Dalibo SCOP
| Formation | Module BK50 |
| Titre | Sauvegarde physique avec pg_basebackup |
| Révision | 26.09 |
| https://dali.bo/bk50_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/bk50_epub |
| HTML | https://dali.bo/bk50_html |
| Slides | https://dali.bo/bk50_slides |
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Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL.
pg_basebackup est simple à mettre en place et à utiliser. De plus, il est livré avec PostgreSQL, et le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable.
S’il a des limitations qui n’en font pas le premier choix pour une sauvegarde PITR, il a quand même de plus en plus d’atouts.
pg_basebackup
est une application cliente intégrée à PostgreSQL, au même titre que
pg_dump ou pg_dumpall.
pg_basebackup a été conçu pour permettre l’initialisation d’une instance secondaire, et il peut donc être utilisé pour effectuer facilement une sauvegarde physique ponctuelle. Celle-ci inclut les fichiers et journaux nécessaires pour une restauration telle que l’instance était à la fin de la sauvegarde.
pg_basebackup ne permet pas à lui seul de procéder à des sauvegardes PITR, mais peut aider à les mettre en place. Il peut aussi être à la base d’outils permettant le PITR (par exemple barman). Ces outils s’occupent également de l’archivage des journaux générés pendant et après la sauvegarde initiale. Cela permet une restauration dans un état postérieur à la fin de cette sauvegarde.
Lisez bien la documentation de pg_basebackup pour votre version précise de PostgreSQL, des options ont changé de nom au fil des versions.
Même avec un serveur un peu ancien, il est possible d’utiliser un pg_basebackup récent, en installant les outils clients de la dernière version de PostgreSQL.
pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL. De plus, le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable.
Il permet de réaliser toute la sauvegarde de l’instance, à distance, via deux connexions de réplication :
Il est simple à mettre en place et à utiliser, et permet d’éviter de nombreuses étapes.
Il gère la compression côté serveur ou client, et la sauvegarde incrémentale de manière encore peu pratique.
Ci-dessous figurent toutes les options disponibles (en version 18). Nous en verrons la plupart.
$ pg_basebackup --helppg_basebackup prend une sauvegarde binaire d'un serveur PostgreSQL en cours
d'exécution.
Usage :
pg_basebackup [OPTION]...
Options contrôlant la sortie :
-D, --pgdata=RÉPERTOIRE reçoit la sauvegarde de base dans ce répertoire
-F, --format=p|t format en sortie (plain (par défaut), tar)
-i, --incremental=ANCIENMANIFESTE
réalise une sauvegarde incrémentale
-r, --max-rate=TAUX taux maximum de transfert du répertoire de
données (en Ko/s, ou utiliser le suffixe « k »
ou « M »)
-R, --write-recovery-conf écrit la configuration pour la réplication
-t, --target=CIBLE[:DETAIL] cible de sauvegarde (si autre que client)
-T, --tablespace-mapping=ANCIENREP=NOUVEAUREP
déplace le répertoire ANCIENREP en NOUVEAUREP
--waldir=RÉP_WAL emplacement du répertoire des journaux de
transactions
-X, --wal-method=none|fetch|stream
inclut les journaux de transactions requis avec
la méthode spécifiée
-z, --gzip compresse la sortie tar
-Z, --compress=[{client|server}-]METHODE[:DETAIL]
compresse sur le client ou le serveur comme indiqué
-Z, --compress=none ne compresse pas la sortie tar
Options générales :
-c, --checkpoint=fast|spread exécute un CHECKPOINT rapide ou réparti (par défaut)
--create-slot crée un slot de réplication
-l, --label=LABEL configure le label de sauvegarde
-n, --no-clean ne nettoie pas en cas d'erreur
-N, --no-sync n'attend pas que les modifications soient
proprement écrites sur disque
-P, --progress affiche la progression de la sauvegarde
-S, --slot=NOMREP slot de réplication à utiliser
-v, --verbose affiche des messages verbeux
-V, --version affiche la version puis quitte
--manifest-checksums=SHA{224,256,384,512}|CRC32C|NONE
utilise cet algorithme pour les sommes de
contrôle du manifeste
--manifest-force-encode encode tous les noms de fichier dans le
manifeste en hexadécimal
--no-estimate-size ne réalise pas d'estimation sur la taille de la
sauvegarde côté serveur
--no-manifest supprime la génération de manifeste de
sauvegarde
--no-slot empêche la création de slots de réplication
temporaires
--no-verify-checksums ne vérifie pas les sommes de contrôle
--sync-method=METHODE configure la méthode pour synchroniser les fichiers sur disque
-?, --help affiche cette aide puis quitte
Options de connexion :
-d, --dbname=CHAÎNE_CONNEX chaîne de connexion
-h, --host=HÔTE hôte du serveur de bases de données ou
répertoire des sockets
-p, --port=PORT numéro de port du serveur de bases de données
-s, --status-interval=INTERVAL durée entre l'envoi de paquets de statut au
serveur (en secondes)
-U, --username=UTILISATEUR se connecte avec cet utilisateur
-w, --no-password ne demande jamais le mot de passe
-W, --password force la demande du mot de passe (devrait
survenir automatiquement)
Rapporter les bogues à <pgsql-bugs@lists.postgresql.org>.
Page d'accueil de PostgreSQL : <https://www.postgresql.org/>pg_basebackup nécessite des connexions de réplication. De plus, par défaut et de manière transparente, il utilise aussi un slot de réplication temporaire, une technique qui fiabilise la sauvegarde ou la réplication en indiquant à l’instance quels journaux elle doit conserver.
Avec la configuration de PostgreSQL par défaut, tout est en place :
wal_level = replica
max_wal_senders = 10
max_replication_slots = 10Ensuite, il faut configurer le fichier pg_hba.conf pour
accepter la connexion du serveur où est exécuté
pg_basebackup. Dans la configuration par défaut, il y a en
général cette ligne qui permet au moins de faire une copie en local avec
l’utilisateur système postgres :
local replication all peer(noter la base replication).
Il vaut mieux un utilisateur dédié à la connexion de réplication (au sens de la base de données) séparé, nommé ici sauve. Il faut donc ajouter cette ligne :
host replication sauve 127.0.0.1/32 scram-sha-256Il faut créer cet utilisateur dédié :
CREATE ROLE sauve LOGIN REPLICATION;
\password sauveDans un but d’automatisation, le mot de passe finira souvent dans un
fichier .pgpass ou équivalent.
La commande précédente :
tar ;Le résultat est ici un ensemble des deux archives :
$ ls -l /var/lib/postgresql/backups/total 4163772
-rw------- 1 postgres postgres 659785216 Oct 9 11:37 base.tar
-rw------- 1 postgres postgres 16780288 Oct 9 11:37 pg_wal.tarLa première contient le PGDATA. Les journaux sont dans la deuxième. D’autres archives peuvent apparaître s’il y a des tablespaces supplémentaires.
Une sauvegarde avec --format=plain (format par défaut)
donne une image complète, non compressée, du PGDATA, répertoire
pg_wal compris (par défaut). C’est l’idéal pour créer le
répertoire de données et y démarrer tout de suite un secondaire.
Attention : les fichiers de configuration ne sont pas inclus s’ils ne sont pas dans le PGDATA. Cela concerne donc en priorité Debian, Ubuntu et leurs versions dérivées.
Noter que pg_basebackup peut très bien réaliser une sauvegarde à partir d’une instance secondaire.
L’emplacement cible de la sauvegarde doit être vide. En cas d’arrêt avant la fin, il faut donc tout recommencer de zéro. C’est une limite de l’outil.
Si l’on a utilisé des sauvegardes incrémentales, il faut utiliser
pg_combinebackup pour reconstituer une sauvegarde complète
utilisable (voir plus loin).
Si l’on a une archive, il faut la décompresser.
Il faut aussi décompresser l’archive associée contenant les journaux,
à moins qu’il soit prévu de les récupérer autrement
(restore_command).
S’il y a d’autres fichiers pour des tablespaces, il faut les
décompresser, et adapter le fichier tablespace_map si les
chemins diffèrent pour que l’instance en tienne compte au démarrage.
Pour restaurer sur une instance existante, il suffit de remplacer le PGDATA corrompu ou perdu par le contenu de l’archive complète de la base source.
Ne pas oublier les fichiers de configuration s’ils ne font pas partie de la sauvegarde (notamment sur Debian/Ubuntu).
S’il s’agit d’une nouvelle instance (par exemple car le serveur a changé), il faut créer l’instance de la manière habituelle, l’arrêter, et remplacer son répertoire PGDATA par cette sauvegarde.
Il faut prévoir aussi la configuration propre à une restauration :
recovery.signal ;postgresql.conf, notamment la
restore_command.ou la configuration propre à la réplication :
standby.signal ;postgresql.conf, notamment
restore_command, primary_conninfo… ;L’option --write-recovery-conf (voir plus loin) peut
faciliter la création de la configuration de réplication.
Si la copie doit être une instance indépendante (par exemple une copie de la production pour du développement), ne pas oublier de modifier l’archivage pour que les journaux ne se mélangent pas !
Au démarrage, l’instance repère qu’elle est une sauvegarde restaurée. Elle réapplique les journaux présents. L’instance restaurée contient au final les données telles qu’elles étaient à la fin du pg_basebackup.
LOG: database system was interrupted; last known up at 2026-08-27 16:12:00 CEST
LOG: starting backup recovery with redo LSN B/90000028, checkpoint LSN B/90000088, on timeline ID 1
LOG: redo starts at B/90000028
LOG: completed backup recovery with redo LSN B/90000028 and end LSN B/90000130
LOG: consistent recovery state reached at B/90000130
LOG: redo done at B/90000130 system usage: CPU: user: 0.00 s, system: 0.00 s, elapsed: 0.00 s
LOG: checkpoint starting: end-of-recovery fast wait
LOG: checkpoint complete: end-of-recovery fast wait: wrote 0 buffers (0.0%), wrote 3 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 1 recycled; write=0.002 s, sync=0.001 s, total=0.006 s; sync files=2, longest=0.001 s, average=0.001 s; distance=16384 kB, estimate=16384 kB; lsn=B/91000028, redo lsn=B/91000028
LOG: database system is ready to accept connectionsL’instance n’ira chercher les journaux suivants que si elle est configurée explicitement ainsi.
tar ou plain :
Le format par défaut de la sauvegarde est plain, ce qui
signifie que les fichiers seront créés tels quels dans le répertoire de
destination (ou les répertoires en cas de tablespaces). C’est idéal pour
obtenir une copie immédiatement utilisable, par exemple pour créer un
secondaire.
Pour une archive à proprement parler, préférer l’option
--format tar. pg_basebackup génère alors par défaut :
base.tar pour le PGDATA de
l’instance ;<oid>.tar pour chaque tablespace
éventuel ;pg_wal.tar avec les journaux nécessaires à
une sauvegarde cohérente.Compression de la sauvegarde :
À partir de la version 15, il est possible de demander la compression de la sauvegarde avec un grand niveau de personnalisation :
gzip, lz4
et zstd ;L’option -z compresse avec gzip,
l’algorithme par défaut et historique… et sans doute le moins bon. Le
taux se définit plutôt avec -Z1 à -Z9.
Préférez zstd ou lz4.
On peut choisir de compresser sur le serveur ou sur le client (donc
après passage par le réseau). Les options sont alors par exemple
-Z client-lz4,-Z server-zstd, en rajoutant par
exemple :1 à :9 pour le taux de
compression.
Cela permet de gérer différents scénarios selon que le CPU ou le réseau est le facteur limitant lors d’une sauvegarde, et entre taille et temps de compression.
pg_basebackup sait récupérer les fichiers WAL nécessaires à la restauration de la sauvegarde sans passer par la commande d’archivage. Il connaît deux méthodes :
L’option par défaut est --wal-method stream (en abrégé
-X stream) : les WAL sont récupérés mais en
streaming pendant la sauvegarde. Cela utilise un wal
sender supplémentaire sur le serveur (au besoin, le paramètre
max_wal_senders doit être augmenté).
Avec l’option --wal-method fetch (ou
-X fetch) : les WAL générés pendant la sauvegarde sont
demandés une fois la copie des fichiers terminée. Aucun slot n’est
utilisé. L’utilisation est rare (par exemple avec --target
plus bas).
Par contre, -X none peut être utile si la récupération
des journaux est déjà gérée en parallèle (généralement par
archive_command ou archive_library).
Attention ! l’archive réalisée avec pg_basebackup n’est alors pas
« complète », et ne peut pas être restaurée sans ces archives des
journaux. Il faudra indiquer où aller les chercher avec
restore_command.
Par défaut, pg_basebackup crée un slot de réplication temporaire sur le serveur pour sécuriser la sauvegarde. Le serveur conserve donc les journaux nécessaires jusqu’à ce qu’ils soient récupérés et inclus dans la sauvegarde pour qu’elle soit complète. Le slot disparaît une fois celle-ci terminée.
Si cela suffit pour une sauvegarde, ce peut être insuffisant pour la mise en place d’une instance secondaire. En effet, rien ne garantit que tous les journaux nécessaires sont encore sur le primaire quand le secondaire démarre et tente de se resynchroniser avec lui, et il n’y a pas forcément d’archivage PITR disponible.
Pour ce cas, pg_basebackup permet d’utiliser Pour ce cas,
pg_basebackup sait utiliser un slot permanent, qu’on lui indique avec
--slot nom_du_slot. pg_basebackup peut le créer lui-même
avec --create, ce qui est le plus simple. Si l’on préfère
le créer préalablement, il suffit d’exécuter la requête suivante :
SELECT pg_create_physical_replication_slot ('nom_du_slot');Après la sauvegarde, le slot n’est pas supprimé et conserve les journaux générés jusqu’à ce qu’un secondaire se rattache à ce slot et consomme les journaux.
Rappelons qu’un slot initialisé mais inutilisé doit être rapidement supprimé pour ne pas mener à une dangereuse accumulation des journaux ! Le secondaire ne doit donc pas tarder à être mis en place pour qu’il commence à consommer les journaux du primaire.
Par défaut, pg_basebackup crée un manifeste dans l’archive (fichier
backup_manifeste), contenant la liste des fichiers
sauvegardés, leur taille et une somme de contrôle. Cela permet de
vérifier la sauvegarde avec l’outil pg_verifybackup. Ce
dernier fonctionne sur une sauvegarde au format plain ou
décompressée depuis son ajout, et sur une sauvegarde au format
tar depuis la version 18.
L’algorithme par défaut de la somme de contrôle, CRC32C, suffit pour
détecter une erreur technique accidentelle. D’autres algorithmes plus
sécurisés (et plus consommateurs en CPU) permettent de parer à une
manipulation volontaire (généralement malveillante) de
la sauvegarde, par exemple ainsi :
--manifest-checksums=SHA512. L’algorithme NONE
désactive le contrôle.
Une sauvegarde avec pg_basebackup entraîne la vérification des sommes de contrôle de l’instance, si elles sont en place (ce qui est fortement conseillé). Ainsi la sauvegarde n’hérite pas d’une corruption existante car l’outil tombe en erreur.
L’option --no-verify-checksums autorise la sauvegarde
d’une instance où une corruption est détectée (la sauvegarde reste
problématique, mais on peut ainsi tester la récupération sur une copie
physique, ou sauver l’essentiel).
Généralement on veut sauvegarder vers un répertoire vide ou une archive.
À partir de la version 15, l’option --target permet de
spécifier où la sauvegarde doit être réalisée. Par exemple, l’option
--target=server:/backups/erp_prod crée la sauvegarde dans
le répertoire indiqué directement depuis le serveur. On ne se connecte
ainsi ni au serveur de la base ni au serveur cible de la sauvegarde.
Il y a quelques restrictions : le format doit être
tar ; l’utilisateur employé pour la réaliser doit être
membre du rôle pg_write_server_files ; et la méthode de
récupération des WAL doit être fetch ou
none.
--target=blackhole ne sert que pour des tests : la
sauvegarde n’est pas écrite !
Des destinations peuvent être ajoutées par des extensions.
basebackup_to_shell
est fournie à titre d’exemple et permet d’exécuter une commande à
l’issue d’une sauvegarde.
Si pg_basebackup est utilisé pour créer la base d’un serveur
secondaire, utiliser --write-recovery-conf préconfigure le
paramétrage du streaming dans la sauvegarde pour une connexion immédiate
en streaming au serveur que l’on vient de sauvegarder.
Concrètement :
standby.signal est créé dans la
sauvegarde (indiquant que ce sera un secondaire) ;postgresql.auto.conf apparaît ceci en dernière
ligne :primary_conninfo = 'user=postgres passfile=''/home/durand/.pgpass'' channel_binding=prefer host=grosserveur port=5435 sslmode=prefer sslnegotiation=postgres sslcompression=0 sslcertmode=allow sslsni=1 ssl_min_protocol_version=TLSv1.2 gssencmode=prefer krbsrvname=postgres gssdelegation=0 target_session_attrs=any load_balance_hosts=disable'Il s’agit tout simplement de la chaîne de connexion utilisée pour faire la copie.
Le reste de la configuration (restore_command,
primary_slot_name…) reste à la charge du DBA.
Le débit de la sauvegarde est configurable avec l’option
--max-rate= (-r) pour limiter l’impact sur
l’instance ou le réseau. Par exemple, --max-rate=10M limite
le débit à 10 Mo/s.
Cette restriction de débit ne concerne pas les journaux transférés en
parallèle (-X stream), mais leur volumétrie est en général
faible.
Un checkpoint est un préalable à la sauvegarde. Pour gagner
un peu de temps, ajouter --checkpoint=fast le déclenche
immédiatement et permet de gagner quelques minutes. C’est à éviter sur
une machine aux écritures très chargées.
Il est possible de modifier sur la cible les chemins des éventuels
tablespaces avec l’option
--tablespace-mapping=<vieuxrep>=<nouveaurep>
(ou -T).
Sans cette option, en format plain, pg_basebackup ne génère plus tous les fichiers dans le répertoire cible : il cherche à copier les tablespaces en local avec le même chemin que sur le serveur, ce qui n’est pas forcément possible (ni souhaitable pour une sauvegarde).
Exemple de copie d’un tablespace qui est dans
/mnt/tbl/froid sur le serveur d’origine vers
/var/lib/postgresql/ en local :
pg_basebackup -F plain -h serveur - U sauve \
-D /var/lib/postgresql/nouveau \
--tablespace-mapping=/mnt/tbl/froid=/var/lib/postgresql/tblfroidLe lien symbolique dans pg_tblspc est adapté.
(Évidemment, il ne faut pas déplacer les fichiers sauvegardés sans
remodifier ce lien symbolique.)
Dans le cas d’une sauvegarde tar, le tablespace est une
archive séparée, et le chemin indiqué est en dur dans le fichier
tablespace_map dans l’archive principale
base.tar.
ls -1 sauvegarde/96201403.tar
backup_manifest
base.tar
pg_wal.tartar xf sauvegarde/base.tar tablespace_map --to-stdout96201403 /mnt/tbl/froidCet exemple montre que les tablespaces compliquent l’administration. Rappelons que leur utilisation n’est pas encouragée, à moins de posséder des disques fonctionnant à des vitesses différentes, ou de dédier un tablespace aux fichiers temporaires.
De même, on peut relocaliser le répertoire des fichiers WAL avec
l’option --waldir=<nouveau chemin>.
Pour suivre le déroulement de la sauvegarde depuis un terminal, il
existe l’option --progress (-P).
Il existe aussi une vue très utile pour ce suivi :
pg_stat_progress_basebackup.
Elle affiche par exemple ces deux étapes :
TABLE pg_stat_progress_basebackup ;-[ RECORD 1 ]--------+-------------------------
pid | 3372779
phase | streaming database files
backup_total | 12691149312
backup_streamed | 3555945472
tablespaces_total | 1
tablespaces_streamed | 0
…
-[ RECORD 1 ]--------+------------------------------------
pid | 3372779
phase | waiting for wal archiving to finish
backup_total | 12691160576
backup_streamed | 12691160576
tablespaces_total | 1
tablespaces_streamed | 1La principale limitation de pg_basebackup avant
PostgreSQL 17, est qu’il ne permet pas de réaliser une sauvegarde
incrémentale, juste une image complète de la base.
À partir de PostgreSQL 17, pg_basebackup sait créer des sauvegardes incrémentales et différentielles (selon ce qu’on lui fournit comme backup de référence au lancement de la sauvegarde).
En vue de la restauration, ces sauvegardes peuvent se combiner avec
un outil nommé pg_combinebackup, mais les fonctionnalités
sont encore un peu sommaires.
Ce mode est plutôt destiné à être la base d’autres outils plus conviviaux.
pg_combinebackup recrée une sauvegarde complète à partir
d’une première complète et de sauvegardes incrémentales. Il se contente
de vérifier que l’enchaînement est bon et n’aide pas à déterminer ce
dont on a besoin pour une restauration à un moment donné (comme le fait
pgBackRest par exemple).
La copie de fichiers pour reconstituer un PGDATA est longue, mais des
options comme --clone permettent d’utiliser des
fonctionnalités de copy on write de certains systèmes de
fichier.
Le streaming n’est pas une contrainte forte, toute instance
PostgreSQL en est capable par défaut. L’outil exige tout de même deux
connexions le temps de la sauvegarde (monter
max_wal_senders au besoin).
L’archivage n’est pas géré par pg_basebackup. Il ne récupère par streaming que les journaux nécessaires à la cohérence de sa sauvegarde.
Contrairement aux outils de PITR classiques, pg_basebackup ne permet
pas de continuer à archiver les journaux. Il n’utilise le protocole de
réplication que pour récupérer les journaux de transactions nécessaires
à sa sauvegarde. Il faut paramétrer archive_command (ou
archive_library) et gérer soi-même les journaux pour les
sauvegardes PITR. Gérer la rétention n’est peut-être pas aussi simple
que purger des journaux de plus de quelques jours.
Il faut aussi vérifier qu’aucun journal nécessaire à la restauration ne manque.
Cependant, un outil ou un script peut utiliser pg_basebackup pour réaliser la première copie des fichiers d’une sauvegarde d’instance (c’est le cas de barman), ou pour créer un secondaire (ce que fait patroni).
La gestion des sauvegardes (rétention, purge…) n’est pas prévue dans l’outil.
pg_basebackup n’effectue pas non plus de lien entre les WAL archivés
et les sauvegardes effectuées (il archive ceux générés pendant la copie
avec l’option -X, c’est tout).
Il ne sait faire des sauvegardes incrémentales qu’à partir de PostgreSQL 17.
pg_basebackup n’offre pas d’outil ni d’option pour la restauration. La copie est en fait directement utilisable, éventuellement après déplacement et/ou décompression.
Ajouter recovery.signal ne doit pas être oublié pour que
PostgreSQL sache qu’il a peut-être d’autres journaux à récupérer ! Sinon
l’instance s’ouvre une fois rejoués les journaux présents. Dans l’idéal,
restore_command sera déjà prête dans le
postgresql.conf.
Si le but est de monter un serveur secondaire de l’instance copiée,
ne pas oublier --write-recovery-conf (-R).
pg_basebackup est un outil à connaître.
Pour des besoins simples (volumétrie raisonnable, rétention aisée), il peut éviter de sortir l’« artillerie lourde » comme pgBackRest. Cependant, attention à ne pas redévelopper un outillage complexe au-dessus de pg_basebackup : il vaut mieux se tourner vers un outil plus complet.