TIME: 2026-09-04 19:38:34 CEST
LABEL: pg_basebackup base backup
START TIMELINE: 1Arrêter
pgbenchet noter la date des dernières données insérées.
psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history;' max
----------------------------
2026-09-04 19:42:17.531995Effacer le PGDATA ;
Restaurer la sauvegarde précédente sans les journaux ;
Configurer larestore_command;
Créer le fichierrecovery.signal;
Démarrer PostgreSQL.
sudo systemctl stop postgresql-18rm -rf /var/lib/pgsql/18/data/*
rsync -a --exclude 'pg_wal/*' --exclude 'log/*' \
/var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/ \
/var/lib/pgsql/18/data/restore_command en sens inverse de
l’archive_command dans postgresql.conf,
éventuellement postgresql.auto.conf.restore_command = 'rsync /archives/%f %p'(Un cp aurait pu convenir aussi.)
recovery.signal :touch /var/lib/pgsql/18/data/recovery.signalsudo systemctl start postgresql-18Vérifier les traces, ainsi que les données restaurées une fois le service démarré.
Les traces sont plus complexes à cause de la restauration depuis les archives :
# attention, le fichier à lire dépend du jour
tail -F /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-Mon.log…
… LOG: database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 19:40:40 CEST
… LOG: creating missing WAL directory "pg_wal/archive_status"
… LOG: creating missing WAL directory "pg_wal/summaries"PostgreSQL s’est aperçu que ces fichiers n’avaient pas été restaurées de l’archive.
rsync: [sender] link_stat "/archives/00000002.history" failed: No such file or directory (2)
rsync error: some files/attrs were not transferred (see previous errors) (code 23) at main.c(1327) [sender=3.2.5]
… LOG: starting backup recovery with redo LSN 1/3D75CA8, checkpoint LSN 1/4E03970, on timeline ID 1Les messages d’erreur de rsync ne sont pas inquiétants :
celui-ci ne trouve simplement pas les fichiers demandés par la
restore_command. PostgreSQL sait ainsi qu’il n’y a pas de
fichier 00000002.history et donc pas de timeline
de ce numéro. Il devine plus loin qu’il a restauré tous les journaux
quand la récupération de l’un d’entre eux échoue.
Les erreurs sur les fichiers 00000001.history et
00000002.history sont normales. PostgreSQL cherche ces
fichiers pour voir quel est l’enchaînement des timelines et
quelle est la dernière.
Puis il restaure les premiers journaux :
… LOG: restored log file "000000010000000100000004" from archive
… LOG: restored log file "000000010000000100000003" from archive
… LOG: starting archive recovery
… LOG: redo starts at 1/3D75CA8
…
…
… LOG: restored log file "00000001000000010000001B" from archive
… LOG: redo in progress, elapsed time: 10.20 s, current LSN: 1/1AFE9938
…
… LOG: redo in progress, elapsed time: 20.32 s, current LSN: 1/2FFEB818
…
…
… LOG: restored log file "000000010000000100000041" from archive
… LOG: restartpoint starting: wal
… LOG: restored log file "000000010000000100000042" from archive
… LOG: redo in progress, elapsed time: 30.20 s, current LSN: 1/41FF2AC8
…
…
… LOG: restored log file "00000001000000010000004F" from archive
… LOG: restored log file "000000010000000100000050" from archive
… LOG: completed backup recovery with redo LSN 1/3D75CA8 and end LSN 1/4FE2B368
… LOG: consistent recovery state reached at 1/4FE2B368
… LOG: database system is ready to accept read-only connections00000001000000010000004F contenait l’enregistrement
BACKUP_END (comme le révélerait pg_waldump). À
ce stade, la base est cohérente et utilisable.
Les journaux suivants ont été générés pendant la sauvegarde et sont restaurés jusqu’à épuisement :
… LOG: restored log file "000000010000000100000051" from archive
…
…
… LOG: restored log file "000000010000000100000070" from archive
rsync: [sender] link_stat "/archives/000000010000000100000071" failed: No such file or directory (2)
rsync error: some files/attrs were not transferred (see previous errors) (code 23) at main.c(1327) [sender=3.2.5]
rsync: [sender] link_stat "/archives/000000010000000100000071" failed: No such file or directory (2)
rsync error: some files/attrs were not transferred (see previous errors) (code 23) at main.c(1327) [sender=3.2.5]
… LOG: redo done at 1/706EF970 system usage: CPU: user: 6.26 s, system: 5.25 s, elapsed: 52.45 s
… LOG: last completed transaction was at log time 2026-09-04 19:42:43.073467+02
… LOG: restored log file "000000010000000100000070" from archive
rsync: [sender] link_stat "/archives/00000002.history" failed: No such file or directory (2)
rsync error: some files/attrs were not transferred (see previous errors) (code 23) at main.c(1327) [sender=3.2.5]
… LOG: selected new timeline ID: 2
…
… LOG: archive recovery complete
… LOG: restartpoint complete: wrote 2073 buffers (12.7%), wrote 6 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 13 removed, 20 recycled; write=5.397 s, sync=2.311 s, total=7.987 s; sync files=20, longest=1.512 s, average=0.116 s; distance=540672 kB, estimate=540672 kB; lsn=1/63141140, redo lsn=1/45022D00
… LOG: recovery restart point at 1/45022D00
… DETAIL: Last completed transaction was at log time 2026-09-04 19:42:43.073467+02.
…
… LOG: checkpoint starting: end-of-recovery immediate wait wal
… LOG: checkpoint complete: wrote 14813 buffers (90.4%), wrote 4 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 44 recycled; write=0.291 s, sync=0.995 s, total=1.543 s; sync files=12, longest=0.971 s, average=0.083 s; distance=720756 kB, estimate=720756 kB; lsn=1/71000028, redo lsn=1/71000028
… LOG: database system is ready to accept connectionsLes dernières lignes montrent une dernière recherche de fichiers d’historiques qui auraient pu apparaître entre temps.
Il n’y a plus rien à suivre. Il y a bascule sur une nouvelle timeline, et un checkpoint.
Noter que les journaux portent bien une nouvelle timeline numérotée 2 :
ls -l /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/…
-rw-------. 1 postgres postgres 17777217 Jan 5 18:43 000000020000000100000023
-rw-------. 1 postgres postgres 17777217 Jan 5 18:43 000000020000000100000024
-rw-------. 1 postgres postgres 42 Jan 5 18:43 00000002.history
drwx------. 2 postgres postgres 35 Jan 5 18:43 archive_statusVérifier quelles données ont été restaurées.
Cette fois, toutes les données générées après la sauvegarde ont bien été récupérées :
psql -d bench -c 'SELECT max(mtime) FROM pgbench_history;' max
----------------------------
2026-09-04 19:42:17.531995